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BULLETINS

DE

L’ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES

ET

BELLES-LETTRES DE BRUXELLES.

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ET BELLES-LETTRES DE BRUXELLES.

ANNÉE 1836,

TOME IEE.

BRUXELLES,

M. HAYEZ, IMPRIMEUR DE L'ACADÉMIE ROYALE.

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1836.

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BULLETIN

DE

L’ACADEMIE ROYALE DES SCIENCES

ET BELLES-LETTRES DE BRUXELLES. 1836. 1.

Séance du 9 janvier.

M. le baron de Stassart, directeur. M. Quetelet, secrétaire perpétuel.

CORRESPONDANCE.

M. le Ministre de l’intérieur invite l’Académie à remettre à M. Galéotti, outre la médaille d’or qu’il a méritée au der- nier concours par son Mémoire sur la constitution géolo- gique du Brabant, la valeur d’une médaille semblable qui sera payée sur le fond destiné à l’encouragement des sciences et des lettres.

M. le Ministre demande aussi à l’Académie son avis sur des débris d’ossemens fossiles rencontrés dans les travaux de terrassemens qu’on exécute pour le placement du chemin de fer. Ces objets sont renvoyés à l'examen de MM. Fohmann et Cauchy.

M. le Ministre des affaires étrangères et de la marine communique la continuation des tableaux des observations faites sur les marées au port d'Ostende, à Anvers et au fort St-Marie; ces observations ont été faites pendant le mois de novembre dernier.

Le secrétaire donne lecture d’une lettre de M. Schelling, président de l’Académie royale de Munich, qui annonce

Tom. 1. 1

EA)TT

que ce corps savant reprendra avec plaisir ses anciennes relations avec l’Académie de Bruxelles. Cette lettre est ac- compagnée de l'envoi des dernières publications de l’Aca- démie royale de Munich. |

Il est aussi donné lecture de lettres de la société royale de Londres concernant l'échange des mémoires et l'institution de deux médailles d’or, destinées par S. M. le roi d'Angleterre aux meilleurs mémoires sur la chimie et sur les sciences médicales, qui auront été communiqués à la société royale avant le mois de juin 1838, pour être insérés dans ses Transactions.

M. L. De Givenchy, secrétaire perpétuel de la société . des antiquaires de la Morinie, fait parvenir le programme de cette société pour son concours du 19 décembre 1836.

M. le baron de Stassart donne lecture d’une lettre qui lui a été communiquée par M. David, membre de la Cham- bre des Représentans, et qui est relative à une variété panachée du genre Brassica, trouvée par M. Pirghaie de - Gheneux.

M. le baron De Reiïfflenberg adresse une copie de la charte de Diest, écrite en flamand , pour être jointe à son mémoire sur la chronologie historique des sires de Diest.

GOMMUNICATIONS.

Météorologie. —M. Quetelet communique à l'Académie les tableaux météorologiques de l’année 1835, pour faire suite aux tableaux des deux années précédentes, qui ont été insérés dans les Nouveaux mémoires. I résulte de la com- paraison de ces divers tableaux et de ceux qui ont été pu- bliés par d’autres physiciens, pour le climat de Bruxelles, que l’année 1835 a présenté des résultats qui s'accordent assez bien avec les valeurs moyennes obtenues antérieure-

(3) ment, tandis que l’année 1834 s'était fait remarquer par une hauteur plus grande de baromètre, par une lempéra- ture plus élevée et par une quantité de pluie moindre. Voici un état comparatif des résultats des trois années

1833 , 34 et 35 : PRESSION ATMOSPHÉRIQUE, OU HAUTEUR DU BAROMÈTRE. 1833. 1834. 1835. Pression à 9 heures du matin. . . . . 754.86 759.42 757.24 » nt ne PONT MS ORRE EAN 76912: 75708 » à À heures du soir . . . . . 754.39 758.67 756.70 » à 9 heures du soir . . + . . ‘754.80 759.19 757.16 Moyenne des maxima diurnes, . . . . 76491 768.72 767.86

» des minima. te US 2700.43," 744,48. 7AUSTET Maximum absolu de l’année . . . . . 775.29 773.48 778.67 Minimum » » . . . . + 126.10 736,89 724.60

TEMPÉRATURE,

TUFRMOMÈTRE CENTIGRADE. on ——— Température à 9 heures du matin . . . 110.26 +120.1 +-100.7

» Mon TM IUES 'ale 13.50 14.3 12.8 » à 4 heures du soir. . . . 13.46 14.5 12.8 » à 9 » » * 200: 9.97 11.0 9.5 Moyenne des maxima diurnes, . . . . 15.21 16.1 14.5 » des minima » FA PET 7.00 8.2 6.7 » des températures de chaque jour. 11.09 12,1 10.6 Température maximum de année. . . . +29. 6 33.1 29.8 » minimum » JL + 85 —3.9 —104 HUMIDITÉ DE L'AIR, HYGROMÈTRE DE SAUSSURE. mm, mm. mm, Quantité d’eau tombée. . . . . . . 761.61 511.03 617.99 Hygromètre à 9 heures du matin . . . 79.75 80.9 84. 6 D se... à 0 79,11,,:75, 0 27. à » à 4heures dusoir . . . . 71.092172, 6." 72,27 » à9 » Li a Et 20 tac 80.14 85. 6 87. 8 Moyenne des maxima du mois , . , . 92.8 96.8 99.8 » des minima Mana i re fce 53.8 658.5 59.8 Hauteur moyenne de l’année . . . . 7615 78,0 81.7

(54 } ETAT DU CIEL.

A

Nombre de jours de pluie . . . . . . . 180 166 161 » de:gréle. die ee 0 Re BIKBALAR » dent ei ee CAL 11 8 12 » dorelÉ ee eee de 89 21 46 » de tonnerre. de dit dures 7: 149 5 » d0 TONI, "27 ue 25 19 25 » de ciel ent, couvert. . . . 48 27 42 » de ciel ent. serein . . . . 12 30 13

On a pu voir, par ce qui précède, que la variation diurne du baromètre a peu changé d’une année à l’autre. La plus grande hauteur du mercure à été observée le 2 janvier de l’année dernière. Le baromètre qui a servi, la première année, est de 0,""66 plus bas que celui qui a servi depuis cette époque.

Quant à la direction des vents, les indications ont peu varié d’une année à l’autre; les courans généralement do- minans sont ceux du SO. et OSO. , et ceux diamétralement opposés de NE. et ENE. Les deux courans diamétralement opposés dans le ciel , et dont les directions sont perpendicu- laires à celles des courans précédens sont les moins fréquens.

Le secrétaire a aussi communiqué à l’Académie les ré- sultats des observations météorologiques faites pendant les dix derniers mois de l’année dernière à Alost, par M. Maas, professeur de physique au collége.

Observations horaires. MM. Crahay et Quetelet ont ensuite communiqué la continuation des observations météorologiques horaires, qu’ils ont faites le 21 et le 22 décembre dernier , époque du solstice d'hiver, pour répon- dre à l'appel adressé à tous les astronomes par sir John Herschel, dans la vue de déterminer les oscillations atmos- phériques et leurs relations réciproques dans les deux hé- misphères ( voyez les Bulletins de l'Académie , tom. IE).

(5) Observations météorologiques horaires faites à l’observatoire de Bruxelles, en correspondance avec les observations de sir J. Herchel, au Cap de Bonne-Espérance.

EEE FAROMÈTRE | THERMOMÈT. | HYGROMÈTRE HEURES. PERS : VENTS. réduit à Oo.| centigrade. | Saussure,

|

21 décembre 1835.

Matin 6h. . . . 760,56 —8,7 920,5 ? 7 760,86 8,4 92,5 8 2 761,13 9,0 92,7 NE 9 - 761,68 7,6 91,5 NE

10 762,11 17 92,0 » 11 . 762,09 6,9 92,0 » 1977: 761,99 65,9 88,5 NE,

Soir è 761,80 5,0 87,5 » = pd Ë 761,72 5,5 85,5 EN done drioc. 762,21 5,6 86,0 NE 4 j 762,58 6,0 87,5 » 7 En .4} 762,70 70 89,5 » 6 . 12 D 716872 ET 91,0 » MU ee 763,11 8,1 91,0 ? 763,33 8,6 91,0 ? 0. 763,56 9,0 89,5 ? 10 4 763,92 9,6 90,0 ?

RES 764,05 —10,0 90,0 ? | le 764,04 | —10,4 90,0 ?

22 décembre.

Matin) ‘1h. 764,07 —10,2 90,0 ? LE FAR 764,20 —10,0 89,5 ? Ride 764,51 9,9 89,0 ? 4 764,68 9,9 88,0 ? 5 765,00 22607 88,0 ? 6 . 765,36 C9 87,0 ? A 765,64 #1 87,0 ? Si: L 766,46 9,9 86,0 NE. | I ÉEARE s 766,98 9,4 86,0 NNE

10 . . | 767,14 "#0 85,0 . EL : 767,45 7,5 83,5 « 12" , 767,62 6,3 79,5 » Et ; 767,67 5,6 77,0 » ie 767,87 6,0 77,5 » = 3 . . 768,19 4,6 81,0 NE A. 2 768,61 65,0 84,0 » D". : 769,10 65,3 86,0 » 6. 769,56 5,6 88,0 5 T., 669,86 4,3 90,5 s0 Lie 770,13 4,0 92,0 ? Dr: 770,31 3,1 93,0 ? 1e. 770,56 2,1 92,5 ?

(6) Observations météorologiques faites à Louvain , au Collége des Prémontrés, le21 et le 22 décembre 1835 , par J.-G. Crahay, professeur de physique à l’Université Catholique.

DATES BAROMÈTRE |TEMPÉRATURE| ÉTAT DU CIEL.

ET HEURES. réduit à 00. |en degré centi.

mm

21 déc. 8h. du mat.| 762,779 80,0 g 763,266 8,1 10 763,579 7,4 11 » » 13 763,287 5,7 1 h, du soir 763,237 5,4 Ë ja 1e ne Ciel légèrement cou- 3 _— 763,603 5,9 vert pendant la jour- née, clair le soir. 4 763,966 » 5 764,179 8,1 —_ 764,206 8,6, 7 764,332 9,0 8 _ 764,545 9,7 9 = 764,859 9,9 10 765,122 » 22 déc. 7 h du mat.| 767,095 » À 2: 767,645 —108 | PAR ML 768,445 po 10 21 768,629 9,1 11 » » 12 = 768,976 6,3 1 h. dusoir.| 769,226 5,7 Ciel clair. » 769,389 5,7 769,539 5,7 22 770,166 6,6 5 770,580 6,8

HU 771,043 084 |

C4)

LECTURES.

. Optique. M. Plateau, professeur extraordinaire à l’u- niversité de Gand, lit la notice suivante sur l’anorthos- cope , instrument de son invention.

« J'ai l'honneur de mettre sous les yeux de l’Académie un exemplaire de l'instrument de mon invention, qui se publie maintenant sous le nom de l’añorthoscope. C'est un nouveau genre d’anamorphoses dont j'ai donné l’idée pour la première fois dans ma dissertation universitaire, imprimée à Liége en 1829 (1).

» L’anorthoscope se compose essentiellement, d’une série de disques transparens, sur lesquels sont représentées des figures difformes; d’un disque de carton noir percé de plusieurs fentes ; d’un instrument formé d’une grande poulie à double gorge qui donne le mouvement à deux pe- tites de diamètres différens , et placées sur un axe commun.

» Lorsqu'on veut faire usage de l'appareil, on attache le disque noir sur celle des petites poulies qui est placée sur le devant de l'instrument, c’est-à-üire du côté de la manivelle, et on attache de même sur l’autre petite poulie, l’un des disques transparens. Ensuite on éclaire fortement ce dernier disque par derrière, on se place devant l’instru- ment à quelques pieds de distance, en tenant les yeux à la hauteur des petites poulies, et une autre personne fait mouvoir la manivelle.

» Alors les disques transparens, quoique tournant en réalité avec une grande vitesse, semblent perdre leur mouvement, et les figures difformes se changent en des- seins parfaitement réguliers.

(1) Dissertation sur quelques propriétés des impressions produites par la lumière sur l'organe de La vue , pag. 22.

(8)

» Le principe sur lequel repose ce genre d'illusions est encore la persistance des impressions de la rétine , ce phé- nomène si peu intéressant en apparence, et cependant si fécond en applications curieuses , et même en applications utiles, comme le prouvent entre autres les belles recher- ches de M. Wheatstone sur la vitesse de l'électricité.

» Considérons d’abord une seule des fentes percées dans le disque noir. Pendant le mouvement rapide de cette fente et de la figure transparente qui tourne par derrière , toutes les parties de cette figure correspondent successivement à la fente, et il en résulte évidemment pour l’œil une série continue d’impressions brillantes juxtaposées, et liées entre elles par leur persistance sur la rétine; ainsi, après une ré- volution de la fente ,il s'est produit dans l’œil l'apparence d’un dessin continu et ayant avec la figure transparente une certaine relation. Maintenant, si les choses sont telle- ment combinées qu'après chaque révolution entière de la fente, la figure transparente se retrouve dans la même position par rapport à cette fente, toutes ces révolutions produiront identiquement les mêmes résultats, qui se su- perposeront sur la rétine, et donneront par. conséquent la sensation d’un dessin permanent et immobile.

» Si le disque transparent ne tournait pas, et que la fente fül seule en mouvement, l'apparence produite serait évidemment le dessin même représenté sur le disque, sans autre changement qu’une diminution de clarté, mais dès que ce disque transparent tourne de son côté, on conçoit que le résultat ne peut plus être le même , et que, si ce résul- tat doit représenter des figures réguliéres, ces figures devront être déformées sur le dessin transparent, suivant une loi qui dépend du rapport des vitesses des deux dis- ques et des directicns relatives de leurs mouvemens.

(9)

» Quant à la multiplicité des fentes percées dans le dis- que noir, elle n’a d'autre effet que d'augmenter la clarté

#

de l’image résultante : le nombre et la position de ces fentes sont déterminés de manière que les apparences pro- duites par chacune d'entre elles se superposent exacte- ment.

» Enfin, lorsque les mouvemens sont en sens contraire, comme dans l’anorthoscope tel qu’il se publie maintenant, la figure difforme se multiplie en devenant régulière. En effet, un peu de réflexion suffit pour faire voir que, dans un Cas semblable, tous les points du disque transparent se sont présentés derrière la fente lorsque celle-ci n'a décrit encore qu’une partie de sa révolution, un cinquième . par exemple, de sorte que, dans le cinquième suivant, il se produit un effet identique au premier, et ainsi de suite dans les autres. Il résulte donc de un certain nombre de figures régulières pareilles, et rangées symétriquement au- tous du centre.

» Je saisirai cette occasion pour dire ici quelques mots de mes droits à l'invention d’un autre instrument, le fan- tascope phénakisticope , droits auxquels prétend éga- lement M. Stampfer, professeur à Vienne, qui a publié un instrument semblable sous le nom de disques strobos- copiques.

» Dans une notice qui accompagne la seconde édition des disques stroboscopiques, mise au jour en juillet 1833, M. Stampfer déclare qu’il a commencé, en décembre de l'an- née précédente, à répéter les expériences de M. Faraday sur certaines illusions d'optique (1), et que ces expériences

(1) On a peculiar cluss of optical deceptions (Journal de l'institution royale, février 1831, vol. I, pag. 295).

(80 ) l'ont conduit à l'invention de l'instrument dont il s’agit. En outre, les éditeurs affirment, dans un avant- propos, qu’au mois de février suivant, M. Stampfer avait achevé une collection de ces disques, et les avait montrés succes- sivement à ses amis, ainsi qu’à de hauts personnages. Ils ajoutent que, le 7 mai suivant , il lui fut accordé un pri- vilége impérial exclusif pour le débit de ses instrumens.

» Voilà pour ce qui concerne M. Stampfer. On voit que le privilége ci-dessus mentionné n’ayant été obtenu que le 7 mai 1832, ce professeur n’a pu mettre au jour sa pre- mière publication qu’après cette époque. Or, la lettre dans laquelle je donne la première description de mon fantascope, est du 20 janvier 1832 ( cette lettre est insérée dans la sixième livraison du tome VII de la Correspon- dance mathématique et physique de M. Quetelet). Ainsi ma première publication est bien antérieure à celle de M. Stampfer. Quant à l'époque m'est yenue la première idée de cet instrument, idée à laquelle j'ai été également conduit par la lecture du mémoire de M. Faraday, il me serait assez difficile de la préciser; cependant la planche qui accompagne cette lettre prouve que j'avais déjà ter- miné alors un premier disque, et quand je me rappelle mes essais, les difficultés que j'ai rencontrées dans cette première construction et les soins extrêmes que je lui ai donnés, je crois pouvoir faire remonter l'invention même à environ un mois auparavant, c’est-à-dire, comme M. Stam- fer, au mois de décembre 1832.

» Ainsi mes droits sont évidens, s’il s’agit d'établir la prio- rité d’après la date des publications ; mais je m'en rapporte à l’assertion de M. Stampfer, d’où il résulte que nous avons été conduits, chacun de notre côté, vers la même époque, à la même invention. »

; (11)

Analyse algébrique. Le secrétaire donne communi- cation d’une lettre qu’il a reçue de M. Lefrançois, profes- seur à l’Athénée de Gand, sur les conditions auxquelles une équation doit satisfaire pour avoir des racines égales.

Analyse chimique. Le secrétaire communique éga- lement une note de M. Jaequemyns, professeur de chimie à l’école industrielle de Gand, sur l’eau de couleur des bijoutiers. L'auteur a été porté à entreprendre ses re- cherches à la demande de quelques industriels et au sujet d’un mémoire inséré par M. Berthier dans les 4n- nales de physique et de chimic, p. 337, tom. LIX, d'août 1835, sur la mise en couleur des bijoux d’or. Les conclusions auxquelles M. Jaequemyns dit être parvenu par les expériences qu’il a entreprises, sont les suivantes :

« Que le procédé de M. Berthier, pour obtenir l'or et l'argent des eaux de couleur, ne répond pas au but que ce savant chimiste s'était proposé, et qu’il ne peut donner directement l’argent privé d’or;

» Que, toutefois, quant aux eaux claires, le procédé de M. Berthier est exact.

» Pour extraire l'or de ces eaux, on doit essayer d’abord si elles se troublent ou non, quand on y ajoute de l’eau pure. Dans le premier cas, on devrait les étendre d’eau, les laisser déposer et ajouter le dépôt, composé de chlorure d'argent, au dépôt des eaux de couleur. Dans le second cas, le seul que j'aie rencontré, il serait inutile d'y ajouter de l'eau.

» Lorsque la liqueur ne contient point de chlorure d'argent ou que ce chlorure en a été séparé par l'addition de l’eau, on en obtiendra l'or pur en faisant bouillir la liqueur avec 10 à 15 grammes d'oxalate acide de potasse (sel d'oseille) par litre.

(12)

» Quant aux dépôt, pour en obtenir les métaux pré- cieux , on y ajoutera par kilogramme un litre et demi d’eau et cinq centilitres d'acide sulfurique, on portera la liqueur à l’ébullition, on la filtrera bouillante et on lais- sera refroidir la liqueur filtrée pour en obtenir l’alun : en même temps, on lavera le dépôt à l’eau bouillante, sur le filtre, puis on le fera sécher, et on le fondra avec de la potasse du commerce : on obtiendra ainsi un culot d'argent aurifère, dont on pourra immédiatement faire le départ à la manière ordinaire. »

Horlogerie. M. Goetmaekers envoie un mémoire manuscrit sur l’horlogerie, et en particulier sur lamontre à cylindre, son caractère, ses modes, ses lois, etc., commissaires MM. Pagani et Crahay.

Antiquités de Beaumont. 1 est donné lecture des rapports de MM. Cornelissen et l'abbé De Smet , sur quel- ques antiquités trouvées dans des fouilles faites prés du hameau de la Gravelinne, sur le territoire de Beaumont. Il résulte des renseignemens, communiqués par M. le Ministre de l'intérieur que des ouvriers, occupés des travaux de terrassemens de la route de Marchiennes-au- Pont, ont découvert quaire grandes pierres qu'ils avaient d'abord prises pour des bancs de calcaire, mais qu’on a bientôt reconnues être un tombeau. Il s’y trouvait un vase en terre paraissant avoir renfermé des cendres, et dans le quel on a trouvé 8 médailles ou pièces de monnaie et deux anneaux. L'une de ces pièces est assez bien conservée pour qu'on puisse y lire le mot Æ/ntoninus et non Antonius comme on l'avait cru d’abord. L’urne a été malheureuse- ment brisée par les ouvriers , en si petits morceaux qu'on n'a pu en conserver qu'un seul débri.

D'après l'examen de MM. les commissaires, il résulterait

(13) que le monument en question est effectivement un tom- beau, et que le fragment de l’urne dans laquelle les mé- dailles étaient renfermées, appartient à la céramique romaine, ou du moins à celle de nos fabriques belges qui existaient sous l’ère romaine.

Quant aux médailles, elles ne paraissent avoir aucune valeur; celles du moins qui ont conservé quelques em- preintes, sont très-connues.

Antiquités d'Ampsin et de Sommeraing. MM. Cor- nelissen et l'abbé De Smet, qui avaient aussi été chargés récemment de l’examen des documens relatifs aux fouilles d'Ampsin et de Villy-Sommeraing, ont fait parvenir sur les pièces qui leur avaient été soumises, des rapports détaillés dont il a été donné lecture. (Voyez le tome II des Bulletins p- 115 et 269.)

Il résulterait de ces rapports que la grossiéreté avec la- quelle sont construits les tombaux d’Ampsiu et l'absence de tout indice d’art et de goût dans les anneaux et les autres objets qu’on y a trouvés, doivent faire rejeter toute supposition de l’existence d’un camp romain dans cet en- droit. Il est probable que les environs ont été occupés pendant quelque temps par l’une de ces nations barbares qui ont ravagé la Belgique au IV° et au siècle, et que les tombes doivent lui être attribuées. Cette conjecture, appuyée encore par la proximité de la Meuse et d’une ancienne voie militaire, n’est pas en opposition avec la tradition populaire, d’après laquelle l'endroit s'appelle le cimetière des Sarrasins. On sait qu’en Belgique , comme en Italie et ailleurs, le peuple désigne habituellement par le nom de Tures et de Sarrasins, tous ceux dont la tradition lui a légué le souvenir comme celui de déprédateurs et d'hommes hostiles au pays.

(14)

Les ruines découverte à Villy-Sommeraing sont d’une importance plus grande. M. Quoilin, conducteur des mines, en traçant avec soin le plan des ruines, a donné une ex- plication satisfaisante de la plupart des objets qui s’y trouvaient enfouis. On ne saurait tirer aucune induction du marteau, du fragment de hache et du cercle de fer, exécutés d’une manière irès-commune, ni des morceaux de verre , puisque Pline l’ancien nous apprend que , déjà de son temps, la Belgique possédait de nombreuses verre- ries : mais les médailles et les aigles ne laissent aucun doute sur le séjour des Romains dans le bâtiment dont on a déblayé les débris.

On ne conçoit pas comment quelques personnes ont pu y voir l’œuvre des Templiers; rien ne donne lieu à une telle supposition ni dans le plan ni dans l'exécution du bâtiment, et la petite croix de cuivre qui a probablement fait naître cette conjecture , ne ressemble en rien à la croix très-facile à distinguer des chevaliers du temple; celle-ci n'est évidemment qu'un simple ornement de baudrier ou de ceinturon.

Les objets découverts dans les fouilles et la structure des murailles, un peu différente de celle des bâtimens ro- mains du bon temps, portent à croire que l'édifice dont il s’agit a été construit par les Romains, mais à une époque de décadence et vraisemblablement sous les derniers em- pereurs de la famille de Théodose-le-grand. Ce n’était pas assurément une maison de particulier, mais un édifice public, et, d’après les apparences, un établissement de thermes ou de bains publics, à l’usage des soldats canton- nés dans les environs. La différence de hauteur qu’on remarque dans les murs des appartemens s'explique sans peine par l'inégalité du terrain qui les porte. Feu notre

(15)

confrère, M. De Bast, en décrivant un bâtiment de cette nature, indique (1) plusieurs parties qu'on retrouverait aisément dans le plan des ruines de Villy-Sommeraing; on sait d’ailleurs que les ouvriers qui ont fait les premières fouilles ont trouvé des tuyaux de plomb et autres usten- siles, dont l’usage était nécessaire à un établissement de bains. Ceux qui seraient à même de consulter le curieux MS. du P. Wilthem, intitulé Zuciliburgensia, pour- raient fournir peut-être des données plus positives sur les ruines qu'on a découvertes à Villy.

Parmi les médailles qui ont été trouvées, l’une a été prise pour un Caligula, mais par erreur ; au lieu de Cali- gula, il faudrait lire Gallienus, qui appartient au IT siècle de l’ére chrétienne. Sur une seconde, il faut lire Jovi conservatori, et non conservanti. De toutes les médailles, une seule frappée sous le règne d’Auguste, puisque sous un ara lugdunensis, on lit : Rom. et Aug., a quelque valeur pour les cabinets qui ne l’ont pas, sans être cepen- dant bien rare.

Numismatique. M. Belpaire fait hommage à l’Aca- démie d’une pièce d'argent , trouvée près du chemin de fer à Borgerhout. Cette pièce représente d’un côté l’archange, patron de Bruxelles , avec cette inscription moneta Bruxel- leneiss et, de l’autre une croix, avec les mots Johannes dux Brabantie. M. Lelewel (Numismatique du moyen âge, tom. IL, p. 293) rapporte l'empreinte d’une pièce d'argent semblable et l’attriBue à Jean HIT, duc de Brabant. Des remer- cîmens sont adressés à M. Belpaire; la pièce sera déposée dans le cabinet de numismatique commencé par l’Académie.

Mosaïque de Pompéi. Note de M. Roulez, profess. ex-

(1) 2e Supplément du recueil d’antiquités rom., etc. p. 16

(16 ) traord, à l'univ. de Gand. Un des produits les plus remar- quables des fouilles de Pompéi est sans contredit la peinture en mosaïque, représentant une bataille d’Alexandre-le-Grand contre les Perses, qui y fut découverte le 24 octobre 1831, dans la maison dite casa del fauno , elle décorait le sol d’une exedra. L'apparition de ce chef-d'œuvre est venue modifier et grandir considérablement l’idée que nous avions de la peinture des anciens. Tous les connaisseurs, qui l'ont vu, s'accordent à dire que, sous le rapport de la composi- tion et de l'expression , il est digne de Raphaël et de Michel- Ange. Mon intention n’est point d'en donner ici une des- cription et une explication achéologique complètes, qui d’ailleurs auraient besoin, pour être bien comprises, du secours d’un dessin. Je me bornerai à présenter quelques observations, que je crois utile d'ajouter à tout ce qui a été écrit sur ce monument précieux de l’art antique (1): elles

(1) La mosaïque de Pompéi a été publiée par le savant directeur de l'institut des beaux-arts de Naples, À. Viccolini, dans le Real Museo Borbonico, vol. VIIT, cah. 3, pl. 36-40, et reproduite dans les Monumens de l’art. antique, par Ch. O. Müller et Ch. Oesterley. Liv. IV, pl LV, n. 273. Niccolini fit réimprimer à part son travail avec corrections et additions, Plato 1832, fol , et y inséra deux petits écrits sur le même sujet : l’un de D. Francesco Maria Avellino (extrait du Giornale del reyno delle due Sicilie , 258); l’autre du chevalier Bernardo Quaranta. Il existe des récensions de cet ouvrage dans plusieurs écrits périodiques de l'Allemagne, entre autres dans : //eidelberger Jahrbücher für Litera- tur, februar 1833, p. 142-163, par Gervinus; et dans : Gottingische Gel. Anseigen. Julius 1834, p. 1181-1196, par X. ©. Müller (voyez Allyemeine Literatur-Zeitung. Halle 1835. J'unius, p. 253). Je n’ai eu connaissance des travaux des savans italiens que par ce qu’en rapportent Müller et Gervinus. Un mémoire sur le puvé en mosaique de Pompéi a été lu par Le comte de Minutoli à l'Académie royale des sciences de Berlin, dans la séance du 15 janvier 1836 ; le contenu, pour autant que je sache, n’en est pas encore connu du public, {

(AFS rouleront principalement sur l’auteur du tableau qui lui a servi de modéle.

Personne ne s’avisera de chercher dans la mosaïque de Pompéi un morceau original; rien dans toute la composi- tion n'indique qu’elle ait été destinée à orner le sol d’un appartement. Cette peinture est donc, à n’en pas douter , la simple copie d’un ouvrage , ou peut-être même de la partie d’un ouvrage de quelque grand maître. On a de bonnes raisons de croire que le temps de la confection de l'original n’est pas éloigné de celui vivait Alexandre-le-Grand, et l'on peut juger maintenant (ce que sans cette mosaïque on n’eût pas même soupçonné) à quel haut degré de per- fection ce genre de peinture historique, à savoir la peinture des batailles , avait été porté alors. Plusieurs peintres célè- bresde cette époque puisérent des sujets de composition dans les combats des Perses avec les Macédoniens; tels furent Aristide et Philoxène (1), tous deux contemporains d’Apelle et élèves de Nicomaque. Pour ne rien dire de l'opinion peu vraisemblable de Quaranta, qui regarde Apelle comme l'auteur présumé de la composition imilée dans le pavé en mosaïque de Pompéi, plusieurs savans avaient été d'accord pour faire tomber leurs conjectures sur Philoxène, quand un des premiers archéologues de nos jours, M. le conseiller Müller de Güttingue (2), est venu revendiquer l'honneur de cette production en faveur d’une certaine Hélène, fille de l'égyptien Timon (3). Selon le témoignage de Ptolémée

(1) Pline, Züist. Nat. XXXV , 10, s. 36. (2) A l'endroit cité p.1194. (3) Ce Timon, Égyptien d’origine grecque, ne serait-il pas le statuaire - cité par Pline (Z7. V. XXXIV,8, 17),et dont la patrie et l’époque sont inconnues ? ma supposition , si elle était admise, comblerait une lacune dans la chronologie des artistes grecs.

: Ton. tu. 2

(18) Héphæstion (1), cette femme avait peint la bataille d'Essus, arrivée de son temps, et son tableau se trouvait à Rome dans le temple de la paix sous le règne de Vespasien. Chacun comprendra aisément la portée de l'indication du mytographe grec: non-seulement elle lève tout doute à l'égard de la bataille qui fait le sujet du tableau, mais elle nous apprend encore comment un riche amateur de Pompéi aura eu l'idée et le moyen d'orner sa demeure de la copie d'une peinture, qu'il avait admirée lui-même à Rome (2). L'importance de ce récit mérite done bien que nous exami- nions le degré de confiance que nous devons lui accorder. - Nous remarquerons d’abord que cette Hélène n’est nommée nulle part ailleurs que dans le passage de Ptolémée, et qu'on l'y rencontre à la suite d’une liste de femmes homonymes, dont l'existence est fabuleuse ou douteuse. Cependant on se persuadera difficilement que chez une nation appréciatrice si juste et si éclairée des productions de l’art, l'artiste , dont le génie créa l’admirable tableau du combat d'Alexandre, fût demeuré ignoré, au point de n'être redevable d’avoir été sauvé de l'oubli qu'à une com- pilation dans laquelle n’est entré aucun récit historique, à moins qu'il ne fût marqué au coin de l'invraisemblance ou ne comportât plusieurs versions. Nous sommes étonnés

(1) Dans Photius Myriobibl. cod. 190, p. 149. Bekk. p. 25, ed. Roulez. Lorsque parut mon édition des extraits de Ptolémée, la mosaïque de Pompéi ne m'était pas encore connue; et je n’ai pu en conséquence examiner la question que soulève l’assertion de cet auteur.

(2) En émettant la conjecture que Vespasien aurait rapporté ce ta- bleau à son retour d'Égypte, M. Müller n’a pas fait attention que l’em- pereur n’est revenu à Rome que l’an 70 après J. C, , et que cependant le pavé en Mosaïque existait déjà l’an 63, il eut beaucoup à souffrir du tremblement de terre, précurseur de la catastrophe qui, seize ans plus

(19)

surtout de ne pas voir Hélène mentionnée dans Pline (1),à l'endroit il cite les noms des femmes qui ont cultivé la peinture. Mais, ce qui est plus inexplicable que l’omission Peut-être involontaire du nom d’Héléne, c’est le silence gardé par le même auteur sur son tableau, qui, s’il fut réellement exposé dans le temple de la paix sous Vespasien, aura plus d’une fois captivé l'admiration du naturaliste romain. D'où vient cette déviation de la coutume, qu'a Pline, d'indiquer les morceaux remarquables renfermés dans la galerie de ce temple? je ne vois d'autre moyen de résoudre ces difficultés que de supposer qu’il n’a connu ni l'artiste ni son œuvre. Un autre point suspect dans l’asser- lion de Ptolémée, c’est la disparition du tableau au temps écrivait l’auteur (2), car il est notoire que l'incendie du temple de la paix n’arriva que sous Commode (3).

Mais quand même on maintiendrait dans toute son intégrité le récit de Ptolémée, il ne s’en suivrait pas encore que le tableau d'Hélène eût servi de modéle à la mosaique ; ilest des argumens plus concluans que le simple renseigne- ment d’un écrivain. J’avertirai d’abord que je ne saurais partager la maniére de voir de Gervinus (4) qui, parce qu’un

tard, engloutit Pompéi. D'un autre côté, les réparations grossières com- mencées au pavé donnent lieu à soupçonner que le propriétaire d’alors n'avait pas su trouver d'artiste capable de le réparer d’une manière convenable, ou n’avait pas les moyens de supporter les frais d’une pareille réparation. Dans l’un comme dans l’autre cas , l’on serait autorisé à supposer que la mosaïque datait d’une époque plus reculée.

(1) Hist. Nat, XXXV, 11, 8. 40,

(2) La manière dont il s'exprime, Ze tableau se trouvait ; &JEk£TTO y Vougf , prouve qu’on ignorait alors ce qu’il était devenu.

(8) Herodian, I, 14,

(4) A l'endroit cité, p.158

(20)

grand nombre de peintres ont trailé des sujets tirés des combats entre les Macédoniens et les Perses, voudrait que l'on s’abstint de toute conjecture à l'égard de l’auteur de la peinture originale de la mosaïque. Je crois que nous pou- vons arriver ici à cette espèce de certitude, qui suffit en pareilles matières. Une considération doit dominer toutes les autres dans cette recherche, et influer puissamment sur notre jugement, c’est qu’il est impossible que cette pein- ture, véritable chef-d'œuvre, n’ait pas été vantée comme telle dans l'antiquité. Or nous ne voyons guère cette condi- tion réalisée que par rapport au tableau de Philoxène, placé par Pline à côté de ce que la peinture avait produit de plus parfait (£abula nullis postferenda). En outre l’écri- vain romain ajoute que ce tableau représentait le combat d'Alexandre et de Darius(Ælexandri prælium cum Dario), c'est-à-dire les deux monarques en présence l’un de l’autre, comme nous les voyons sur la mosaïque de Pompéi ; tandis qu’à l'égard d’Aristide , le mème auteur dit, sans rien pré- ciser, qu'il avait peint une bataille avec les Perses (prælium cum Persis), et quant à l'expression de Ptolémée, /a bataille d'Issus (ri à ‘so ueyw), elle est enveloppée de tant de vague, que sans la découverte de Pompéi, per- sonne ne se serait imaginé que, parmi les diverses scènes de la bataille d'Issus, Hélène eût précisément choisi la rencontre des deux monarques ennemis.

Afin de compléter la critique du passage de Ptolémée, en tant qu'il se rapporte à la mosaïque de Pompéi, je reprendrai l'examen de la ‘question de savoir, quel est l'événement des guerres d'Alexandre retracé par la peinture en mosaïque. Avellino y découvre le passage du Granique, Niccolini la bataille d'Arbèle, Quaranta et Müller se décla- rent pour celle d’Issus. Quant au fait historique considéré

! | | | , ; |

(21) en lui-même, il paraît dénué de vérité. Arrien, l'historien le plus fidèle et le plus sûr de ces événemens, ne parle point d’une rencontre entre les deux rois; seulement il rapporte (1) qu'a Arbèle, Darius voyant l'aile de son armée, il se trouvait, enfoncée par Alexandre, s'enfuit du combat sur son char ; mais qu’arrivé dans les défilés de la montagne, il prit le parti de monter à cheval afin d'accélérer sa fuite, Quinte-Gurce (2) suivant une autre version rap- portée probablement par Clitarque ou Chares , nous fait le récit d’une rencontre à Issus entre Alexandre et Darius, avec mention de plusieurs circonstances que l’on peut re- connaître dans la peinture de Pompéi. Plutarque (3) parle aussi d’une pareille rencontre; mais il la place à Arbèle, et en cela il semble s'éloigner moins de la vérité historique , puisque d’après la narration d’Arrien, puisée dans les écrits de Ptolémée Lagus, ce fut à cette dernière bataille que les deux monarques se rapprochèrent le plus l’un de l’autre, sans néanmoins en venir aux prises, et c’est sur celte circonstance qu’il était le plus naturel d’enter Îa tradition de leur rencontre. Au milieu de cette fluctuation des récits historiques, pourquoi l'artiste grec aurait-il placé l’action de son tableau à Issus plutôt qu’à Arbèle, dont la bataille d'ailleurs est bien plus remarquable par l’impor- tance de ses résultals? On ne saurait douter qu'il n'ait eu en vue la même légende que les historiens, mais certaine- ment il ne s’est pas dirigé d’après eux. Et qui peut répondre

(1) Arrian.exped Alexandr. IT, 14. p. 124. ed. Gronov.

(2) De reb. gestis Alexand. Magni WX, 26 et 27 Comp. Diodor. Sicul. XVII, 34, vol. IE, p. 1167. ed. Dindorf.

(3) Vit. Alex., p 684. E Comp. Diodor. Sieul, XVII, 60, p. 1192 Dindorf

(22) que l’admirable production du pinceau d’un des contem- porains d'Alexandre n'ait pas donné naissance au récit peu véridique de quelques historiens. Par exemple, on con- cevrait facilement comment le peintre, voulant nous faire saisir à la fois les deux faits consécutifs de la retraite de Darius du champ de bataille, et de l'abandon de son char afin de confier son salut à l’agilité d’un de ses coursiers, a représenté le monarque à l'instant il va prendre la fuite, et a placé à côté du char, le cheval qui doit bientôt transporter le roi des Perses. D'ailleurs, il n’est nullement probable que l’auteur du tableau se soit attaché à repro- duire scrupuleusement une bataille déterminée avec tous ses détails, mais il aura emprunté à d’autres combats et trouvé dans son imagination une partie des accessoires de sa composilion. C’est ainsi que l’on pourrait voir dans la tête non casquée d'Alexandre l'intention de rappeler le danger qu'il courut ou passage du Granique, lorsque la hache de Spithridate lui fendit le casque et pénétra jusques aux cheveux (1). Toutefois cette particularité paraît se ratta- cher encore à une autre idée. Nous apprenons qu’Alexandre, dès le début de ses conquêtes, se proposait de marcher sur les traces de Bacchus, vainqueur de l'Inde [du moins des historiens lui prêtent cette prétention (2)], et qu'après avoir égalé la gloire du dieu. conquérant, il voulut en imiter les triomphes (3). Je soupçonne que le peintre, qui n'a pas reculé devant un anachronisme en donnant au prince Macédonien la tunique asiatique, que cependant

(1) Voy.Diodor. Sicul. XVIL , 20, p. 1154, {2) Quint-Curt. HIT, 24. (3) Idem IX. 35.

(25 )

il n’adopta que beaucoup plus tard (1), a voulu laisser entrevoir déjà dans son héros l'émule du fils de Sémelé, le nouveau Bacchus, et il a ajouté pour cela une barbe légère à la partie inférieure et postérieure des joues. Chacun sait que Bacchus conquérant a pour marque caractéristique la barbe , qu'il est censé avoir laissé croître pendant son expédition dans l'Inde (2). Cette particularité insolite aux portraits d'Alexandre , et dont la mosaïque de Pompéi nous offre un exemple unique, n’avait pas jusqu'ici reçu d’expli- cation. Une circonstance paraît venir à l'appui de mon hypothèse : on a remarqué dans la figure du monarque Macédonien une fadeur qui contraste singulièrement avec l'air mâle et farouche des guerriers qui l'entourent (3). Ce caractère de mollesse convient parfaitement à Bacchus, tandis qu’il est en opposition avec tout ce que les anciens nous rapportent de la physionomie d'Alexandre. »

Chronique de Turpin. M. Marchal lit la note sui- vante sur la chronique dite de Turpin.

«Depuis les sarcasmes de Voltaire et les savans mémoires de La Curne deSt-Palaye, sur la chronique dite de Turpin , jusqu’à l'examen que M. de Martonne vient d'en publier au tome XI des mémoires de la société royale des antiquaires de France, année 1835, on a formé un grand nombre de conjectures sur l’autheuticité de cet ouvrage et sur la per- sonne de son auteur.

» La chronique &e Turpin traite :

(1) Quint-Curt, VI, 14. Diodor Sic. XVIL, 77. vol, IL. pag 1211. Dindorf,

(2) Voy. Winkelmann , Zist. de Part AV, 2, 6. 46.

(3) Voy. Gervinus à l'endroit cité, p. 161.

(24)

De la protection que l’apôtre St-Jacques, dont le tombeau est à Compostelle en Galice, aurait accordée à l'empereur Charlemagne, à légal de celle de S'-Denis autre patron de la France.

De la conquête des villes et des contrées de l'Espagne tout entière, par un effet miraculeux de cette protection, pour l’arracher aux infidèles; on y raconte les combats de Roland , le siége de Pampelune et les actions du Sarrazin Agoulant. |

D'un pèlerinage que Charlemagne aurait fait à Jéru- salem , avant d'aller conquérir l'Espagne.

De l'accueil qu’il aurait reçu de l'empereur d'Orient, à Constantinople, en revenant de ce pélerinage.

D'une vision que l’auteur aurait eue dans la ville de Viana, au moment de la mort de Charlemagne.

» Les autres faits mentionnés dans la chronique sont peu nombreux et d’un intérêt secondaire.

» Quant à son auteur, il y a cinq opinions sur sa per- sonne : Ce Turpin est l'archevêque de Rheïms, ami de Charlemagne; c’est un archevêque de Vienne en Dau- phiné, trois cents ans plus tard; c’est un nom supposé; c'est un écrivain espagnol ; il est français.

» Pour résoudre ces différentes questions, nous avons consulté les plus anciens textes de cette chronique, parmi les manuscrits de la bibliothéque royale des ducs de Bour- gogne; nous les ÿ avons retrouvés dans les grandes chro- niques de France et dans des chroniques détachées.

Celles de France commencent par ces mots : Chil

qui cest œuvre : elles ont été analysées dans plusieurs mémoires de La Curne de St-Palaye. Il y en a cinq:

A. Manuscrit, 10532 de l'inventaire général de la bibliothéque; ce volume, de la fin du XIEE siècle, a un

(25) supplément terminé à l'an 1304. Le texte nous paraît quasi contemporain (s’il ne l’est pas même, de la collection primitive, on assure qu’il provient de la bibliothéque de l'infortuné comte d’Egmont; il est orné de magnifiques miniatures colomnales en or et en toutes couleurs.

B. Manuscrits, 1, 2, 3 et 4 de l'inventaire, des années 1326, 1380, 1390 et même année 1390, provenant des ducs de Bourgogne-Valois, et ornés aussi de magni- fiques miniatures.

Les chroniques détachées de Turpin; elles sont au nombre de trois et en français.

A. MS., 8505 du dernier tiers du XIV: siécle, pro- venant des ducs de Bourgogne-Valois.

B. MS., 12192, acheté récemment par M. le Ministre de l’intérieur à M®° de Ghieseghem ; ce volume est un peu plus moderne que le précédent.

C. MS., 7245, en trois énormes volumes sur vélin, 31 centimètres de hauteur , intitulés : Conquêtes de Char- lemagne ; composés à Bruxelles pour le duc Philippe-le- Bon, pendant le second tiers du XV® siècle, ornés d’un grand nombre des plus magnifiques miniatures en grisaille. C'est un chef-d'œuvre de la librairie protypographique.

» Nous donnerons la préférence, pour nos consultations, el à cause de leur ancienneté, à la grande chronique 10532, et aux deux Turpin, n* 8,505 et 12192 du XIVe siècle,

» La chronique de S'-Denis ou de France, 10532, renferme, après le IV: livre, le texte « des gestes du grand » roy Karlemaine.…., en partie par la main Egynalt son » capelain, et en partie par l’estude Turpyn l’archevesque » de Rains qui présent furent avecque li... chil Egynalt » nous descrit sa vie jusques a fais dEspaigne. Le sorplus

(26)

» nousdetermine Turpyns li archevesque jusque en la fin de » sa vie.» Laissons l'Éginard qui nousest inutile ici, passons au Turpin et au texte des faits d'Espagne. On y lit que Char- lemagne «une nuit esgarda vers le chyel et vit un chemin » destoile qui commenchoit si comme il li sembla a la » mer de Frise et sa dreche entre Alemaigne et Lombar- » die, entre Franche et Aquitaine, entre Bazele et Gas- » coigne et entre Espaigne et Navarre tout droit en Galice » la ou li cors mon seigneur Saint Iake reposoit sans non » et sans memoire. En chel manier vit chel signe par » pluisieurs nuits, etc., elc. »

» L'empereur médite la conquête , on lit la nomenclature des villes et des contrées qu'il aurait soumises, y compris l’Andalousie ( la terre de Landeluf) et le Portingal. L’au- teur n'indique point Séville ni Cordoue en Andalousie, erreur qu'aucun espagnol n'aurait faite , d'autant plus que Cordoue, la résidence des califs ommiades était trop célébre à cette époque pour qu’on pût la confondre avec les conquêtes de Charlemagne. Le texte, comme différens cri- tiques l'ont plusieurs fois observé, ne convient pas au siècle de Charlemagne, mais à des temps plus modernes.

» Passons à l’incipit de la chronique détachée de Turpin, 8505. Le voici: «Gelivre cy que nous trouvons en escript » parle de France, et par la priere monseigneur saint » Jacque donna notre seigneur ce don à Charlemaine afin » que on parlast de luy comme le siecle duroit voirs en » est que; plusieurs qui oient voulentiers de Charlemaine » parler ne sevent neant du voiage qui fit outre mer. Car » les bons clers qui les ystoires ont en us ne cuident mie »_ qui soit escript en trois lieux en France, forsque a Ays » la Chapelle et a monseigneur saint Denis... a tant cher- » chie es livres mons' saint Denis par quoy et a mis de

Mon Rd Se dE 0 RS ne née de nt ne

ET

( 27 ) » latin en francois par grant estude et par quel achoison » Charles ala oultre mer devant la voye d’Espaigne, etc., » elc. »

» Le MS. , 12192, a pour incipit : « Jey commencent » les chroniques de France. Comment Charlemaigne le roy » conquit Espaigne. Je Turpin archevesque de Rains, etc.»

» J'ai comparé les faits qu’on répute pour fabuleux, avec d’autres livres imprimés ou manuscrits; la nomenclature en est trop connue pour l'indiquer ici : je ne relaterai pas non plus les observations de divers ouvrages critiques sur Turpin , elles sont également répandues. Je dirai seule- ment qu'outre la collection de Don Bouquet, outre les manuscrits de la bibliothéque de Bourgogne intitulés : Annales bertiniennes et vedastines , du siècle; Gesta Francorum , du XIIF siècle, je n'ai trouvé nulle part dans aucun livre authentique le prétendu voyage d’outre mer, l’entrevue chez l’empereur de Constantinople, la conquête de l'Espagne tout entière.

» J'ajouterai à ces recherches , que j'ai consulté les deux Sigeberts, MS. du XIII: et du XIV: siècle, confrontés avec l'imprimé de l'an 1608; ils indiquent aux années dixième et subséquentes du règne de Charlemagne la conquête de Pampelune, duosque Saracenorum regulos , aliquasque urbes…. . Barcinone , rien de plus.

» Mais sur cet objet le MS. français, 3542, provenant des ducs de Bourgogne-Valois, intitulé : Chronique de- puis Jules César, est un monument précieux, tant par sa beauté que par l'étendue de son texte; il finit à la cap- tivité de Baudouin IE, roi de Jérusalem, et au siége de Tyr vers l'an 1124. On y retrouve les conquêtes authentique- ment reconnues de Charlemagne en Espagne; on y recon- naît de grands fragmens de Turpin, il n'y est fait mention

(28 ) ui du pélerinage de Jérusalem ni de l’entrevue de Constan- tinople, cependant le’chroniqueur n'aurait pas oublié ces événemens, s'ils eussent élé véritables, à cause de leur analogie avec l’histoire des’ croisades.

» J'en conclus que le Turpin qui est l’objet de tant d'in- vesligations n'était pas encore rédigé en 1124.

» À quel époque ce livre, que nous allons reconnaître pour apocryphe, fut-il publié? Je crois l'avoir deviné par la confrontation de la grande chronique, 10532, avec les deux Turpin, 8505 et 2172. Cette chronique, après la no- menclature des villes et des contrées conquises, ajoute :

«Chlotaire, Daguebert, Pepin, Gharle Martiaux chil conqui-

» rent Espaigne en partie et en partie la laisserent, mais » chil Charlemaine li grant la conquit tout entierement.»

» Les deux Turpin intercalent après Charles Martel les noms de Charles-le-Chauve et de Louis ; une main du XVIe siècle a superposé au mot Louis, au 12192, le mot saint, c'est une erreur qui va se démontrer d’elle-même.

» Quel est ce Louis dont le nom est intrepolé? ce ne peut être que Louis-le-Jeune , car avant lui les derniers Caro- liens et les Capétiens ou Angevins, jusqu’à Louis-le-Gros son père, eurent d'autres occupations que d'aller faire des conquêtes en Espagne.

» C'est pour Louis-le-Jeune que ce roman a être com- posé, en voici preuve. Ce roi avail divorcé, au com-

mencement de l’année 1152 (st. mod.), avec Aliénor ou »

Éléonore, qui se remaria peu de temps après avec Henri Plantagenel : lout le monde sait qu’elle porta en dot à son deuxième mari la Guyenne et les plus belles provinces de l'Ouest. Vers la fin de l'an 1153 (aussi st. mod. ), Étienne, roi d'Angleterre, adopia Henri pour son successeur. En 1154 (st. mod.), Louis-le-Jeune se remaria avec l’infante

( 29 ) Constance de Castille , fille de ce glorieux Alfonse VITE, roi de Castille et de Léon, qui s'était fait proclamer empereur après avoir conquis plusieurs villes sur les Maures ; et après être devenu le suzerain des rois d'Aragon el de Navarre.

» Tous ces événemens sont trés-connus, mais nous allons en tirer les conséquences suivantes : Louis, prince avan- tureux, ne s'était pas atiendu au mariage d'Éléonore et de Henri, et encore moins à l'adoption de ce prince à la couronne d'Angleterre; pour y remédier, il rechercha l’al- liance de l’empereur Alfonse; les deux souverains de France et de Castille devaient également redouter les résultats de l'accroissement de la domination anglaise entre leurs États respectifs.

» Un autre scandale succéda bientôt à la cour de France, à celui de la conduite d'Éléonore. Roderique, de Tolède, historien espagnol, nous informe que l'on y répandait ma- lignement le bruit que la reine Constance n'étail pas la fille de la reine de Castille, mais d’une concubine de l’em- pereur Alfonse.

» Louis, pour s'assurer de la vérité, et pour connaître aussi cet Alfonse, comme disent les historiens, ce qui prouve qu'il en avait besoin, alla faire un pèlerinage à S'-Jac- ques de Compostelle, un des patrons de la France. L'em- pereur Alfonse conduisit ensuite son gendre et sa fille à Tolède. If les y reçut avec la plus grande magnificence. Bé- renger , frère de la reine , se déclara l oncle de l’Infante : Louis-le-Jeune revint dans ses États avec une entière sa- tisfaction.

» On peut consulter (outre les écrivains dont on lit le texte au 12° tome de Don Bouquet), Vely, Aist. de France, tom. IL, pag. 70; Marriana, Aist. d'Espagne, traduc- tion française, tom. Il, p. 554, et surtout Za Cronica

( 40 ) del emperador don Alonso VIT dirigida & Sandoval. On lit dans celle-ci, à l’année 1191 de l'ère d'Espagne (1153 de notre ère): Ælqunos mal sines desseando mal entre el Emperador y Rey su yerno, hizieron la creer que la Infanta de Castilla dona Constançu su mruger , no ero hija legitima sino bastarda del Emperador , etc., etc.

» À l'appui de ces matériaux, j'ai consulté le MS. fran- çais, du XVIII: siècle, 9600, de la Bibliothéque de Bourgogne, intitulé : Mémoires sur l’histoire d'Espagne et d'Afrique, depuis l'an 1114 jusqu'a l’an 1198. Cet ouvrage révoque en doute la cause du pèlerinage de St.- Jacques en Galice, rejette ce prétexte comme une absur- dité éloignée du bon sens, telles sont les expressions du texte; mais on y reconnaît le pélerinage et la réception magnifique du roi Louis-le-Jeune à la cour de Toléde.

Aïnsi, quels qu’en soient les motifs, il est constant, par le témoignage des historiens contemporains de France et d’Espagne :

Que Louis-le-Jeune alla faire un pélerinage à St.- Jacques ;

2 Qu'’ensuite il fut reçu avec magnificence à la cour de l’empereur Alfonse , à Tolède ; |

Qu’Alfonse avait le titre d’empereur.

Nous ajouierons qu’il est également constant que Ghar- magne avait fait la conquête de l'Espagne au nord de l'Ebre, et que les rois français eurent un droit de suze- raineté sur ces contrées, jusqu'au traité de Corbeil, en l’année 1256, par lequel S'-Louis échangea, avec le roi d'Aragon , ses droits sur les domaines au sud des Pyrénées et sur le Roussillon, pour des domaines de Languedoc et d’autres, en France. Ainsi Louis-le-Jeune avait un droit de suzeraineté sur le roi d'Aragon, vassal de l'empereur Alfonse.

( 31 )

» Nous tirerons de tout ce qui vient d'être exposé , sans entrer dans de plus grands détails, parce qu'il ne s’agit ici que de l'authenticité de la chronique de Turpin :

Que la dévotion de Charlemagne envers St-Jacques de Compostelle, ressemble fort à celle de Louis-le-Jeune ; on n'a pas besoin d'examiner si cette dévotion était véri- table ou simulée;

2 Que Louis-le-Jeune fait un pèlerinage à Compostelle, tout comme Charlemagne est supposé en faire un à Jé- rusalem ;

Que Louis est reçu par l'empereur de Tolède, comme on suppose que Charlemagne le fut par l'empereur de Con- stantinople ;

Que le récit des conquêtes de Charlemagne dans la Péninsule espagnole tout entière, avait une apparence de réa- lité par le vasselage du roi d'Aragon, comte de Barcelonne; on pouvait en soutenir la prétention dans un siècle d’igno- rance, lorsque l'on considère que la cour de Castille par- lait alors habituellement la langue arabe, qui était celle de la civilisation espagnole , et que le Turpin est écrit en français. Langue de la cour de Louis-le-Jeune.

Que Louis-le-Jeune, ne portait pas le titre d'empe- reur, mais il n’en élait pas moins l'héritier et le succes- seur de l'empereur Charlemagne, qui aurait conquis la Péninsule et entre autres la ville de Tolède, capitale de l’empereur Castillan et la grande ville de Cordoue.

Que le MS., 3542, intitulé : Chroniques depuis César, libellé en 1124, rapporte un texte qui est dé- pouillé des fables de celui du prétendu Turpin, fables que ce MS. 3542 aurait eu intérêt à raconter , si elles eus- sent été reconnues pour vérités historiques ;

Que le nom interpolé de Louis, après Charlemagne ,

(32) dans les éditions subséquentes au 13° siècle de la chroni- que de S'-Denis, prouve que le texte primitif n’en faisait pas mention, et que, par conséquent, il n’est pas antérieur à un roi de France appelé Louis;

8 Que ce roi n’est point Louis-le-Gros, père de Louis- le-Jeune, qui n'eut aucuue affaire en Espagne et encore moins un des derniers Carlovingiens. Que ce ne peut être Louis Hutin, parce qu'il fut couronné roi de Navarre en 1307; tandis que le MS. 10532 finit par ses supplémens à l'an 1304; que c’est encore moins Louis-le-Lion , et enfin que ce ne peut être S'-Louis qui abandonna l'Espagne, chose totalement opposée à une conquête ;

Pour ce qui concerne la personne de Turpin, on le dit par erreur archevêque de Vienne : l’auteur raconte une vision qu'il eut à /’iana , ville de Navarre, au moment de la mort de Charlemagne; le nom de V’iana est répété plusieurs fois et très-lisiblement dans la chronique, ainsi on prit probablement V’iana pour Vienne.

» Ex RésuMÉ : Nous pensons que la chronique dite de Tusxpin, est une amplification d’une chronique véritable et par des récits apocryphes, qu'elle fut composée par un au- teur qui usurpa le nom de Turpin, ami de Charlemagne, pour accréditer son ouvrage; que cel auteur est français, à cause de son ignorance de plusieurs faits importans de l'histoire d'Espagne, et enfin que cette chronique, comme tant d’autres fraudes politiques ou pieuses, fut composée pour relever la gloire et les prérogatives de la couronne de France, pendant le voyage de Louis-le-Jeune à Tolède, afin que le monarque français y fût reconnu être pour le moins l’égal du glorieux empereur Castillan. »

M. le directeur, en levant la séance, a fixé l’époque de la prochaine réunion au samedi, 6 février.

BULLETIN

DE

L’ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES

ET BELLES-LETTRES DE BRUXELLES.

1836. No 2.

Séance du 6 février.

M. le baron De Stassart, directeur. M. Quetelet, secrétaire perpétuel.

GORRESPONDANCE.

M. le Ministre des affaires étrangères et de la marine donne communication des observations sur les marées, faites au port d'Ostende pendant les mois de décembre et de janvier derniers.

Le secrétaire rend compte des nouvelles relations qu’il vient d'établir avec l'institut impérial et royal des États Lombardo-Vénitiens, par l'intermédiaire de M. le chevalier Carlini, directeur de l'observatoire de Milan; il donne en- suite lecture d’une lettre de M. le secrétaire de l'institut impérial et royal, qui annonce l’envoi de quatre volumes in-4° de mémoires et de cinq volumes in-8, Le secrétaire est chargé de transmettre avec les remercimens de l'Aca- démie ; les divers volumes qui ont été publiés depuis 1830.

Tow. 1. 3

AUDE )

M. J. Van Praet, secrétaire du Roi et correspondant de l'Académie, fait hommage d’un exemplaire de l'Znventaire des livres de l’ancienne bibliothèque du Louvre, fait en l’année 1373, par Gilles Mallet, qui vient d’être publié avec des notes et: des additions, par son oncle, M. Van Praet , bibliothécaire du roi de France.

M. Devaux, ingénieur des mines dans la province de Liége, adresse à l’Académie une note imprimée servant de complément à son mémoire sur l'épuisement des eaux dans les mines au moyen de l'air, qui a été couronné par l’Académie en 1835. L'auteur propose, dans cette note, un nouveau moyen d'appliquer la vapeur à l'épuisement des eaux et à l’aérage des travaux dans les mines.

M. le baron De Reiffenberg présente une notice sur le congrés scientifique qui doit avoir lieu, à Blois, le 11 sep- tembre prochain, et une invitation aux membres de l’Aca- démie, de la part de M. De La Saussaye, secrétaire-général du congrès, pour assister à cette:assemblée.

M. le baron De Stassart fait hommage à l’Académie, de la, part de M Blondeau, doyen de la faculté de droit de Paris, de différens cuisses de: Meridien et dej Jeiepeos

!

dence:.: :!

.

[LE ONCOURS DE 1836;

1m sde fais avait proposé pour le concours dé’ 1830; six questions pour la classe d'histôire et huit pour la ctaigd des sciences. Le secrétaire annonce D il a RL les! mié- moires suivans : à |

0 (Su Im rit question de la classe des lettres : : : Indiquer L'époque précise: des inventions, importa= tions. ebrperfectionnemens qui ont successivement con»

(35 ) tribué aux progrès des arts industriels en Belgique, depuis les dernières années du dix-huitième. siècle jusqu’à nos jours, avec l'indication des personnes qui, les premières , en ont fait usage parmi nous.

-Un mémoire portant la divise : Ze commerce tantôt détruit par les conquérans , tantôt gêné par les monar- ques ; aceourt la terre, fuit d’où il est opprimé, se teposé on le laisse respirer (Montesquieu).

Commissaires MM. Cornelissen , Pycke et Cauchy.

: Sur Ja septième question de la classe des sciences :

à Quels sont les meilleurs moyens à employer , sous le double rapport de la solidité et de l’économie, pour reconstruire et pour entretenir les chemins vicinaux , de manière à les tenir dans un état permanent de viabilité. | |

Un mémoire portant la divise : Je demandai un jour au maire de mon village, etc.

Commissaires MM. Pycke, d'Omalius et Cauchy. |

Sur la huitième question de la classe des sciences :

Déterminer quand et comment se forment les matières colorantes de la garance , depuis sa germination Jusqu'à l ‘époque de sa pleine végétation. Examiner la structure anatomique et les fonctions physiologiques des parties tinctoriales de cette plante, et appliquer les résultats de ces travaux à sa culture et à sa dessication. (Le mémoire devra être accompagné de planches.) (1)

(1) M. le Ministre de l'Intérieur a fait connaître à l’Académie que

(36)

Un mémoire portant la divise : Un fait bien vu est une chose précieuse ; il y en a peu qui soient connus dans tous leurs détails (Sennebier); avec 9 planches.

Commissaires MM. Dumortier, Dehemptinne et Martens.

COMMUNICATIONS.

Le directeur informe l’Académie que, conformément à la décision qu’elle avait prise , une députation, composée du directeur, du sous-directeur, du secrétaire perpétuel et des deux doyens, a eu l'honneur de présenter au Roi les derniers volumes des mémoires, et que Sa Majesté a té- moigné, de la manière la plus flaiteuse, l'intérêt qu’elle prend à l’Académie.

Astronomie. M. Quetelet communique l'extrait sui- vant d’une lettre qui vient de lui être adressée par M. Wart- mann , astronome à Genève, concernant la réapparition de la comète de Halley depuis son passage au périhélie.

« La comète de Halley , depuis son passage au périhé- lie, a été revue ici trois fois; le 1°, le 15 et le 21 de ce mois. Le janvier elle était très-pâle, semblable à une nébuleuse informe , et invisible dans les chercheurs. Le 15, quoiqu'il n'y eût pas de lune, elle était si faible de lumière qu’on avait de la peine à la distinguer, même dans la lu- nette de l’équatorial. Cependant sa position a pu être dé- terminée à plusieurs reprises , comparativement à l'étoile G du Scorpion prés de laquelle elle se trouvait. nébulo-

regardant la culture de la garance comme avantageuse à la Belgique, et ne voulant négliger aucun moyen de l’améliorer et de la répandre, il proposera au Roi d’ajouter un prix de 500 francs à la médaille promise pour la solution de cette question.

(37) sité avait alors 3’ de degré de diamètre. Le 21, elle était plus apparente que le 15 , la nébulosité, quoique toujours très-pâle, paraissait sensiblement plus étendue : son diamèé- tre avait environ 4’ de degré. Cet accroissement tient,comme vous le savez, à ce que la comète tout en s’éloignant du soleil se rapproche maintenant de nous par le fait du mou- vement de la terre elle-même; ce rapprochement , qui tend à augmenter encore, permellra sans doute aux astronomes, surtout à ceux de Paramatta et du Cap de Bonne-Espé- rance , de suivre cet aslre tout le mois prochain et peut- être même jusqu’à la fin de mars.

» Voici les positions qui ont élé déterminées à notre observatoire, par M. Muller, au moyen de l’équatorial, et qui s'accordent d’une manière satisfaisante avec l'éphémé- ride de M. le professeur Rosenberger insérée dans le 294 des Astronomische Nachrichten, ainsi qu'avec les nou- veaux élémens que M. le professeur Gautier a calculés et qu’il n’a point encore publiés.

N. B. Ces positions doivent subir la petite correction de l'effet de l’aberration et de la parallaxe de la comète.

T. MOY. À GENÈVE , ASC. DROITE ASC. DROITE DÉCLINAISON.

1856. Janvier 1... à 6h 5m345,9 16h18m175,3 244034/15//,45 A. 24045/57/ 15.. À 5h54m 35,3 16h 1m16:,5 240019 7//, 5 27012/13//7

compté de minuit, en temps. en dégrés.

Bibliographie. (Note de M. le baron De Reiffenberg). Plusieurs écrivains se sont occupés des lettres d'indul- gence imprimées en placard sur vélin , tels que Oberlin , Zapf, Meerman, Dibdin, Fischer, Van Seelen, Nyerup, Van Pract, etc., et en général elles intéressent tous ceux qui s'appliquent à l'histoire de l'imprimerie. Moi-même,

( 38 ) ans les mémoires de l'Académie , j'ai fait connaître quatre de ces-lettres encore igüorées, l'une de 1454 (on en con- naissait une autre édition), une seconde de 1500 et deux de 1502. J'ai l'honneur d'en añnoncer aujourd'hui une €in: quième qui avait également échappé aux bibliographes: Elle a été détachée de la couverture d’un ancien volume par M. Fiess, bibliothécaire de l’université de Liége et gente Ja date de 1480. M. Van Praet. (Catalogue des livres impri- nés sur vélin de la bibliothèque du roi, 11,26} signale des lettres de la même année, et délivrées aussi par le Pape Sixte IV au grand maître de Rhodes, pour la défense de

cette île, mais elles sont différentes de celles dont je révèle,

l'existence à l'Académie. Ges dernières. imprimées sur par- chemin d'un seul côté, ont ‘vingt-trois lignes au lieu de vingt-sept. Elles sont parlant ‘en lettres de somme et commencent ainsi :

UNIVERSIS et singulis pntes litteras inspecturis nos magister et frätres sacrt nr nee Sancti Joannis Hierusalem notum facimus.…

Ellesse Lerminentde larmaniére suivante :

Datum sub sigillo nostro ad hoc ordinato anno dni MCCCC LXXX die mensis.

Vient ensuite Forma absolutionis in articulo mortis.

Antiquités de l'Inde. (Note de M. Roulez correspondant de l'Académie. ) « Le cabinet d’antiques de l’universilé de Gand, grâce à la munificence de M. Rosseel, fabricant cn celte ville, et au zèle de M. Denduyts pour l'accroiïsse- rent des collections académiques confiées à sa surveil- lance, vient de s'enrichir de deux idoles indiennes, prove- nant de l’île de Java; ce sont des statues monolithes en granit de deux pieds environ de hauteur ;.elles appartien- vent au sivaisme ou) culte de Shiva. La plus grande des

PR Lt

( 39 )

deux est d’un travail très-grossier ; l’autre, d’une exécation plus soignée, se trouve placée sur un trône, taillé dans la même pierre que l’idole. Ces deux statues représentent Ganéshkarou Pouléar, fils et ministre de Shiva, le chef et le précepteur'de)la troupe céleste, le-dieu'de l'intelligence, l’année, des nombres, source de‘touté sagesse el prési- dant à toutes les transactions importantes de la vie. Nous le-voyons figuré , comme d'ordinaire | avec son gros ventre de forme sphérique et avec la tête d’éléphant ( emblème de la sagesse et de la force paisible), par laquelle son père remplaça sa tête humaine, après qu'il la:lui eut coupée. Les deux statues nous offrent le dieu dans'ia même atti- tude, à savoir assis , les jambes repliées endedans , de façon que les pieds se rejoignent ; il paraît enfoncé dans une profonde méditation. Sur la main gauche, qui est tendue, setrouveun objet à l'égard duquel je n’ai pas encore d’opi- mion bien formée, et qu'il saisit avec sa trompe. De la main droite Ganésha tenait un autre objet , qui a été brisé. Ce pouvait être un sceptre ou le trait de feu. On remarque à Ja statue travaillée avec le plus de soin, que l’une des défensesest mutilée : c’est celle que le dieu brisa contre le rat ou loir-géant en voulant le dompter. Cette particula- rilé est à peine indiquée chez l’autre statue. J'observerai en dernier lieu que celle-ci se distingue par la singularité de sa coiffure, tandis que l'autre porte l'espèce de tiare propre à plusieurs divinités l’'Hindoustan. J'omets les autres détails el explications , me proposant de publier une notice plus étendue et accompagnée de dessins , non-seule- ment sur ces deux idoles , mais encore sur quelques autres figurines, relatives au culte idolâtrique des Hindous qui existent au cabinet d'antiques de Gand, elles ont'été apportées également de Java. »

u 2

( 40 ) LECTURES.

Paléontologie. —1Il est donné lecture du rapport sui- vant de M. le professeur Fohmann sur un os fossile trouvé à Tuyvenberg, et communiqué à l'Académie par M. le ministre de l'intérieur.

« Les deux fragmens d'os adressés à M. le

in

À: LR

de l'intérieur par M. Borgnet, ont élé trouvés au. fort de

Tuyvenberg, à trois mètres de profondeur, dans une couche de coquilles qui n'avait jamais élé remuée; M. Borgnet, dans la lettre qui accompagne ces os, ne fait point mention de la nature des coquilles qui les en- touraient, circonstance essentielle à connaître.

» Ces deux os ne forment ensemble qu'un fragment de vertèbre, dont une partie de la surface supérieure et an- térieure du corps est conservée; les cassures de ce frag- ment paraissent récentes; tout porte à croire que c’est par l'ignorance des ouvriers que ce débris a été mutilé, et que les apophyses, ainsi que les autres parties sont réstées sur les lieux , l’on pourrait faire des recherches afin de compléter cet 0.

» Quoiqu'il en soit, la pesanteur spécifique de ce frag- ment de vertèbre , est considérable à cause de l’oxide de fer qui a pénétré dans toute sa masse ; il est très-dur ; la face externe .est d’une couleur d’un blanc jaunâtre; çà et se trouvent sur cette face des groupes de fragmens de coquilles réunies par le carbonate de chaux. La substance corticale et spongieuse offre dans les cassures une couleur d'un brun fauve , analogue à celle de l’oxide de fer.

» Le diamètre de la face articulaire, conservée en parlie seulement dans ce fragment , est de 0,26.

À .

(#1)

» Or, aucun mammifère terrestre, soit vivant, soit fossile, ne nous offre des dimensions pareilles dans leurs vertèbres; nous croyons donc que c’est un fragment d’une vertèbre d’un cétacée (du genre baleine).

» Et quoiqu'il soit impossible d'établir des points de comparaison, lorsque la plus grande partie du corps et des apophyses manquent dans cette vertèbre , néanmoins nous sommes certain que ce n'est ni une cervicale, ni une dorsale, mais que c’est une portion d’une vertèbre lom- baire ou caudale d’un grand cétacée.

» On ne peut révoquer en doute les services que l'étude exacte des corps organisés que récélent les différentes formations de notre planète a rendus à la géologie en général. Il est évident que les découvertes de ces débris d'animaux jettent un grand jour sur l’âge relatif, sur la zoologie des époques qui ont précédé l’état actuel de notre globe pour chaque localité.

» Déjà en 1812, on a trouvé en déblayant le bassin d'Anvers des débris fossiles de cétacées inconnus (voyez Cuvier , Ossemens fossils, tom. V°. Ie partie, page 352). Ce fait seul et d’autres prouvent que la mer nourrissait des mammifères dont les analogues n’existent plus. Les fouilles peuvent encore ramener au grand jour des dépouilles d'êtres inconnus, ou des parties de squelette qu’on n’a pas encore trouvées jusqu'ici.

-». Mais pour que l’histoire de la paléontologie du sol riche et varié de la Belgique retire tout le fruit possible des fouilles faites dans son sein, il faut des personnes capables de diriger et d'analyser toutes les circonstan- ces qui accompagnent les dépouilles fossiles, par une description exacte et détaillée du terrain et de la position de chaque os en particulier. Long-temps les progrès de la

(42) paléontologie: ont été -entravés pan: le masque de détails précis,sur, le gisement. 9

Dans l'intérêt de la-science et pour iii de la Belgique, il est à souhaïtér que M. le ministre continue faire recueillir les ossemens fossiles que l’on rencontre dans les, divers travaux l’on fouille le sol, et qu'il en fasse former une collection dontla conservation seraiteonfée à un homme versé en paléontologie, lequel ferait un eata- logue contenant tous les renseignemens nécessaires pour chaque pièce.

» La Belgique occupe un rang distingué parmi les na- tions civilisées, par la manière dont les études botaniques, roologiques , celles de géognosie et de paléontologie y sont cultivées. Au moyen des mesures que nous proposons à M. le ministre, on formerait un dépôt de documens:pré- cieux pour ces deux dernières branches des’ sciences; les+ quelles, ainsi favorisées, ne marnqueraiïent pas de ‘faire briller d'un nouvel éclat le sol déjà si glorieux notre patrie, » |

M. Cauchy, second commissaire, ajoute à ce se précède les considérations suivantes :

« Je crois pouvoir ajouter au rapport de mon honorable collègue , que l'état de fossilisation de Fos qu’il décrit ‘et celui des fragmens de coquilles qui en couvrent quelques parties, semblent indiquer que ce débris d'un grandoami- mal vertébré appartient plutôt auxterrains tertiaires qu'aux dépôis alluviens. Sa découverte aurait donc pu, si ‘elle eût été complète, augmenter la liste des cétacées que Cuvier a signalés dans cette série assez ancienne de nos terrains.

» Ces considérations doivent nous faire sentir plus vive- ment encore, les regrèts exprimés à la fin du rapport. Si M.le ministre ädoptait les propositions de l’Académie au

2e #5

(45 )

sujet de la confection de la carte géologique de la Bel- gique!, il deviendrait plus facile, pendant la durée des opé- rations y relatives, qui pourrait coïncider avec celle des grands terrassemens entrepris dans ce pays, faire diri- ger et constater les découvertes de ce genre auxquelles pour- ront encore conduire ces fouilles extraordinaires. » Au-sujet des observations précédentes, M. Crahay fait remarquer que les ossemens fossiles d’éléphans ne sont pas trés-rares dans la Belgique. En creusant le canal (Zuid- Willems-Vaart), on a trouvé en traversantle Caberg dans le ‘hameau de Smeermaas, une quantité immense de ces débris, et quelques-uns de rhinocéros. La majeure partie decces-ossemens a été déposée au cabinet de Leyde; quel- ques-uns ont été donnés par le Gouvernement à la société dés amis dés sciences , lettres et arts, de Maestricht: Tout añnônce que:lés endroits qui environnent celui la décou- vertea£té faite, recélentiencore une grande quantité de ces fossiles: Ces ‘endroits sont fort bien connus à M. Crahay, et'en cas de besoin il pourrait les indiquer.

Horlogerie. L'Académie entend différens rapports de MM. Pagani , Crabay et Quetelet sur des mémoires présen- tés par M. Goetmaekers, horloger à Tournay. Les commis- sairessont d'accord sur ce point , que l’auteur n’estpas assez versé dans les connaissances de la mécanique analytique pour-pouvoir appliquer ; comme il cherche à le faire, les principes de cette science à l’art de l'horlogerie; plusieurs des formules qu'ilemploie sont inexactement reproduites, etses raisonnemens sont généralement présentés d’une ma-

(1) Différens rapports ont été présentés par l’Académie à M, le Mi- istre, sur les moyens d'achèvement de la carte géologique du Royaume, qui est si viyement désirée par tous les amis de la science et par les Principaux industriels du Royaume,

F4: ) nière obscure ou même inintelligible. L'Académie en conséquence ne peut donner son approbation à ces mé- moires. j |

Entomologie. M. Wesmael présente un supplément à sa Monographie des Odynères de la Belgique (1).

« Lorsque j'ai composé cette monographie, je me trou- vais surtout dominé par cette idée, que la zoologie est encombrée d'une foule d'espèces nominales qui n'ont jamais existé que dans le cerveau de ceux qui les ont décrites. Plus tard, j'ai réfléchi que cette idée m'avait peut- être entraîné trop loin, et après avoir de nouveau recueilli un assez grand nombre d'Odynéres, j'ai revu mon premier travail; de cette révision sont résultées les modifications qui font l’objet de ce supplément.

» D'abord, aux caractères tirés de la forme des mandi- bules pour distinguer les Guépiaires solitaires des Guêé- piaires sociales, j'en ajouterai un autre fourni par les crochets des tarses: ceux-ci sont toujours unidentés, ou bifides au bout, chez les Phterocheiles , les Odynères et les Eumènes ; tandis qu'ils sont entiers chez les Polistes et les Guêpes. Ce caractère est'cependant moins distinct chez les Odynères mâles de la troisième division.

» Sous la dénomination d'Odynerus Parietum , je crois avoir confondu trois espèces bien réelles, quoique difficiles à caractériser, de sorte que le nombre total d'espèces se trouve porté à dix. Quant aux trois groupes ou familles que j'ai établis parmi les Odynères, j'ai cru devoir ajouter à chacun d'eux une dénominalion qui puisse le faire con- sidérer comme un sous-genre , ou même comme un genre par ceux qui sont atteints de la manie de la multiplication

(1) Monographie des Odynères de la Belgique, Bruxelles, Hauman, 1833.

sn +

> sin le D

(45)

des coupes génériques, Le tableau, page HIT et IV, se trouve donc modifié de la manière suivante :

0

1 O. Reniformis . . . 2 O. Spinipes . . . . Ÿ (Sub-genus Oplopus). 3 O. Melanocephalus. .

ir

4 O. Oviventris 5'0. Parietum, . : 6 O. Trifasciatus . . , 7 O0. Antilope . .

(Sub-genus Ancistrocerus ).

. CL . , . . . . . . . . . . .

8 O. Crassicornis. . . | 9 O0: Elegans , . + (Sub-genus Symmorphus). 10 O. Bifasciatus

& O. Ovivenrais. &.%. Mihi.

Gastrothorace (1) ruguloso-opaco ; primi segmenti. abdominis parte antica margine apicali depresso, parte postica triplo latiore quam longiore ; niger , antennarum scapo subtus et an-

ice g, apicte $ capite thoraceque signaturis, abdomine fasciis simplicibus sex d', quinque punctoque anali @ ;, femoribus apice

late, tibüs tarsisqe flavis. os

Sous le rapport des couleurs, appliquez à cette espèce

(1) Les savantes recherches de MM.Latreille et Audouin sur Ja compo- sition du thorax , ont prouvé à l'évidence que la portion qui le ferme

(46) la descripttion de l'O. Parietum, pag. 17—21, sauf des restriclions suivantes : |

g'

Articles 3—10 des antennes tout noirs. Bordure jaune du prothorax dilatée sur les côtés, atteignant les angles la- téraux. Écaille des ailes jaunes avec une tache discoïdale obscure. Ëcusson à deux petites taches jaunes on sans taches. Abdomen à six bandes jaunes uniformes. La moitié ou au moins le tiers apical de toutes les cuisses jaune. Jambes et tarses jaunes sans taches. ke rréftat

+ . . . ? .

Premier article des antennes noir ayec une tache jaune à l'extrémité. Le reste ({lagellum) entièrement noir. Ecus- son à deux taches jaunes. Abdomen à cinq bandes jaunes uniformes et une tache anale jaune. Pieds et écailles des ailes comme chez le &.

. Je possède quatre mâles et huit femelles de cette espèce, je les ai pris aux environs de Bruxelles.

Observation. Chez cette espèce et les deux suivantes, j'engage les entomologistes à ne regarder comme carac- tères réellement distinctifs, que ceux empruntés à des mo- difications de formes. J'ai y ajouter les modifications de couleurs que j'ai observées, mais je ne conseille pas d'y attacher beaucoup d'importance. postérieurement chez les insectes hexapodes ailés à abdomen. pétiolé, correspond au premieranneau de l’abdomen des insectes à ventre sessile, tels que les Tenthrèdes, Urocères, etc., et a été à tort confondue avec le métathorax. Cependant comme cet anneau , chez lés insectes pédonculi- ventres, est appelé à renforcer le thorax , et a ainsi en quelque sorte changé de fonctions , il y aurait de l’inconvénient à le qualifier, dans les descriptions , de premier anneau de l’abdomen ; une dénomination mixte

m'a semblé préférable, et je propose d'employer à lavenir celle de gastrothorax.

(47) 5. O. ParreTum à. Q.

Gastrothorace ruguloso-opaco ; primi segmenli abdominis parte antica basi utrinque sulcata , margine apicali prominulo ; parte postica duplo latiore quam longiore ; niger , anteunarum fla- gello subtus per totam longiludinem vel basin et apicem versus ferrugineo ; scapo subtus, antice ( interdum anguste), capite thoraceque signaturis, abdomine fasciis 4.6 & , 4 vel 5 puncto- que sæpeanali ®, femoribus apice ( posticis anguste }, tibiis tarsis que flavis ; his interdum fuscis; tibiis sepe nigro macu- latis. | Observation. I] faut rayer de la synonymie de cette

espéce, page 16, la Vespa trifusciata. Fab. et la Vespa

juncea. Christ. Les variétés peuvent être réparties de la manière suivante :

d'. 1 Maculæ scutellares. A. Maculæ scutellares 4 flavæ. Var. 1. VESPA SEXCINCTA. Schrank.

B. Maculæ scutellares 3 flave. a. Fasciæ abdominales flavæ 6. Var. 2. vEsPA AUCTA. Fab, Panz.

b. Fasciæ abdominales flavæ 5. Var. 3. VESPA PARIETINA. Schrank.

C. Maculæ scutellares 2 flavæ. Var. 4. (Fasciæ abdominales flavæ 6, rarissime 5 vel 4.)

D. Lineola flava scutellaris. 3.0 Var. 5. vESPA siuPLEx. Fab,: 079 I. Maculæ pri a) nulle.

"A. Fusci® abdominales, flavæ6, inf mts. Q yEsPA n°9. var. Geof. ar, 6

VESPA SEX FASCIATA Fab Schrank. Ross.

" B Fasci@ abdominales flavæ 5, prima emarginatu, Var, 7. VESPA EMARGINATA. Fab.

æ Cas È

?

1. Maculæ scutellares flavæ 4 (anteriores vel posteriores interdum coalitæ). À. Fasciæ abdominales 5, maculaque analis flavæ.

a Clypeus maculis 4 flavis.

Var. L. VESPA QUADRATA. Panz. (fascia 12 abdominis quadrate emar- ginata).

b. Clypeus maculis , ? lunatis flavis.

Var. 2. vespa n°9. Geoff.

c. Clypeus flavus, margine toto, signaturisque disci variis NnigriSe Var. 3. B. Fasciæe abdominales 5 flavæ ; ano immaculato. Var. 4. 11. Maculæ scutellares flavæ 2. (1). » À. Fasciæ abdominales flavæ 5. a. Macula flava analis. | + Tarsi postici nigri vel fusci. Var. 5. ++ Tarsi flavi Var. 6.

b. Anus immaculatus. Var. 7 vESPA ONEIPENNIS. Christ.

L. B. Fasciæ abdominales flavæ 4. Var. 8.

Cette dernière variété est trés-rare en Belgique: jen’en posséde que deux individus. L'un d’eux a le chaperon Ë entièrement noir, et les taches jaunes de l’écusson très- petites; si ces taches manquaient tout-à-fait, on pourrait

! 1 1

(1) Color ani et tarsorum dubius apud sequentes : V. Pariefum, Sin. Fab, Oliv. Ross. V. Parietina. Lin. V, Sexpunctata, Christ,

PPS" Ve mm T

( 49 ) rapporter ici la /’espa quadricineta. Fab. Ent. Syst. 2. 266. 47 et Syst. Piez. 262. 46. Envisagé uniquement sous le rapport des couleurs l'O. Parietum est conforme à la description pages 17-21, sauf les restrictions suivantes :

œ.

Articles 2 11 des antennes toujours plus ou moins ferrugineuses en dessous.—Abdomen très-souvent à 6 ban- des jaunes, et jamais moins de 4. Cuisses de derrière noires jusque près du bout; jambes jaunes, quelquefois marquées de noir. Bordure jaune du protorax atteignant toujours les angles latéraux.

+

Premier article des antennes jaune en dessous, étsouvent par devant plus ou moins haut ; articles suivans en tout ou en partie ferrugineux en dessous. Abdomen ayant au moins 4 bandes jaunes. Pieds comme chez le mâle.

Je possède 23 mâles et 34 femelles de cette espèce.

Observation. C'est encore probablement à l'O. Parie- tum $ qu'il faut rapporter les citations suivantes :

10. vespa PaIMA, Sch@®ff. Icon. Ins. Ratisb, Tab. XXIV, fig. 2. VESPA PARIETINA. (Fab. Lin.) Panz. Icon. Ins. Ratisb. Enum. System. , pag. 36. ;

La figure de Schælffer représente un individu ayant des taches jaunes au chaperon, une ligne jaune scutellaire et cinq bandes jaunes minces et uniformes sur l'abdomen.

20, vesra sEcUNDA. Sch@ff, Ibid. , tab. XXIV, fig. 4,

d VESPA PARIETINA. (Fab, Lin.) Panz, Ibid, pag. 36.

| La figure de Schæffer représente un individu ayant la | To. mr. 4 | |

( 50 ) V tête toute noire; deux taches jaunes sur l’écusson, et cinq bandes jaunes, minces et uniformes sur l'abdomen.

6. O. TrirascrarTus &. .

Gastrothorace ruguloso-opaco ; primi segmenti abdominis parte antica basi utrinque sulcata, margine apicali prominulo ; parte postica dimidio circiter latiore quam longiore ; niger, anten- narum scapo subtus (et antice G'), capite thoraceque signaturis , abdomine fasciis 3 vel 4, femoribus anticis vel anterioribus apice, tibiis tarsisque flavis; bis interdum fuscis ; war sæpe nigro. maculalis.

Les variétés de cette espèce peuvent être réparties de la manière suivante : (oÿ

I. Fusciæ abdominales flaræ 3 Var. 1. VESPA GAZELLA. Panz. Fu. Germ. 56.-10,

IE. Fasciæ abdominales flavæ 4. Var. 2.

I. Fasciæ abdominales flavæ 3 «Var. 1. VESPA TRIFASCIATA, Fab. YESPA JUNGEA. Christ?

Il. Fusciæ abdominales flavæ 4. Var: 2, VESPA QUADRICENCTA. Fab. ?

La description de l'O. Parietum, page 17 21 est ap- plicable à celte espèce, sous le rapport des couleurs, sauf les restrictions suivantes :

da

Bordure jaune du prothorax souvent trés-mince, n’attei- gnant jamais les angles latéraux. Écusson sans taches ou. marqué de deux petites taches jaunes. Abdomen à 3 ou 41 bandes jaunes. Cuisses de derrière noires jusqu’au bout: !

-

er US

en =

pm

T4 PL. 1.

errreec del? A: Lessesr th.

(51) .

Chaperon noir avec 2 taches jaunes, ou entiérement noir. Trés-souvent une petite tache jaune contre chaque œil au-dessus du chaperon. Articles 3-12 des antennes tout noirs. Abdomen et pieds comme le mâle.

Je possède 7 mâles et 10 femelles de cette espèce.

Page 32. J'ai eu occasion de m'’assurer récemment que le mâle de l'O. Æntilope n'a pas toujours une tache jaune sur le dernier segment ventral; il conviendrait donc de retrancher de la diagnose spécifique ces mots : Mas ano subtus macula flava.

Page 39. Autant qu'on peut en juger par la figure, Je crois que c’est à l'O. Crassicornis qu'il faut rapporter la Vespa secunda Schæff. Icon. ins. Ratisb. Tab. XXIV, fig. 3.

Page 41, note 1. J'ai pris un autre mâle de cette es- pèce qui a effectivement le cinquième segment bordé de jaune.

EXPLICATION DES FIGURES.

Fig. 1. Premier segment de l'abdomen de l’0. OVIVENTHIS,

+ Partie antérieure (pars antica).

+ Partie postérieure (pars postica).

- Bord apical de la partie antérieure (margo apicalis partis anticæ). Pig. 2. Premier segment de l’abdomen de l'O. pariprun, Comme dans la fig. 1.

. Sillon de chaque côté de la bâse.

Mig. 3 Premier segment de l’abdomen de l'O, rrirasctaTUs.

Comme dans la fig. 2

RS SR SR o6s & 8 DvS 86

(52)

Électricité. M. Martens présente à l’Académie une notice sur la théorie de la pile galvanique et sur la manière dont elle opère les décompositions des corps. D'après l'au- teur , la cause du développement de l'électricité dans la pile galvanique ne saurait être attribuée uniquement à l’ac- tion chimique du liquide conducteur acide sur les corps métalliques et notamment sur l'élément zinc ; mais elle pro- vient aussi, en partie, de la force dite électromotrice, en vertu de laquelle les corps hétérogènes se meltent dans des étais opposés d'électricité par le seul fait de leur contact. L'auteur montre que la théorie voltaïque de la pile doit être admise concurremment avec la nouvelle théorie dite chi- mique , et que ces deux théories loin d’être contradictoires se concilient parfaitement entre elles, et avec les dernières expériences faites sur le développement de l'électricité dans les piles.

L'auteur examine ensuite les phénomènes qui accompa- ynent la décomposition des corps par les courans galvani- ques, et, par de nouvelles expériences, cherche à répandre un nouveau jour sur la question du transport des élémens du corps composé vers les pôles de la pile. D'après les expé- riences de l’auteur, ce transport ne serait qu'apparent et ne peut être convenablement expliqué que par la théorie des décompositions et récompositions successives donnée par Grothus; l’auteur éclaircit aussi par quelques expé- riences les phénomènes qui se présentent dans la décom- position d’un conducteur humide, interrompu par l’in- terposition de conducteurs métalliques, et rattache ces phénomènes à la question du #ransport des élémens du conducteur décomposé. Commissaires MM. Crahay et Cauchy.

Chimie. M. De Koninck, agrégé à l’université de

* *

(53 ) Gand, fait parvenir à l’Académie une notice manuscrite sur une nouvelle méthode de préparer la codéine , accom- pagnée de quelques considéralions sur la manière d'être des différens autres alcaloïdes dans l’opium et en parlicu- lier dans la narcotine.

Commissaires MM. Martens, Van Mons et Dehemptine.

Mollusques. M. Van Beneden, agrégé à l'université . deGand, présente un mémoire avec planches, sur un organe corné particulier, trouvé dans la bourse de pourpre d’une nouvelle espèce de Parmacella.

Commissaires MM. Wesmael et Dumortier.

Tératologie. L'Académie avait reçu , à la séance du 7 novembre dernier, un mémoire de M. le docteur Burg- graeve , professeur extraordinaire à l’université de Gand sur quelques monstruosités remarquables, l’auteur pré sente aujourd'hui la seconde partie de ce travail, sur les monstruosités humaines, considérées duns leurs rap- ports avec les lois de l’organogenie.

Commissaires MM. Fohmann, Dumortier et Kesteloot.

Géométrie. M. Le François, docteur en sciences, fait parvenir à l'Académie la première partie d’un mémoire sur les transformations stéréographiques des lignes du second ordre.

Commissaires MM. Dandelin et Quetelet.

Littérature ancienne. L'Académie a reçu aussi deux mémoires manuscrits sur la littérature ancienne :

L'un sur l'utilité de l'étude de la langue grecque, par M. Gobert-Alvin, officier de l’université de France etancien secrétaire de la société d’émulation de Cambrai ;

L'autre, écrit en latin, est intitulé : Commentatio histo- rico-critica in Lysiae orutionem funebrem , par M. Ber- nard , docteur ès lettres, professeur au collége de Louvain.

(54 )

Commissaires MM. Bekker et le baron De Reiffenberg.

Histoire nationale. M. Marchal lit la notice suivante sur l’inféodation de la Flandre, d’après des manuscrits de la Bibliothéque royale des ducs de Bourgogne :

« L'on a beaucoup controversé sur l'inféodation du comté ou marquisat de Flandre, par Charles-le-Chauve à Baudouin-de-Fer, gendre de ce roi et mari de Judith. Nous allons présenter ce fait historique sous un nou- veau jour, en étendant nos remarques sur la France tout entière, au lieu de nous restreindre aux limites de la Belgique moderne.

» Nous dirons d'abord que nous préférons l'expression Baudouin-de-Fer à celle de Baudouin-PBras-de-Fer , parce qu’elle traduit les mots latins Balduinus Ferreus, Balduinus Yserius (voy. MS. 134...); c'est aussi la tra- duction du flamand Boudewyn den Yzeren. Car la fable d’un combat de ce Baudouin avec le diable, d’où lui se- rait venu le surnom de Pras-de-Fer, est insoutenable.

» La Flandre n’est pas le plus ancien comté hérédi- taire de la monarchie franque, en la commençant à Bau- duin. Il y a d’autres comtés qui rivalisent d'ancienneté avec la Flandre; avant de le prouver, recherchons te qui a pu accréditer l'opinion commune : elle nous pa- raît le résultat peu réfléchi de ce qui est dit dans le texte du célèbre historien et jurisconsulte Wielandt rqui écrivail sous nos premiers archiducs.

» Voici le texte de Wielandt (MS. 4506 du XVIe sié- : « Flandre est la première inféodée et précède en » antiquités toutes les autres, ce qui se démontre par » les dates de leurs inféodations. Car Flandre fut inféodée » par Charles-le-Calve, Normandie fut long-temps de- » puis par Charles-le-Simple, Bourgoigne par Robert

(55) » Capet et autres tout longuement après inféodation de » Flandre. » (J’oir page 3 dudit manuscrit.)

» On s'aperçoit que Wielandt, qui écrivait dans un temps nos Souverains flamands étaient aussi puissans que les rois de France, ne fait attention qu'aux deux fiefs qui avaient encore alors un caractère souveraineté, la Nor- mandie, qui venait d’être reconquise sur les Anglais, et la Bourgogne que Louis XI avait réunie à la couronne. Comment Wielandt a-t-il omis la Bretagne, le plus an- cien et le plus puissant de tous les fiefs de France?

» Une ancienneté égale à l’inféodation de la Flandre estrevendiquée par les comtes de Toulouse, d'Auvergne, de Quercy, de Maine, d'Anjou, etc. Les maisons comi- tales s’y éteignent en plus ou moins de temps.

» Frédelon, comte de Toulouse- en l’année 850, a pour successeur Raymond I* son frère, qui, dès l'année 852, portait le double titre de comes et marchio, comme Baudouin-de-Fer, Arnoul et les autres comtes de Flandre. On trouve ce Raymond dans le texte du plaid général tenu à Crespian le 4 des ides de septembre, l'an XIII de Charles-le-Chauve. Ce plaid eut lieu en 851, si l'on calcule depuis l’an 838, date de l’avénement de Charles- le-Chauve en Aquitaine; et en 853 si c’est depuis la mort de Louis-le-Débonnaire. Ce comte est encore cité dans l'instruction d'Hincmar, concernant le divorce de la fille de ce Raymond avec le comte d'Auvergne.

» Tont ceci est prouvé au 1% volume de l’Æistoire de Languedoc, par Don Vaissette (Paris 1730), et par

- L'Histoire de Toulouse, de Catel, publiée en 1609.

» Depuis Frédelon jusqu’à la réunion du Languedoc à la couronne de France en 1270, il y a dix-sept comtes qui se saccèdent en ligne masculine bien constatée.

( 56 )

» Laissons l'Auvergne , le Quercy et d’autres comtés, pour nous occuper des deux comtés d'Anjou. Celui d'Ou- tre-Maine est administré, au temps de Gharles-le-Chauve , par Robert-le-Fort, descendant d'un comte, frère de Charles-Martel, et par conséquent Robert est cousin du roi. L'autre comté d'Anjou en deçà du Maine , est connu, comme tout ce. que nous avons dit, par l'Aré de vérifier les dates, par les Gesta consulum Andegavensium, par l'Histoire agrégative d'Anjou, imprimée en 1529. On y voit des foresliers anciens, toul comme en Flandre. Tertulle en était comte; il a pour successeur, en l'année 870, Ingelger son fils. Ce pays va, 300 ans plus tard, se confondre avec la domination normande des rois d'An- gleterre jusqu’à Jean-sans-Terre. |

» Quant à l'Anjou d'Outre-Maine, ce comté ira se confondre avec la domination capétienne de France qui règne en ce moment; en voici la preuve :

» On lit aux Annales de Metz (anno 861) : Carolus rex placitum habuit in compendio, ibique optimatum con- cilio Roberto comrrt ducatum inter Ligerim et Sequa- nam adversus Brittones commendavit. Ce Robert -le- Fort, en même temps duc de l'Ile-de-France, périt en l'éfhés 866 en combattant les Normands.

» Ainsi, il avait été chargé de la défense des côtes de- puis la Loire jusqu’à la Seine, deux ans avant que Bau- douin fût chargé de défendre celles depuis la Somme (et selon d’autres, depuis l'Oise, affluent de la Seine) jusqu'aux bouches de l'Escaut, chose d'autant plus im- portante à remarquer, que l’on voit le roi confier ses frontières occidentales et atlantiques à son cousin et à son gendre. Quelques années plus tard , il confia les pro- vinces du midi, Arles et la Bourgogne, à Boson son beau-frère.

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(57 )

» Get empiètement sur l’autorité suprême par des coni- mandans extraordinaires choisis parmi des alliés à la fa- mille royale, s’étendit insensiblement en France occiden- tale , en Germanie, en Italie, à des collatéraux plus éloi- gnés et à des étrangers. Les désordres qui suivirent la mort de Charles-le-Chauve et surtout sous Charles-le-Simple, dont le règne dura de l'an 893 à 936, pour le malheur de la France, affermirent les successibilités comitales , et, par conséquent, les grands vassaux.

» Au temps de Charles-le-Chauve, Compiègne était sa cité de prédilection : il la fit appeler Carlopolis. (Foy. MS. 7360.) Nous en parlerons plus loin.

» Robert-le-Fort avait sa domination sur la ville de Paris, dont la position dans des îles près de la Marne, de l'Oise et de l'Yonne, était une des clefs de la France. Eudes, fils de Robert-le-Fort, fut roi; un autre Robert, frère d'Eudes, et Hugues-Capet, petit-fils de ce dernier Robert, sont avec lui les chefs de la dynastie royale an- gevinne ou capétienne, que l’on fait commencer vul- gairement à Hugues-Capet.

» Venons à l'inféodation de la Flandre. Nous allons re- connaître que tout porle à croire que Baudouin-de-Fer n’en fut pas le premier comte , mais le troisième. La généalogie sommaire des comtes de Flandre, 7708, MS. du XII 2 sié- cle, le dit formellement : Anno 792... Karoli Magni 24°, Lidricus Harlebeccensis videns Flandriam incultam ac nemorsam , occupavit eam, hic genuit Ingelramnum comrrex (et non Zugelrannum, comme l'écrit D. Bouquet, tom. VII). Zngelramnus genuit Audacrum , Audacer genuit Balduinum Ferreum. Le MS. 7299 en est la ver- sion française, intercalée dans une chronique plus détail- lée, aussi du XIL4 siècle. On ne peut reconnaître lequel

( 58) des deux est l'original. Le texte ajoute au comte Ingelramne ces mots : « Engherand 11 conte très vaillant home et » hardi et plain de forches.» Le titre de comte dans ces deux textes n'est pas donné à Lidric mais à Ingelramne, le second de la généalogie, donc Lidric n'était pas comte : Ja phrase explicative de la version française LI GOMTE TRÈS- VAILLANT, etc., s'appuie en quelque sorte sur cette opi- nion et la démontre.

» Le MS. latin 13413... , intitulé : Vofabilis chronica , du XV ; siécle, intercale aussi le texte de Ja généalogie 7259 : nous l'avons encore retrouvé ailleurs, ce qui prouve qu'on y ajoutait foi et qu'Ingelramne est évidemment le premier comte.

» Remarquons qu'il ne faut pas le confondre avec un autre comte Ingelramaus, de la fin du règne de Charles- le-Chauve, et du temps de ses premiers successeurs : ce serait comme si l’on confondait l’aïeul et le petit-fils,

La fameuse chronique deS!'-Bavon, MS. 10489,recon- naît , à l'an 864, Audacer pour le second comte; en voici la preuve que nous extrayons de ce manuscrit célèbre, mais qui n’est qu'une compilation pleine d’anachronismes pour les temps antérieurs à ses derniers rédacteurs, com- pilation que ceux-ci avouent eux-mêmes. |

» La chronique, conforme à la généalogie 7259 et au texte latin, place Lidric à l'an 792, mais elle en fait un dixième forestier sans rien préciser sur ses ancêtres : elle indique sa mort à l'an 835, mais désigne vaguement à l'an 844 une autorisation accordée par l'abbé de S'-Bavon , el avant cette date, àce Lidric et à Ingelramne pour chasser dans une forêt abbatiale. La chronique raconte, à l'an 847, le premier mariage de Judith avec le roi anglo-saxon Etuelwolf. Cet événement très-connu est de l'an 858.

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. . .

(59 }

» La chronique dit, à l’année 862, qu'elle fut en- lexée par Baudouin; mais à l'an 864, le texle ajoute : Audacer comes Harlebeccensis obiit, Balduinus filius ejus succedens Judith... desponsavit. Ge même texte dit, à l'an 867 : Carolus dedit consensum in matrimonium Judith, filiæ suæ cum Balduino et fecit eum comitem uk Flandriam in perpetuam hereditatem obtineret.

» Les précieuses annales bertiniennes, MS. du X®° sié- cle, ne se prononcent que sur Baudouin-de-Fer, parce que c’est une histoire générale; tandis que les annales d’Ype- rius , abbé de St. - Bertin, MS. du XV : siècle, et d’autres répétent, comme la généalogie ci-dessus : Balduinus Ferreus, filius Odaceri filii Ingelramni, filii Liede- riei qui dono Caroli Magni Flandriam primus obti- nuit.

-im: Ainsi on reconnaît qu'Audacre, père de Baudouin, était comte ‘avant lui, ce qui concorde avec les autres textes. Quant aux années antérieures au rapt de Judith, je ne vois que contradiction dans la confrontation des plus anciens textes, tout en retrouvant la généalogie des trois comtes dans ces mêmes textes.

« Quant à Baudouin, la chronique bertinienne du X®° siècle lui donne, à l’enlévement de Judith, le titre de comitem ; donc il était comte avant cet événement.

Mais le crime de l'enlèvement lui fait perdre mo- mentanément cette dignité; ainsi lorsque le pape Nicolas [°* écrit au roi en sa faveur, ce pontife se sert de l'expression : Baldwinus vassalis vester, et non point de celle : fidelis vester, selon le formulaire de ce temps, et encore moins : comes vester. On sait que Baudouin fut poursuivi en vertu du texte canonique : «93 quis viduam rapuerit:» Mais onme connait pas généralement le 34% capitulaire, de

( 60 ) l'an 862, portant, à l’article 5, une commination contre lui : Bauduinus filiam nostram.….. viduam sibi furatus est in uxorem, le capitulaire ne dit point : Balduinus comes ; donc il était suspendu de ses fonctions.

» L'outrage ressenti par le roi était d'autant plus grand que le synode de Kiersy, tenu en 857 (c’est-à-dire 4 à 5 ans auparavant), prescrivait: Sancti moniales….vinuÆ.…. nullomodo opprimantur....… ab episcopis, GomiriBus re- galiter subleventur.

» Le parlement de Piste, tout-à-fait contemporain de la date de la réconciliation, peut-être même antérieur , si l’on suit la chronique de S'-Bavon, porte : de viduarum causis… et summo opere de ruptoribus….. viduarum..... comitibus inquirantur.

» La réconciliation se fit à Auxerre. Il faut remarquer que Conrad [*, comte d'Auxerre, était frère de l'impé- ratrice Judith, la mère de Charles-le-Chauve ; ainsi l'in- fluence de cet oncle maternel peut avoir contribué à rétablir la paix dans sa famille.

» Baudouin, après sa réconciliation, eut le commande- ment du pays, depuis la Somme jusqu'aux bouches du Swyn et de l’Escaut, chacun le sait : il séjournait fré- quemment à Bruges. Après être réintégré in honores, selon les textes connus , il jouit, sans doute, de toute la confiance de son beau-père, car dans le fameux capitulaire consenti par les seigneurs français à Kiersy, en 877, lors- que Gharles-le-Chauve allait partir pour l'Italie, un conseil de régence fut nommé pour l'héritier de la couronne; ce conseil se composa de quatre évèques, de trois abbés et de quatre comtes; Baudouin-de-Fer est au nombre de ces derniers. Nous remarquerons ici, d’après un volume de la Record’s commission que la Bibliothéque cottonienne de

EP PS

(61 )

Londres renferme des actes diplomatiques du régnede Char- les-le-Chauve. On présume qu'ils furent importés en Angle- terre au temps des invasions des Normands: peut-être, en les consultant, on résoudrait plusieurs problèmes historiques.

» En terminant cette notice, nous dirons que le règne de Charles-le-Chauve est l'époque de la transilion de l'histoire des premiers Francs à l’histoire moderne. Charles, privé de son père à l’âge de 15 ans, se trouva abandonné à son inexpérience au milieu d’évèques, de comtes et d’un grand nombre d’abbés laïques, qui confon- daient les pouvoirs spirituels et temporels. Nous avons dit qu'il résidait de préférence à Compiègne, qu'il fit ap- peler Carlopolis, et qu’il recommanda à son successeur par ledit capitulaire de Kiersy. Depuis soixante ans, le mo- narque avait préféré le séjour d’Aix-la-Chapelle, ville allemande; sous Charles-le-Chauve , la noblesse gauloise se rallia pour former insensiblement la nation française moderne ; mais les évêques, devenus les arbitres du prince sous Louis-le-Débonnaire, empiètent chaque jour. Charles souffrit qu’un concile fût convoqué à Melz, en 869, sans son aulorilé, pour procurer la paix entre ce prince, roi de Lorraine, et Louis-le-Germanique; il souffrit encore que le pape Jean VIIT le couronnât dans Rome, non comme Charlemagne , mais comme un vassal : exemple funeste dont un prince flamand, en Espagne, Ferdinand, frère de Charles-Quint, affranchit l'empire. La mort de Charles laissa la monarchie française dans un désordre qui a plus contribué que le capitulaire de Kietsy à l'indépen- dance des grands vassaux.

». Ce temps est celui de la plus honteuse immoralité : le Roi Lothaire, neveu de Charles, se divorce avec Thietberg pour épouser Valdrade, sa concubine. Thictherg s'accuse

(62) d’inceste avec son propre frère. Les archevêques de Cologne et de Trèves favorisent ce scandaleux divorce, qui trouble la Lotharingie dans la même année de l’enlévement de Judith dans la France occidentale.

» Celle-ci est enlevée par un comte, chargé de faire res- pecterleslois protectrices des veuves, ce qui prouve qu’alors le faible ne pouvait qu’à peine être défendu contre la brutalité du plus fort. Six ans auparavant, cette même Judith, à peine arrivée en Angleterre avec Ethelwolf, son mari, a un commerce incestueux avec Ethelred, fils de ce roi ; les historiens n’osent pas assurer qu’elle se remaria avec lui après la mort d'Ethelwolf. Enfin Charles-le-Chauve donne une abbaye et d’autres propriétés à Boson, frère de Richilde, pour en faire sa concubine (MS. 7360, fol. 215). Carolus certo nuntio comperto obiisse Hermitrudam uxorem suam, sororem PBosonis nomine Richildem , moz sibiadduci fecit et in coneubinam accepit. Qua de re eidem Bosoni abbatiam sancti Mauritii cum aliis honoribus dedit. In die festivitatis septuagesimæ præ- dictam concubinam suam Richildem desponsavit atque dotatam in conjugium duxit. » «

Antiquités nationales. M. l'abbé de Nélis a présenté dans le tom. 1°" des mémoires de l’ancienne Académie de Bruxelles, des réflexions sur un monument du Tournaisis appelé vulgairement la pierre de Brunehaut. L'Académie a reçu un nouveau mémoire sur ce monument, par M. Pi- card, ancien conseiller et maître de la cour des comptes sous le Gouvernement autrichien. L'auteur de ce travail s’est attaché à recueillir tous les documens relatifs à la pierre de Brunehaut , et il compare ce monument, qui n'existe plus depüis quelques années, aux monumens sem- blables qui se trouvent dans d’autres pays, il examine aussi

Cotes. i << ule

D PU TE Ê

(65 ) les divers systèmes sur l’origine de ces antiquités et discute leur valeur.

Mollusques. M. Cantraine, correspondant de l’Aca- démie , dépose une notice sur le genre Truncatella établi par Risso sur le Cyclostoma truneulatum de Draparnaud, et sur les changemens que l'age fait éprouver à cette es- pèce, changemens qui ont porté le même Risso à établir le genre nominal Fidelis dont l'unique espèce mentionnée par lui, F. Theresa, n’est que le jeune âge de l’espèce de Draparnaud. Il sera donné lecture de cette notice à la pro- chaine séance.

Températures terrestres. M. Quetelet commence la lecture de la seconde partie de son mémoire sur les varia- tions diurnes et annuelles de la température, et en par- tieulier de la température terrestre à différentes profon- deurs. L'analyse de cette seconde partie du mémoire sera donnée dans le prochain bulletin.

Le secrétaire distribue aux membres présens | /nnuaire de l'Académie pour 1836. Cet opuscule renferme, cette année , le catalogue général de tous les mémoires publiés par l’ancienne el par la nouvelle Académie de Bruxelles.

L'époque de la prochaine séance est fixée au samedi 5 mars.

OUVRAGES PRÉSENTÉS.

Jahres berichte der Kôniglich Bayer’schen Akade- mie der Wissenschaften, 15%*, 2ter und 3t, bericht, München. à

Abhandlungen der mathematisch - physikalischen classe der Koniglich Bayerischen Akademie der Wis- senschaften, 1°*% band, München, 1832.

( 64 )

Progranime des cours de l'université de Liège, pen- dant le semestre d'hiver, 1835-1836.

Annuaire de l'observatoire de Bruxelles pour 1836, par Quetelet, in-18. dl

Bulletin de la société géologique de France, L. VL, feuilles 12 à 20.

Supplément au bulletin de la société géolog. de France.

Observationes ad pharmacopeam Belgicam , auctore J. L. Franquinet , Maestricht, in-8°, 1835.

Berliner astronomisches jahrbuch fur 1837, Berlin, 1835, in-8°,

Collection des chroniques Liégeoises , par M. Polain, 1 vol. in-8°, 1835.

Essui sur les corps étrangers développés spontané- ment dans l'articulation femoro-tibio-rotulienne, par M. Decaisne, broch. in-8°, 1835.

Bulletin de la société de médecine de Gand, feuilles 11et12,;aveci planche.

Essai sur la culture, la chimie et le commerce des garances de Vaucluse, par J. Bastet, livraison, broch. in-octavo , Orange.

Tableaux synoptiques du droit privé, par M. Blon- deau , in-4°, Paris, 1818.

Chrestomathie ou choix de textes pour un cours élémentaire de droit privé des Romains, par le même, 1 vol. in-8°, 1833.

Esquisse d’un traité sur les obligations solidaires , par le même, 1 vol. in-8°, Paris 1819.

Essai sur quelques points de législation et de juris- prudence , par le même, 1 vol. in-8°.

Constitutiones de processu juris , par le même, 1 vol. in-8°,

vr.

(65 )

Inventaire ou cataloque des livres de l'ancienne hibliothéque du Louvre, fait en l’année 1373, par Gilles Mallet , etc., avec des notes historiques et critiques. 1 vol. in-8°, à Paris chez De Bure frères, 1836.

Notice sur un nouveau moyen d'appliquer la vapeur à l'épuisement des eaux et à l'aérage des travaux dans les mines, par A. Devaux, broch. in-8° avec planche, Liége , chez Avanzo, 1836.

Philippi Bernard commentatio historiço-critica de archontibus reipublicæ atheniensis, in-4°. Lovanii 1835.

Compte rendu des travaux de la société phylotechni- que , par M. le baron de la Doucette ; séance du 29 novembre 1835, broch. in-8° 1835.

Fautes essentielles à corriger dans le Bulletin précédent .

Page 9 , dans la note, au lieu de: page 295, lisez : page 205. 10, ligne 10 , au lieu de : 7 mai 1832, lisez: 7 mai 1833. 10, ligne 13, au lieu de : 20 janvier 1832, lisez : 20 janvier 1833

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BULLETIN

DE

L’ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES

ET BELLES-LETTRES DE BRUXELLES.

1836. 5.

Séance du 5 mars.

M. le baron De Stassart, directeur. M. Quetelet, secrétaire perpétuel.

CGORRESPONDANCE. &

Le secrétaire annonce qu'il vient de recevoir les trois derniers volumes des mémoires publiés par l'Académie royale des sciences de l'institut de France.

M. Van Mons écrit à l’Académie pour lui communiquer les détails de quelques observations faites au moyen du microscope de Cary , en éclairant les objets par l'hydrogène en contact avec la chaux vive.

M. Dumortier présente :

De la part de Me M. A. Libert de Malmédy, l’em-

preinte d’un anneau de chevalier romain, trouvé dans les “hautes fagnes des environs de Spa.

- 2 De la part de M. De Cloet , treize médailles en or, ar- gent et bronze, trouvées dans les environs de Freyr, pro- -wince de Namur. | To. nr. 6

(68 ) M. Dumorlier fait observer ensuite que c’est par crreur

._ qu'il a été dit dans le bulletin précédent que la pierre de Brunehaut, dans les environs de Tournay, a été détruite.

A l'occasion des médailles envoyées à l’Académie par !

M. De Cloet, M. Van de Weyer rappelle qu'en 1829, il adressa un mémoire à la régence de la ville de Bruxelles sur la nécessité de créer un cabinet de médailles. Ce mé- moire fut pris en considération par la régence , qui nomma une commission composée de trois membres (1), chargée de la composition de cette collection. Une somme de mille florins fut affectée annuellement à ce nouvel établissement. De nombreuses acquisitions furent faites en conséquence. M. Van de Weyer soumet à l’Académie l’idée de proposer à la régence de réunir les médailles achetées pour la ville à la collection que fait l’Académie. : | |

M. Cornelissen fait hommage à l'Académie; “de la sen de M. Drory, directeur à Gand de la con ra 225148 sociation , 'un exemplaire de la gravure qui représente un des deux établissemens de Gand. Il offre cette pièce non comme objet d'art, mais Comme un dés premiers mo- dèles des établissemens pour l'éclairage construits dans ce royaume sur une grande échelle,

COMMUNIGATIONS.

Arc-en-ciel par un temps serein.— Il est donné dec-

ture d’une lettre de M. l’astronome Wartmann, concernant «

l'apparition d’un arc-en-ciel par un temps serein, observé à Genève, le 12 du mois dernier.

Ce phénomène météorologique s’est montré vers 10 «

(1) MM Jules de Wellens, Braemt et Van de Weyer.

(69 ) heures et cinq minutes du matin, par un ciel très-pur et sans nuage. « Je vis, presqu'a mon zénith, dit M. Wart- mann , et au nord-ouest du soleil qui brillait de tout son éclat, un arc lumineux présentant d’une maniére dis- tincte toutes les couleurs de l'iris : il était parfaitement circulaire, embrassait une étendue d'environ 100°, et ses branches étaient situées non dans le sens vertical mais parallèlement à l'horizon. Le soleil, loin d’en occuper le centre, se trouvait placé en dehors, vis-à-vis de la con- vexité, à une distance d'environ deux fois et demie la longueur de la corde qui soutendait l'arc. En ce moment l'air était calme, à peine une légère brise se faisait sen- tir dans la direction du nord-est; le thermomètre centi- grade marquait à l'air libre—0°5, l'hygromètre de Saus- sure 85° et le baromètre 0736. Plusieurs personnes virent le phénoméne comme moi et avec les mêmes cir- constances que je viens de rapporter. Pour m'’assurer si ce singulier arc-en-ciel, qui n'avait aucunement la forme d'un halo, ne se irouvait pas accompagné de quelque parhélie , j'examinai avec attention le voisinage du soleil, mais je ne vis nulle part la réflexion du disque solaire. À 10 heures 45”, le phénomène avait complétement cessé et le ciel était toujours très-pur; à 11 172 heures, de légers nuages se promenaient dans les régions supérieures de l'atmosphère, et dés l’aprés-midi, le ciel fut couvert. On _ doït remarquer que pendant la durée du phénomène, le ciel est resté parfaitement translucide; ce qui contredit Vopinion reçue que les halos et les arcs-en-ciel n’ont ja- mais lieu par un temps serein, On sait, du reste, que les vapeurs d'eau peuvent exister dans l'air à l’état de ésicules si ténues qu'elles n’en altèrent nullement la

diaphanéité. »

(170 )

Auütre météore lumineux. I est aussi donné lecture d’une lettre sur un météore lumineux, écrite de l'Amé- rique du nord (Missouri, université de S'-Louis ), et com- muniquée par M. Maas, professeur au collége d’Alost. Ce météore fut aperçu le 17 novembre dernier , à six heures du soir , immédiatement aprés la chute du crépuscule et vers la partie boréale de l'horizon. « Il se composait de deux bandes lumineuses d’une lumière argentée sans au- cune ressemblance avec la lumière jaunâtre ou rougetre des aurores boréales. Les deux branches de la bande la plus élevée au-dessus de l'horizon, se courbaient visiblement en hyperbole dont l'axe faisait un certain angle avec la ligne menée du sommet de la courbe à l'étoile polaire. Les deux branches de l’autre bande lumineuse, de largeur variable dans leurs différentes sections, ne formaient pas de courbe bien déterminée. Au contraire, en faisant ab- Straction de leurs irrégularités, l’axe en paraissait plutôt être une droite parallèle à la tangente menée au sommet de la courbe. La lumière totale du phénomène était assez éclatante pour produire de faibles ombres des corps ter- restres, semblables à celles que produisent les planètes Vénus et Jupiter. Les parties des branches les plus in- tenses en lumière étaient celles qui se trouvaient à peu près également éloignées des extrémités visibles et du som- met de la courbe. Les étoiles qui étaient dans les direc- tions de ces bandes lumineuses étaient totalement échipsées, et l'on ne pouvait découvrir que celles qui se trouvaient sur les bords des branches. À 6 heures 174, le phéno- mêne changea d'aspect; la branche ouest intérieure qui avoisinait le carré de la grande ourse , se rapprocha de l'axe de la courbe, au point de se trouver dans le ver- tical mené par le carré de la petite ourse ; la branche es

(71)

se releva aussi, mais beaucoup moins que sa correspon- dante..Le phénomène étant établi, ces branches formaient plutôt une parabole qu'une hyperbole. L'axe de la courbe se confondit avec la ligne menée du sommet à l'étoile polaire. Les deux branches de la bande extérieure se re- levèrent aussi un peu au-dessus de l’horizon, et leur direction ne parut plus être une droite, mais une courbe tangente au sommet de la parabole.

» À six heures et demie cette dernière apparence chan- gea aussi, et le phénomène redevint ce qu'il avait été en premier lieu, pour reprendre de quart d'heure en quart d'heure les mêmes formes alternatives. Ces sortes d’on- dulations pouvaient être aisément suivies à l'œil; elles s'opéraient avec uniformité de mouvement. Le phénomène disparut vers les huit heures, en laissant une bordure sur l'horizon , dont la lumière était évidemment la même que celle qui avait caractérisé les branches. Ce singulier spec- tacle s’est montré de nouveau vers les dix heures du soir. Quoi qu'il en soit, si l’on prend en considération la nature de la lumière du phénomène, et la direction des courbes qu’il a présentées, pour les comparer à ce que l'on observe généralement dans les aurores boréales , il ne me paraît pas qu’il y ait relation entre ces deux faits phy- siques. »

Observations météorologiques du même jour.

BAROM. THERM.DUBAR. THERM,EXT, ÉTAT DU CIEL.

P. À, F. F. 5h. du m. 29,188 49,1 26,0 : Nuag. D © 29,200 50,0 30,6 Soleil. Midi 29,126 58,4 46,3 » 3 h. du 8. 29,041 59,6 56,6 »

0. » 29,064 56,0 41,8 Clair.

(72)

Aurore boréale. M. Maas ajoute aux renseignemens précédens, qu’il a observé lui-même à Alost, le 18 novembre dernier, une aurore boréale. M. Quetelet fait connaître qu’il a observé également à Bruxelles cette même aurore boréale, qui était très-faible. Sa direction élait celle du NO—NNO ; le baromètre marquait 752,49, le thermo- mètre extérieur + 10°2 cent. et l'hygromètre de Saussure 84. Cette aurore boréale a être visible pour beaucoup d’autres lieux, car M. Quetelet a reçu, depuis, une lettre d'un gentilhomme anglais, M. Foster, auteur de plusieurs ouvrages sur la météorologie, et qui l'a observée de son côté à Aix-la-Chapelle.

Statistique. M. De Reïffenberg avait dit, dans la seconde partie de son Æssai sur la statistique ancienne de la Belgique, que ce fut en 1786 qu'on publia, pour la première fois, à Bruxelles, des listes de naissances, de mariages et de décès. Il écrit à l’Académie qu'il s’est assuré que cet usage était établi antéricurement dans d’autres villes, du moins à Louvain et à Malines, puis- que déjà en 1752 on y faisait connaître, par la voie de l'impression, les mouvemens de la population. Un de ces almanachs de Louvain, ornés de chroniques et d’autres renseignemens qui les font rechercher des curieux, pré- sente, pour 1752, un tableau des baptêmes, mariages et décès dans les différentes paroisses, ainsi qu’à l’hôpi- tal de ces deux villes. Voici ce tableau pour Louvain :

Paroisse de Saint-Pierre.

Décès de personnes faites . . . . 49

A DANS Ne LP. de Ve ee CR Mano... : el 0 OR Baptèmmes : 02 . .-oes .,.41M

(75 ) Paroisse de Saint-Quentin.

Décès de personnes faites .

21

d’enfans. 80

Mariages. 17.

Baptêmes 89 Paroisse de Saint-Jacques.

Décès de personnes faites 27 d’enfans. 70 Mariages. 25 Baplèêmes . 100 Paroisse de Sainte-Gertrude. Décès de personnes faites pt 3 7 | d’enfans. 45 Mariages. 17 Baptêmes. 85 Paroisse de Saint-Michel.

Décès de personnes faites . 33 d'enfans 62 Mariages. (020 Baptèmes . 137

à Hôpital. Décès. 49 Baptèmes . 583 Toraux. . { Décès. . b40 Mariages. . 117

(74)

Histoire littéraire, Les bibliographes ne rangent point parmi les ouvrages de Miræus un écrit de peu d’éten- due, dont la bibliothéque de l’université de Liége pos- sède un exemplaire. Ce sont sept feuilles in-4°, impri- mées d’un seul côté, et contenant une division de la Gaule belgique; 2°. un tableau des voies militaires ro- maines dans la Gaule belgique, d’après l'itinéraire d’An- tonin et la table de Peutinger; les dignités tant civiles que militaires, dans la Gaule belgique, tirées de la Notice de l’Empire, enfin 4 une note sur les anti- quités romaines de Bavai; à la fin on lit : 4. Miraeus Brux. publicabat. G. Estrix approbavit.

L’exemplaire de la bibliothéque de Liège, le seul que nous connaissions, porte celte note manuscrite :

ic tractatus sew opusculum non videtur fuisse publici

Juris factus; imo hoc solummodo forsitan exemplar im-

pressum pro tentamine, et cum intentione authoris multa

suo tempore, utpote notas, adjiciendi, cum folia ab uno dumtazat latere sint impressa , nec V'alerius Andreas alii- que authores bibliothecarii ullam hujus opusculi inter opera

Miraei faciant mentionem.

Jois Danielis de Riemes Sti Barth. Leod. Cunci. 1714.

Cette conjecture a de la vraisemblance, cependant il se pourrait que celte brochure fût l'explication de la carte de Pyrrhus Ligorius dont parle Paquot , éd. in-fol., pag. 38, 41 : Galliæ Belgicæ sub Imperatoribus Romanis et viarum in ea militarium typus. Ant.,

1630, fol.

LECTURES,

Température terrestre. M. Quetelet termine la lec-

(75)

ture de son mémoire sur les variations diurnes et an- nuelles de la température , et en particulier de la tem- pérature terrestre à différentes profondeurs. Voy. t. IT, p- 354. L'auteur expose d’abord les principaux résultats de la théorie analytique de la chaleur dans ses rapports avec la physique du globe , et il les compare ensuite à ceux que l'expérience a donnés pour le très-petit nombre de lieux des observations suivies ont été faites, dans la vue de déterminer les variations des températures terrestres.

On sait que ces variations sont de deux espèces : les unes sont diurnes, et dans nos climats, elles n’exercent leur influence que jusqu'à un mètre de profondeur environ; les autres sont unnuelles et produisent des effets sensibles jusqu’à plus de 20 mètres de profondeur; c’est-à-dire que les profondeurs s'éteignent ces variations sont comme les racines carrées des périodes de temps pendant lesquelles elles s’accomplissent.

On peut dire que jusqu’à présent il n’existe pds une seule série d'observations régulières sur les variations diurnes du thermomètre au-dessous de la surface du sol. Cette lacune dans la science peut tenir à l’assujétissement qu'imposent des observations faites la nuit et le jour, et à des heures très-rapprochées. Le désir de combler cette lacune a porté l’auteur à entreprendre la pénible tâche d'observer une série de huit thermomètres nouvellement placés à l'observatoire à la surface du sol et au-dessous de cette surface jusqu’à la profondeur d’un mètre. Ces ther- momètres ont élé construits avec le plus grand soin par M. Saigey, physicien français qui s’est occupé lui-même de la théorie des températures du globe.

Quant aux variations annuelles, ce sont spécialement celles que M. Quetelet a cherché à déterminer dans son

(76 )

mémoire. Il a employé à cet effet huit thermométres à

esprit de vin dont la boule du plus long descend jusqu’à

24 pieds au-dessous de la surface du sol. Les observations ont été commencées en 1834, et les résultats de chaque

jour seront imprimés dans les annales de l’observatoire , quand les fonds de cet établissement permettront d’en:

reprendre la publication. Le mémoire présenté à l'Acadé- mie donne les résuliats généraux des observations de cha: que mois, pour les différens thermomètres. |

Les seules séries d'observations de ce genre qui aient été publiées jusqu’à ce jour, c’est-à-dire celles de Zurich, d'Édimbourg, de Strasbourg et d'Upsal en Suéde (1), n'ont

point été discutées ei n’ont pas subi une correction impor-

tante qui est relative à la différence de température que présentent généralement la tige et la boule du thermomètre quand elle descend un peu avant en terre.

Dans les observations de Bruxelles, on a tenu compte de cette correction, et les résullats corrigés sont donnés dans des tableaux particuliers dont le suivant est extrait.

Excès du maximum sur le mini- mum de température annuelle

d’après l'observation.

TIERMOMÈTRE, 1834 1835 À 0,52:pied de profondeur. . . : 13,44 12,10 1,70 E RER 11,54 2,31 # HAE PRES 10,38 3,08 ès suohçoles,7 9,64 6,00 "s l'onvs. ein 7,00 12,00 ee ssnae s je ANR 4,33 24,00 ms, mean 1,51

(1) On ne parle pas ici de la belle série d'observations de M; Arago

(77)

Or, la théorie indique que l'excès du maximum sur le minimum de température doit décroître en progression géométrique, tandis que l'on s’abaisse au-dessous du sol suivant une progression arithmétique. Pour juger si la théorie était ici d'accord avec l'expérience, on a pris les indications de deux des sept thermomètres précédens, et l'on a calculé quelles devaient être les températures indi- quées par les cinq autres thermomètres. Le calcul a donné les valeurs suivantes, près desquelles on a placé les écarts

des observations.

Excès du mazi- Ecart de l’observa- mum sur Le mi- tion et du calcul. nimum d'uprès Le calcul.

|

a 1834 1835 1834 : 1835

THERMOMÈTRE, Su À 0,52 pied de profondeur . . 130,75 12,10 00,31 0o,00 0,70 . 12,26 10,90 + 0,30 + 0,64 2,31 . . 11,55 10,32 0,05 +0,06 3,08 .. 10,72 9,64 + 0,06 0,00 6,00 2 EL 7,44 0,53 0,44 12,00 _ .. + 4,50 4,37 + 0,16 0,04 24,00 25 P #15 340 1,551 0,10 0,00

On voit que les résultats observés s'accordent d’une ma- nière très-satisfaisante avec ceux donnés par le calcul, sur- tout si l’on considère que les thermomètres peuvent avoir éprouvé de petites variations dans les points fondamentaux de leur échelle. Les formules qui ont servi au calcul sont les suivantes :

log. À, 1,16029 0,04226 p. log. A, 1,10281 0,03849 p. ee vue LOU PORE DNS | OS

dont nous ne connaissons malheureusement que quelques résultats cités dans la Théorie mathématique de La chaleur par M. Poisson; qui vient de paraitre.

(78)

p désigne la profondeur en pieds et A l’excès du maximum sur le minimum de température centigrade pendant l’an- née. Get excès varie d’une année à l’autre dans des limites étroites, et les constantes de la formule varient nécessai- rement en même temps. En faisant p 0, on devrait avoir la variation annuelle de température à la surface de la terre ; or, ici la variation donnée par le calcul est nota- blement plus petite que celle donnée par l'expérience; le contraire a lieu à Paris, d’après les résultats des calculs de M. Poisson comparés aux observations de M. Arago. Gette solution de continuité tient, sans aucun doute, d’un côté à l'exposition des thermomètres et à la conductibilité du ter- rain pour la chaleur, et de l’autre aux heures des observa- tions qui compliquent, dans le voisinage du sol, les varia- tions annuelles de l'effet des variations diurnes. Mais, dans l'intérieur de la terre , le calcul est fort bien d’accord avec l'expérience. On voit que les limites dans lesquelles varie la température annuelle se resserrent trés-rapidement avec les profondeurs : à 24 pieds au-dessous du sol, par exemple, la variation annuelle n’a plus été que de 40 environ; et les écarts de cette moyenne n’ont été que d’un dixième de degré. Les formules données plus haut montrent que l'excès du maæimum sur le minimum de température

A LA PROFONDEUR DE

EE nest plus que de : d’après 1834, d’après 1835. 10.00 centigr. 27.5 pieds. 28.6 pieds. 00.10 51.1 54.6 00.01 74.8 80.6

Ainsi, les oscillations des températures pendant le cours de l’année ne tombent que dans les centièmes de degré à

(079 ) la profondeur de 60 pieds; ce résultat s'accorde fort bien avec les résultats observés dans les eaux d’un puits de l’ob-

servatoire qui descend à plus 60 pieds au-dessous du

sol. Les observations faites aux différens mois de l’année n'ont pas en effet donné un dixième de différence en tem- pérature, pendant tout le cours de 1834 et 1835,

Ces nombres, comparés à ceux que M. Quetelet a déduits par le calcul de toutes les observations connues jusqu’à présent, et qui ont rapport aux températures terrestres, donnent les résultats suivans :

Profondeur à laquelle les plus grandes os- cillations des températures annuelles ne sont plus que de :

ER

——— 10,00 00,10 00.01

Edimbourg. . . . . : 6.19 11m,99 17m,78

Dhs 40. Re - pe dis 8:45 14.14 20.91 RE M ol de ec UPUERZ 15.54 22.44 Strasbourg . . . . . . 19.73 17.58 25.43 Parent 210540 S141n210.48 15.80 22.40 Bruxelles 2. ..1.:.,.. .: 9,91 17.08 25.25

MoYENNE . . « . . 8.55 15,35 22.37

Au milieu des petits écarts qui tiennent surtout à la ma- nière dont Les thermomètres sont exposés à l’action des tem- pératures extérieures , il paraîtrait assez que les variations annuelles pénètrent moins profondément en terre à des la- titudes élevées ; dans nos climats, on peut estimer, d’après les observations de Zurich , de Strasbourg, de Paris et de Bruxelles, que les variations sont à peu près éteintes à 24 mètres. de profondeur, puisqu'elles n’y sont plus que d’un centième de degré; et les plus grands écarts de cette moyenne ne sont que d'un mètre et demi.

( 80 )

11 résulte de que l’action de la variation diurne est à peu prés insensible à la profondeur de 1°,25.

La détermination des époques des maxima et des mi- nima de la température annuelle présente de grandes diffi- cultés, dans le voisinage de la surface de la terre : les variations diurnes viennent en effet se mêler aux variations annuelles , il arrive d’ailleurs souvent que la température maximum minimum, à une certaine profondeur, se trouve être le résultat de plusieurs maxæima ou minima observés à l'air libre, et qui se sont succédé de manière qu'il serait impossible de préciser l'époque que l’on pour- rait considérer comme appartenant à leur résultante. Cette incertitude devient d'autant moindre qu’on opère sur les résultats d’un plus grand nombre d'années. À Bruxelles, par exemple, on peut prendre pour point de départ le 15 jan- vier et le 20 juillet pour les époques du minimum et du maximum de température à l’air libre. Quand on descend ensuite à des profondeurs plus grandes, la courbe des températures procède d’une manière plus régulière et per- met de mieux apprécier les instans de ses plus grandes excursions. Cependant, à ces profondeurs, la température, quand elle est près d'atteindre son maximum ou son mini- mum, varie si peu , que le thermomètre est à peu près sta- tionnaire pendant plusieurs jours. On sait en eflet que la différence de la température actuelle à la température moyenne augmente proportionnellement au sinus du temps écoulé depuis l'instant cette température moyenne avait lieu.

Dans les résultats qui suivent, on a eu soin de faire la correction nécessitée par l'inégalité de température que présentent en général la boule et la tige du thermomètre, et cetle correction est ici d’une telle importance que,

a la surface du sol et a

mt

PL 2.

=

IL: 1 ot Nov DFe. Jan. 8

| | |

L x 2/72 (4 Jui Al

Courbes imdiquant les variations de température a la surface du sol et à T3. différentes profondeurs. P1.2

a _ ——— ne

| ] |

| 1) 1834. 1835 ||

fer Fee Mar Av Me Jaëre Dé, Afu Sp op Noe De dén Fév, Mer Me, Ma Jai Jui Aon Sep. 0ft. Non D} ( HE

E |

| pe | | | | |

Surface de la terre

3 pieds cle profond!

Ü pieds

férentes profondeurs

a dif)

Courbe tidiquant l'excès da mavènun sur le mu de lern-

perature, perdant le cours de l'aruree et

Temp. terrestre pur A.fhutelet.

(81) pour le thermomètre le plus long, par exemple, l’époque du marimum s’est présentée environ deux mois trop tôL, en faisant usage des résultats non réduits.

MAXIMUM DE TEMPÉRATURE. a

PROFONDEUR. en 1834 en 1835

À 3,08 pieds le 22 août + 180,30 le 24 août +. 170,12 6,00 le30 » 16,56 le 1er sept. 15,86 12,00 le 9Yoct. 14,95 du 10 au1i5oct., 14,75 24,00 du10 au 20 déc. 12,66 du 10au15déc. 12,89

+ En reportant l'époque du maximum de température, à Vair au 20 juillet, on aurait donc compté 148 jours en- viron jusqu’à l’époque du maximum de température à 24 pieds de profondeur pour l’année 1834. Ce qui fait un peu plus de 18 jours pour 3 pieds ou 1 mètre de profon- deur. On obtient à peu près identiquement le même ré- sultat pour 1835. M. Poisson , en discutant les observations de Paris, trouve, par la théorie, qu’à la profondeur de 24 pieds, le maximum de température doit se présenter le 18 décembre , ce qui s'accorde très-bien avec les observa- tions précédentes de même qu'avec les observations de M. Arago. Cependant ces dernières observations n'ayant point été réduites (1), l'époque du maximum pour Paris semble devoir arriver plus tard.

Les époques des maxima pour les thermomètres de Bruxelles, placés à 6 et 12 pieds de profondeur , se rappro- chent également beaucoup des époques indiquées par le calcul.

Quant au minimum , son époque a eu lieu du 10 au

(1) Théorie mathématique de la chaleur , page 500.

(82) 20 juin, à 24 pieds de profondeur; du 10 au 15 avril, à 12:pieds, et vers le 20 mars, à la profondeur de 6 pieds.

EXPLICATION DE LA PLANCHE 3.

La ligne horizontale la plus élevée représente la surface du sol; les quatre autres lignes, par leur abaissement, désignent les profon- deurs auxquelles descendaient les thermomètres les plus grands. Les lignes qui serpentent autour des précédentes, désignent, par leurs écarts plus ou moins grands, les oscillations plus ou moins fortes des fhermomètres. Les signes + et indiquent les mazima et minima annuels.

La seconde courbe, que l’on voit en faisant faire à la planche un quart de révolution, indique comment l'excès du maximum sur le. minimum annuel de température décroît à mesure que les pro- fondeurs augmentent. Cette courbe est une logarithmique.

Paléontologie. (Notice sur quelques os de pachy- dermes, découverts dans le terrain meuble près du village de Chokier, par le docteur Schmerling.)

«Depuis long-temps on a recueilli des os fossiles çà et dans la Belgique; mais il est, ce me semble, important, pour compléter l’histoire paléontologique de ce pays, d'indiquer avec précision ceux que l’on a relirés du terrain meuble dans la province de Liége.

» En effet, on a trouvé en 1827, à Bechuron, com- mune de Vaux-sous-Chevremont, près de Chênée, une dent d’éléphant à 6 mètres de profondeur.

» En 1829, M. Marechal de Liége, découvrit à Cheratte, quatre dents molaires et un fragment de défense d’éléphant à deux mètres de profondeur, dans le diluvium qui couvre immédiatement le terrain houiller dans cet endroit; mal- heureusement, on n’y a pu continuer les fouilles.

» En 1830, je fis la découverte d’un dépôt osseux dans le diluvium des environs de Chokier. C'est derrière le

j

i\

dec A: Lesueur Cité.

Der

( 85 )

village de ce nom que se trouve un cheminqui conduit à la houillére de M. Becko, propriétaire à Chokier. Pour faciliter le transport des produits de cette industrie, il fut obligé de faire élargir ce chemin. Les ouvriers trouvérent quelques fragmens d'os en déblayant le diluvium qui couvrait la bande calcaire, dans laquelle était creusée la grotte que j'avais découverte un an auparavant. Celte dé- couverle avait contribué beaucoup à fixer l'attention de quelques ouvriers sur les os; car ils m'apportérent quelques fragmens qu'on venait d'y recueillir, et une visite faite sur les lieux m'en fit découvrir d’autres.

» En effet, ce chemin, situé sur la rive gauche de la Meuse, s'étend dans la direction du sud au nord; et ce fut du côté de l’est que nous vimes une coupe perpendiculaire qu’on venait d’y achever.

» Immédiatement en dessous de l’humus , se trouve un limon argileux de l'épaisseur d’un et demi-mètre, conte- aant de gros blocs de calcaire anguleux du terrain anthraxi fère qu’il recouvre. Une couche de gravier d’un quart de mètre d'épaisseur séparait la premiére d’une deuxième de limon, qui ne contenait presque point de fragmens de calcaire : elle était épaisse de deux mètres. Enfin une seconde couche de gravier de la puissance d’un demi-mètre reposait en partie sur le banc calcaire, en partie, sur une troisième couche de limon argileux.

» Cette dernière couche de gravier consistait en pelils cailloux de quartz, de silex, de calcaire, de grés. Ce gra- vier était dur, et très-ferrugineux en quelques endroits. C’est dans cette couche que se trouvaient les ossemens fossiles.

» La stratification régulière et presque horizontale an- nonçait à coup sûr un dépôt de diluvium qui n’y avait pas été transporté en une seule fois.

Tom. mr. 7

( 84 )

» Les os, près de leur gangue, étaient trés-friables; mais séchés; ils offrent assez de résistance, Ils contiennent encore une partie de leur gélatine, mais elle est'irès-faible. C'est le carbonate de. chaux qui y prédomine.

» Dans quelques endroits ces os étaient &’une couleur blanc-grisàtre, d’autres étaient noirs; la plupart ont été colorés par l’oxide de fer , qui a mème pénétré dans leur structure.

» Le nombre d'os que cet. cr m'a fourni n'est pas considérable, Ils sont généralement mal conservés ; cepen- dant il est facile d’y reconnaître les débris d’un éléphant. et d’un rhinocéros.

» En, effet, j'ai pris le: dessin une portion de. dent molaire : d’é léphant., C'est. une’ molaire:supétieure, an: térieure gauche d’un vieil individu; neuf lames,,seule- ment, sont conservées , les aülres ont été emporiées: avant que cetle dent fûl déposée,en cet:endroit : car lawcassure offre la même couleur que toute la portion de-cette'dent, c'est-à-dire , une couleur. d’un blans-jennñtsor H léinle par

l’oxide de fer,

». IL ya deux lames au,moins qui manquent à la pättié antérieure; nous y.comptons en tout neuf lames ; qui oc- cupent. une longueur de 0%,135, La dernière lamela, au milieu, une Jargeur de 0,088, |

» La minceur des lames'ést considérable, comparätive- menL à celle de Kéléphant des Indes , tout étanit new d’ ei leurs... rj

» La plus éasdé nus qui, surlout,, est un'caractére essenliel ,appartenant aux ; dents Connie nous! conduit nécessairement à. considérer celle dent comme ayant ap- partenu à l'espèce le plus anciennement connue, le plus généralement répandue sur, tous les points du globe ; à

(85) l'éléphas primigentus, Blumenbach; ou au mammouth des Russes.

Des ossemens du rhinocéros.— | paraît qu’une grande partie du squelette d’un rhinocéros a été ensevelie dans cet endroit ; mais le degré avancé de décomposition empêchait deretirer des débris entiers de la gangue. J'ai fait tous mes eflorts pour réunir en partie ces fragmens, mais j'ai y renoncer. Néanmoins , on y reconnait une porlion de l’ex- trémité supérieure d’un radius, plusieurs fragmens bien reconnaissables d’un fémur, d’un astragale, etc., et des vertèbres, etc.

« J'adresse à l’Académie, le dessin d’une molaire infé- rieure du côté droit; elle est fortement usée, etune partie du bord postérieur est enlevée : c’est probablement l’antépénul- tième ; la partie inférieure est engagée dans une espéce de brèche, et la dent est très-friable. La plus grande longueur du bord externe est de 0®.041, et celle de l’interne est de 0,043, Les molaires supérieures de rhinocéros présentent des caractères spécifiques qui sont peu équivoques, il n’en est pas de même pour les molaires inférieures; celles-ci ne nous offrent point toutes ces différences de grandeur et de forme pour qu’on puisse s'exprimer avec certitude à cet égard , surtout, lorsqu'il s’agit de se prononcer sur des dents presque usées jusqu’à la racine et mal conservées. Malgré ces obstacles, je crois que la dent, dont je viens d'offrir le dessin, appartient à l’espèce le plus ancienne- ment connue, c'est-à-dire, au rhinoceros trichorinus ; Cuvier. Elle est moins longue que l’analogue dans l’uni- corne de Java.

» Dans le même endroit, à la même profondeur, s'est trouvée la partie supérieure d'un tibia. Monsieur Fraikin , notaire à Chokier, a eu la bonté de me confier

( 86 ) ce fragment. La cassure paraît ancienne, elle a lamême cou- leur que le reste de ce fragment, qui est d’un blanc-jaunâtre.

» La tête a, en général, la forme d’un triangle équila- téral, Les surfaces articulaires sont peu concaves, presque plates. La tubérosité est extrêmement forte, dirigée en dedans ; une fossette, à sa partie externe, assez profonde, s’y fait remarquer. La forme générale de cette portion nous conduit déjà à celle d’un pachyderme, genre qui a le tibia court et large.

» Mais la grandeur de la tubérosilé est un caractère spécifique qui appartient au rhinocéros : il est done incon- testable que cet os est celui d’un rhinocéros. "Le genre auquel ce fragment a appartenu étant re- connu; il s’agit d’en déterminer les caractères spécifiques. Or, il est extrêmement difficile de bien reconnaître sur un fragment les détails nécessaires pour établir l’ensemble des caractères qui appartiennent à l'espèce. Cependant, la tête étant bien conservée, nous pouvons en entrepren- dre.la comparaison avec les os des espèces vivantes et fossiles.

» La largeur est de 0,130 et la longueur antéro-posté- rieure depuis la tubérosité antérieure jusqu’au bord posté- rieur du condyle interne est de 0,154. L’unicorne de l'Inde actuel, d’après Cuvier, a ces dimensions de 0.146 sur 0.170; le bicorne du Cap de 0.130 , sur 0.155 ; l’unicorne de Java de 0.127 sur 0.138.

Quoique Cuvier décrive, ou plutôt qu'il énumère

les portions de tibias qu'il a reçues de différens endroits, il ne nous donne point les dimensions de l’extrémité supé- rieure. Il paraît cependant, que tous ces fragmens sont inférieurs en dimensions à l’unicorne actuel. s M. Kaup (Description d’ossemens fossiles, elc., ca-

( 87) | hier, pag. 4), décrit un tibia du rhinoceros schleierma- cheri de cet auteur, dont la largeur est de 0.130, et le plus grand diamètre antéro-postérieur de 0.136.

» Il paraît donc que tous ces tibias de rhinocéros fossiles sont plus pelits que ne l’est celui de l’espèce unicorne de l'Inde actuelle; que le fragment, dont il vient d’être ques- tion, a la même largeur, mais une plus grande longueur antéro-postérieure que celui qu’a décrit M. Kaup ; qu'ilest identiqne avec celui du bicorne du Cap, quant aux dimen- sions de l'extrémité supérieure. »

Mollusques. —(Notice sur le genre Truncatella de Risso, par F. Cantraine).

« On ignore encore la vraie cause qui porte quelques mollusques teslacés à abandonner la demeure dans la- quelle ils avaient passé les premiers momens de leur existence, au sortir de l’état embryonaire. Ce phénomène fut observé d'abord dans l’Helix decollata, Mull. (Bu- limus decollatus ; Brog.) (Rumina decollata, Ris.), qui, parvenu à un certain accroissement, forme à l’intérieur des tours de sa spire une cloison qui l’isole de sa première demeure, laquelle n'étant plus entretenue et étant sans cesse atlaquée par des agens chimiques et mécaniques, ne tarde pas à tomber en ruines : de vient cette tron- cature à la partie supérieure de la spire que l’on voit dans toutes les coquilles des adultes, et qui a valu à l'espèce le nom qu'elle porte. Quoique l'explication que Draparnaud et d’autres auteurs nous donnent, de ce phéno- mène ne me paraisse pas bien satisfaisante, parce que, si leur raisonnement était vrai, celte modification du test se rencontrerait dans un grand nombre de coquilles univalves, je n’examinerai pourtant pas en quoi elle pêche ni comment on pourrait la remplacer; mon but est de

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( 88 ) parler d’un genre marin dans les espèces duquel ce phéno- mène se représente dans tout son ensemble , d'examiner ce phénomène non quant à sa nalure, mais quant aux erreurs qu'il a fait et qu'il peut encore faire naître.dans la zoologie soit systématique, soit appliquée, et de soumettre ainsi au jugement du public une faible partie de mon trayail qui sera livré sous peu à l’impression, pour lui donner une idée de l'esprit qui a présidé à sa rédaction,

» Guidé par l'idée que l'étude des sciences naturelles , pour ne point tomber en désuétude, a besoin d’être de nos jours dirigée sous le point de vue de rapprochemens, j'ai choisi ce petit genre pour démontrer la justesse de cette idée, et combien on s'éloigne chaque jour de la possibilité d'une classification naturelle si une concor- dance sévère ne vient bientôt à être entreprise. Ce travail tout aride qu'il est, je l’entreprends pour les mollusques européens. Je crois mieux mériter ainsi de la science qu'en décrivant quelques espèces douteuses : Linné du moins me le fait espérer : Quo plures errores apud nos detegere potes, dit ce grand réformaleur, eo gratior eris; tum possemus omnäia corrigere viviz post fata non licet emendare propria opuscula.

» M. Risso de Nice créa (1) le genre Truncatella pour deux coquilles que Draparnaud. (2) avoit réunies , décriles et figurées sous, le. nom de Cyclostoma truncatulum : c’est lui aussi qui retira ces coquilles des terrestres, parmi lesquelles, les auteurs les avaient placées, pour les ranger

(1) Risso. Zistoire naturelle de l'Europe méridionale. Paris 1826, 5 vol. in-8,

(2) Draparnaud, Zistoire naturelle des mollusques terrestres et fluvia- tiles de France, Paris 1805 ‘in-4v.

( 89 )

parmi les marines auxquelles elles appartiennent par l’or- ganisalion et les mœurs du mollusque qui les habite. Mais il paraît n'avoir pas poussé l'observation jusqu'a voir les modificalions que l'âge apporte dans la forme de la co- quille, puisque dans le même ouvrage il crée un genre pour le jeune âge, qu'il y décrit sous le nom de Fidelis Theresa. La même erreur fut commise par Montagu (1), et par Payraudeau (2).

» Aucun auteur moderne, systématique-modèle, ne s’est occupé de la place que ces mollusques doivent :oc- cuper, excepté Menke (3), qui les range entre les Mélanies et les Rissoaires ; il regarde le genre de Risso comme synonyme du genre Æemea, Hartm.

M. De Blainville, Dictionnaire des sciences naturelles de Levrault , vol. 55. art. Troncatelle , parle de ce genre, mais il ne fait que rapporter ce qu'en dit M. Risso.

Les Troncatelles forment-pour nous un sous-genre dans les Rissoaires (Rissoa Freminville) et nous le caractérisons animal muni d’un museau rétractile , proboscidiforme, large à l'extrémité se trouve lu bouche au'milieu de deux lèvres formées par une fente verticale. Deux tenta- cules assez courts, conico-cylindriques ou dactyl iformes, distans, très-renflés à leur base, laquelle porte in- terno-postérieurement un œil noir et en croissant. Pied petit , rond, marginé;

Coquille subeylindrique, turriculée dans jeune âge, à sommet tronqué dans les adultes; tours de

(1) Montagu, Testacea britannica. Londres 1803, in-dv.

(2)Payraudeau, Catalogue des Mollusques etdes Annelides de la Gorse. Paris 1826 , in-8o,

(3) Menke , Synopsis methodica Molluscorum. Pyrmonti, 1830 , in-8».

( 90 ) spire arrondis ; ouverture ovale, un peu évasée; pé- r'istome complet et réfléchi. Opercule subsimilaire, corné , mince et complet, à sommet submarginal d’où partent quelques lignes paraboliques.

1. Trunc. cosTuraTa. Riss.

Cette espèce est marquée de petits plis longitudinaux très-serrés ; sa couleur est d’un brun-jaunâtre plus ou moins clair.

Risso, Z.c., IV, pag. 125 ,f. 57, Menke, Z. c , pag. 43.

Cyclostoma truncatulum. Drap, L. c., pag. 40, pl. I, fig. 28,29, var. @. —) 80.

Turbo truncatus. Montagu , 2. c., pag. 801, tab. X, f. 7

Paludina truncata. Payr., L. c., pag. 116.

Helix decollata. Chemn, (non Linnæiï) IX, tab. 136, fig. 1254, 1255.

Le jeune âge a la coquille turriculée et l'ouverlure

simple.

Turbo subtruncatus. Montagu ,2.c., pag. 300, tab. X ,f.1. Fidelis Theresa. Risso , L.c., IV, pag. 121, f. 53.

Paludina Desnoyersii. Payr, L.c., pag. 116, pl. 5,f. 21 ,22. Truncatella exilis ? Menke, /. c., pag. 44.

Cette espèce est très-commune sur le littoral de la Mediterranée et de l’Adriatique, sous les pierres et sous les amas d'algues dans les endroits humides et souvent baignés par la mer. Je la trouvai en immense quantité dans les salines de l'Ile St.-Pierre (Sardaigne). Les M ut roulées sont hyalines.

2. TRUNCATELLA LOEVIGATA. Riss.

Cetle espèce a sa surface lisse sans plis ni siries : ses

(91) ours sont très-convexes et sa couleur est d’un brun-jau- nâtre plus ou moins clair, et l'ouverture comme dans l'espèce précédente. Risso, /.c , IV , pag. 125, f. b3.— Menk , Z. c., pag. 44. Turbo truncatus. Montagu, /. c , pag. 300. Cyclostoma truncatulum . o, Drap. /.c., p.40, pl. I, f..3.

Les jeunes offrent les mêmes différences avec les adultes que ceux de l'espèce précédente.

Les coquilles roulées sont aussi hyalines : c'est sur de tels échantillons que Desmarest a établi sa Rissoa hyalina,

La Truncatelle lisse vit en famille avec l'espèce pré- cédente: les adultes des deux espèces mesurent souvent 2173 lignes en hauteur et 1 lig. en diamètre ; les jeunes ont la spire plus élevée, mesurant à peu près 3 lignes. On les trouxe fossiles dans les terrains de formation récente, à Cavalli legeri, près de Livourne, et dans les environs de Cagliari.

Quelques auteurs regardent cette espèce comme une va- riété de la précédente ; ils peuvent avoir raison, les formes sont à peu près les mêmes et l’habitat est commun : ce- pendant comme les différences que je viens d'indiquer; se rencontrent dans les jeunes comme dans les adulles, j'adopterai la séparation établie par Risso.

Observation. Les Troncatelles ont dans leurs mouve- mens quelque chose des Gyclostomes : à l’aide de leur mafle ou trompe , elles s’attachent au plan sur lequel elles marchent; il est ainsi pour elles le principal moyen de locomotion : l’autre organe de locomotion est la partie postérieure du pied. Elles marchent et ne rampent pas, et leur mode de progression ressemble à celui des che- nilles qu'on a nommées arpenteuses. Leurs mouvemens sont très-vifs ; on y trouve même de la pétulance.

(92)

Mollusques. MM. Wesmael et Dumortiér font un rapport verbal sur la notice de M. Vanbereden, concernant un organe corné particulier, trouvé dans la bourse du pourpre d’une nouvelle espèce. de Parmacella , présen- tée à la séance précédente; et l'Académie , adoptant leurs conclusions , décide que cette notice sera D dans le présent bulletin.

« Monsieur Webb (1), lors de son passage en Portugal, rencontra un grand nombre de limaces qui fixèrent son attention, Il en mit plusieurs dans la liqueur , et il les ap- porta avec lui à Paris.

» Il les reconnut bientôt pour une above espèce du genre Parmacella , et il voulut bien m “associer à _ pour en faire la publication.

» La dissection du premier individu me fit reconnaître une des dispositions les plus curieuses connues dans les Gastéropodes. Aussi j'ai cru devoir en faire une publica- tion à part, espérant par ce moyen attirer plus particulié- rement l’attenlion des anatomistes et des physiologistes. Le mémoire sur l'animal, avec les détails zoologiques ‘et anatomiques , sera publié dans le courant de l’année.

» Les organes de la génération des mollusques gastéro- podes ont, à l'extrémité de l'organe femelle, une petite bourse, dont on a cherché , jusqu’à présent, en vain la signification.

» Swammerdam croyait cette petite bourse propre à sé- créter le pourpre, et il lui donna, pour cette raison, le nom de bourse du pourpre. Maïs Cuvier, ayant reconnu la

(1) 11 publie dans ce moment avec M. Berthelot l’Hastoire naturelle des Îles Canaries.

(95 ) véritable glande qui sécrète le pourpre dans les murex, signala cette fausse détermination, toutefois en conser- ant. son premier nom. Aprés de nombreuses recherches sur’ les animaux inférieurs , Delle chiaie crut pouvoir as- signer à cet organe sa véritable fonction, en le considé- rant comme le testicule.

» La découverte du corps singulier qui fait l’objet de celte notice, dans cette poche, permet de douter de la justesse de la détermination de Delle chiaie.

» La bourse dite du pourpre, de cette espèce de Parma- cella , contient, outre le mucus des autres /imacinés, un stylet corné , différentes fois replié sur lui-même. Il paraît servir à l'animal pendant ou avant l'acte de la copulation.

» J'ai disséqué un grand nombre d'individus; dans les uns je n'ai trouvé qu'un seul stylet, dans plusieurs j'en ai trouvé deux. Je ne l'ai vu manquer dans aucun de ceux que j'ai examinés.

» Ces animaux ont été pris pendant la saison des amours. Plusieurs d’entre eux avaient même été surpris pendant l'acte de l’accouplement , et la verge de ceux-ci était con- servée déroulée et saillante en dehors.

» Dans ces derniers individus, l'extrémité effilée du stylet n’était point retenue dans la poche , elle était au contraire étendue le long du canal qui succède à la bourse. Je crois que, dans ces derniers cas, l'animal, surpris dans la liqueur, n’a pas eu le temps de se contracter entièrement, et qu'il n'a pas pu replacer convenablement toutes ses parties dans leur position respeclive. »

Description.

Cet organe, comme on peut le voir par les figures ci-

( 94) , jointes, peut-être comparé pour'sa forme et quant à sa partie la plus épaisse, à une coquille d’ammonite.

Sa couleur est d’un bran-obscur. El se comporte commé les pièces cornées du squelette des insectes; étant séché, il se brise avec facilité, et ramolli dans l’eau il devient élastique.

Outre les bosselures, on aperçoit à sa surface des lignes qui lui donnent l'aspect d’un Annélide.

Il est creux dans l’intérieur. En le pressant avec la pointe du microscope, on fait circuler l’air l’eau dans son intérieur. La grosse extrémité paraît bouchée par du mucus , tandis que l’autre extrémité est ouverte.

Dans aucun des individus je n'ai pu m'assurer s'il y avait adhérence avec les paroïs de la poche.

Les stylets, dans les différens individus, sont Parfotes ment semblables.

S'ils sont logés à deux dans une bourse, leur grosse ex- trémité est dirigée en sens contraire, c’est-à-dire l’une en haut et l’autre en bas.

L'un des deux est enveloppé d’üne substance iliéeds qui le cache presque entièrement à la vue. L'autre est en- tiérement à nu.

La forme ainsi que la longueur l'avaient d'ébori fait comparer à un entozoaire. Pour éclaircir cette question , j'ai eu recours aux connaissances du docteur Leblond , qui a fait une étude spéciale de ces animaux. Il a eu la com- plaisance d'examiner ce corps avec un soin scrupuleux; mais il n'a pu y voir un animal parasite.

Le seul organe auquel on puisse le comparer, est le dard de quelques hélices. I] est comme celui-ci une substance sécrétée, dure et logée dans une poche voisine de l'ouverture de l'organe femelle de l'appareil de la génération. Il en dif-

(95 ) fère cependant : parce qu'il est creux dans l'intérieur ; 2e qu'il est logé dans une poche différente; qu'il est à cause de sa longueur enroulé sur lui-même; qu’il n’a aucune adhérence avec les parois de la poche qui le loge.

L'usage du dard de l’helix pomatia , animal si commun dans nos contrées, étant encore entièrement ignoré, nous ne pourrons à plus forte raison faire connaître la fonction de cet organe du Parmacella , qui se présente pour la pre- mière fois.

Espérons que le hasard mous fournira un observateur sur les lieux, qui nons révèle, d’après ses observations sur les animaux vivans ; la véritable fonction de ce corps si sin- gulier.

EXPLICATION DE LA PLANCHE.

Fig. 1. Le stylet vu de face et dans sa position naturelle, grossi huit fois,

Fig. TI. Le même vu un peu obliquement.

Fig. IL. La bourse du pourpre avec les deux stylets dans son inté- rieur , grossi quatre fois; a bourse du pourpre, à canal qui logeait un œuf dans un individu, c oviducte, d ouverture extérieure vient abou- tir aussi l’orifice de l’organe mâle, e canal déférent , f le stylet. incom- plet, g l’autre stylet complet , a substance blanche pulpeuse enveloppant la partie centrale et cachant les tours de spire. »

Au sujet de la notice précédente, M. Cantraine fait ob- server que M. De Blainville, dans son anatomie du Par- macellus palliolum Fer., insérée dans le grand ouvrage de M. De Férussac sur les mollusques terrestres et fluviatiles, vol. IT, pag. 96 du supplément, décrit aussi un corps sub- corné qu'il trouva dans le sac du pourpre. À la planche 7A du même ouvrage, fig. 9 p, se trouve la bourse alongée, lais- sant voir à travers ses parois le corps p’ qu’elle contient et qui est dessiné à part, en p’.

(96 )

Géométrie. M. Lefrancois fait parvenir à l’Académie la seconde partie de son mémoire sur les transformations stéréographiques des lignes du second ordre ; le manus- crit sera communiqué à MM. Dandelin et Quetelet, nommés commissaires à la séance précédente.

Électro-magnétisme.—M. Gloesener, professeur extraor- dinaire à l’université de Liége, adresse à l'Académie une notice sur quelques expériences relatives aux courans élec- triques, et des observations sur le principe fondamental des phénomènes électro-magnétiques.

Commissaires MM. Crahay et Martens.

M. le directeur ; en levant la séance, a fixé l’époque de la prochaine réunion au samedi 2 avril.

OUVRAGES PRÉSENTÉS.

Mémoires de l'Académie royale des sciences de l’in- stitut de France, tom. XII et XIIL |

Mémoires présentés par divers savans à l’Académie royale des sciences de l’institut de France ( sciences mathématiques et physiques), tom. VI.

Annuaire pour l’an 1836, présenté au Roi par. le bureau des longitudes , 1 vol. in-18, Paris.

Mémoires de la société d’émulation de Cambrai, pis a 1831 et 1832, 1833, 2 vol. in-8&.

Mirechond’s pesbhés te der sultane aus dem siens bujeh , persisch und deutch. Von Friedrich Wilken , in-4, Berlin, 1835.

Fed de la société de la morale chrétienne, 1, tom. IX.

Mémoire sur les propridtés et l'analyse de la joue zine, par L. De Koninck, broch. in-8°, Louvain 1836:

(97)

Société havraise d’études diverses , résumé analytique des travaux de la seconde année, par M. Millet-Saint- Pierre. Havre, 1835.

La mal S'-Gilles; par M. Polain , in-8°, Liége.

Notice sur quelques plantes de la flore d'Égypte, par M. J. Decaisne (extrait des Ænnales des sciences naturel les), broch. in-&e.

Dictionnaire géographique de la province de la Flan- dre Occidentale, par MM. Vandermaelen et Meisser , 1 vol. in-8°.

Carte de Bruxelles, 1 feuille, par M. Vandermaelen.

ERRATA.

Page 374, 11, (ome IT, ligne 6, au licu de 5 du môûtre, lisez :

1 mètre ct D du mètre. Lig.11,16 et 27, au lieu de canada, lisez : cavada. Tom, HE, page 58 , 1. 5, dans la narcotine , lisez : de la narcotine.

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BULLETIN

DE

L’ACADEÉMIE ROYALE DES SCIENCES

ET BELLES-LETTRES DE BRUXELLES.

1836. No 4.

Séance du 2 avril.

M. le baron De Stassart, directeur. M. Quetelet, secrétaire perpétuel.

CORRESPONDANCE.

Il est donné lecture d’une lettre annonçant la mort de M. Henri-Florent Delmotte, correspondant de l'Académie pour la classe des lellres, Le secrélaire annonce énsuile qu'il a reçu de M. le - baron De Reiffenberg, secrétaire de la commission royale d'histoire , le premier volume des Chroniques Belges iné- dites il présente également neuf volumes des Mémoires de-l'Instilut royal du royaume Lombardo-Vénilien et le tome XXXVIII des Mémoires de l'Académie royalé de Turin, M. le ministre des affaires étrangères et de la marine communique les résultats des observations sur les marées,

faites au port d'Ostende pendant le mois de février. k L'auteur du mémoire sur les chémins vicinaux, envoyé ñ Tox. mr. 8

( 100 ) au concours de 1836, fait parvenir à l’Académie quelques observations qui seront communiquées à la commission nommée pour l'examen de ce travail.

M. Marchal, mécanicien à Bruxelles, écrit à l'Académie pour l’inviter à nommer une commission chargée de l’exa- men du nouyeau système de chemin de fer mouvant dont il est l’inventeur. Commissaires MM. Cauchy, Crahay, De- hemptinne , Pagani et Quetelet,

COMMUNICATIONS.

L'Académie reçoit la communication suivante, faite par M. Quetelet.

Magnétisme terrestre. « On sait par les observations de nos voisins que l'aiguille magnétique , dans nos climats, a dû, vers 1663, se trouver à peu près exactement dans la direction du nord. Avant cette époque, l'aiguille déviait à l’est; depuis, elle a constamment dévié de plus en plus vers l’ouest; et il paraît que c’est vers 1814 à 1815 qu’elle atteignait, à Paris, sa plus grande excursion occidentale ; elle formait alors avec le méridien un angle de 22° 34’ en- viron, maintenant tout semble prouver qu’elle tend à se rapprocher encore du mériden.

» Nous n'avons malheureusement, pour toute l'étendue de la Belgique, aucune série d'observations qui permette de constater les singuliers mouvemens de l'aiguille ma- gnétique dont la cause nous est encore inconnue. J'ai essayé de suppléer, dès l’année 1827, à cette fâcheuse la- cune, et j'ai présenté annuellement à l’Académie le ré- sultat de mes observations. Pour éliminer autant que possible les effets de la variation annuelle et ceux de la variation diurne, j'ai fait ces observations aux mêmes

LI

an, ::

EN ONE"

(“101 ) époques de l’année et aux mêmes heures du jour. On pourra voir par les résultats qui suivent, que, malgré les petits écarts qui résultent soit des observations, soit des effets de la variation, l'aiguille manifeste effectivement une tendance toujours plus prononcée à se rapprocher de la ligne méridienne.

ÉPOQUES DES OBSERVATIONS. DÉCLINAISON. INCIINAISON. 1827 octobre. . . . . . 220988 68 56,5 1830 fin de mars . . . . 22 25,3 68 52,6 1832 » GS FH. 2028619590 68 49,1 1833 PRET te COTE 68 42,8 1834 3et4avril. . . . . 23 15,2 68 38,4 1835 25 et 28 mars. . . . 22 6,7 68 35,0 (1) 1836 21 et 22 mars. . . . 22 7,6 68 32,2

» La déclinaison, cette année, a été observée le 21 mars dans le jardin de l'observatoire, entre 1 et3 heures de l'après midi, par un ciel serein el ane température de 19 à 20° centigrades. Trois observations complètes ont donné succes- sivement pour valeurs 22° 9’ 533; 22° 6’ 30/4; 220 6' 18/8.

» L'inclinaison a élé observée le lendemain, à pareille heure, par un ciel légèrement couvert et une température de 12 à 14 degrés. Les valeurs obtenues par deux séries d’observalions ont élé 68° 32,44 et 68° 31/,87. »

Température terrestre.—M. Quetelet annonce qu'ayant replacer la plupart de ses thermomètres destinés aux

(1) Trois séries d’observations pour l’inclinaison ont été faites en 1835; nous n'avons pris ici que la moyenne des deux dernières séries, parce que la première nous a paru fautive, comme nous l’avons an- noncé à la pag. 101 du tom. IT des Bulletins , les résultats de chaque

série ont été 68° 27/,1; 680 34,1; 680 3b5/,9,

(102 )

observations des températures terrestres, par suîte d’un affaissement de terrain occasioné par l'abondance des pluies qui ont tombé dans ces derniers temps, il a saisi celle occasion pour éclaircir des doutes qui lui restaient sur les profondeurs auxquelles sont placées les boules de ses instrumens. Il est résullé de cetle vérificalion que, pour le second thermomètre, il fallait écrire 45 cenlimè- tres de profondeur au lieu de 55. Pour le thermomètre le plus court, il faut aussi écrire 19 centimètres au lieu de 17. D'après ces rectificalions, le tableau donné à la pag. 77 du précédent Bulletin, serail, en conservant les même for- mules,

EXCÈS DU MAXIMUM SUR LE MINIMUM DE TEMPÉRA- TURE ANNUELLE (THERM. CENT.) ns PIEDS DE RÉSULTAT-EN 1834. RÉSULTAT EN 1835. Observé. Celenlé. Différ, Observé, Calculé, Différ,

0,58 130,44 13,67 —0,23 12°10 12,04 0,06 1,38 12,56 18,65 —0,09 11,54 11,21 +0,33 2,31 11,50 11,55 0,05 10,38 10,32 {0,06 3,08 10,78 10,72 +0,08 9,64 9,64. 0,00 6,00 7,53 8,08. —0,55 : 7,00 7,44 —0,44 . 12,00 4,66 4,50 “0,18 4,33 4,37 —0,04 24,00 1,30 1,40 —0,10 1,51 1,51 0,00

Météorologie. M. Quetelet communique ensuite à J'Académie les observations météorologiques horaires qu'il a continué de faire, à l’observatoire de Bruxelles, à la de- mande de sir John Herschel, pour déterminer les oscilla- tions atmosphériques et leurs relations réciproques dans les deux hémisphères. Ces observations ont commencé le 21 mars à six heures du matin, et ont continué d'heure en heure, jusqu’au 22, à six heurés du soir. À cette occasion,

( 103 ) M. Quetelet entretient l’Académie des travaux dont le cé- lèbre astronome anglais s'occupe spécialement au cap de Bonne-Espérance et des prétendnes découvertes que l'on a récemment fait circuler à la faveur de son nom.

M. Crahay transmet également les résullats des observa- tions horaires qu'il a faites de son côlé au collége des Pré- montrés à Louvain.

Le secrétaire fait observer que les résultats de ces obser- valions, qui s'accordent généralement fort bien ensemble, montrent, en employant la méthode du nivellement baro- métrique, que la-station de Louvain se trouve plus bas que celle de Bruxelles de 10,25 environ.

PR 9

Observations météorologiques horaires faites à l’Observatoire de Bruxelles, en correspondance avec les observations de sir John Herschel, au cap de Bonne-Espérance (1836).

HEURES. BAROMÈTRE |[THERMOMÈTR.| HYGROMÈTRE VENTS.

réduit à 00.| centigr. | Saussure. PRES OBSERVATIONS. 21 MARS. 6 Matin 761,78 90,1 770,0 SO. Serein. F1 761,56 10,9 78,0 » » À 7 h. 50’ un brouill. s’est formé subitemt, 8 761,30 13,2 73,0 » À 8 h. tout a disparu. 9 760,98 14,2 73,0 » Léger brouill, 10 760,48 17,4 62,0 » Serein. 11 759,89 18,6 59,0 ss0. » 12 759,48 19,4 58,0 » 4 1 Soir. 758,80 19,8 57,0 so. » 2 758,28 20,0 57,0 » » 3 h 757,87 20,2 57,0 » » 4 757,42 20,1 58,0 » » é ‘6 757,38 19,2 61,0 0. » 6 757,35 17,7 65,0 050. » 7 757,51 14,5 78,5 E. » 8 757,57 11,8 79,5 (1) » Vers 8h. 15’ un brouillard se forme subi- 9 757,59 10,0 92,5 ? Brouillard. tement. 10 757,71 9,8 93,0 le Brouill, hum. 11 757,71 10,1 93,0 ? » 12 757,47 10,7 93,0 ï5 Couvert. | Le brouillard se dissipe un peu.

(1) L'état de l'observatoire n'a pas encore permis de placer des appareils convenables pour l'observation des vents.

( 105 )

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(106) Observations météorologiques faites à Louvain , au collège des

Prémontrés, par J.-G. Crahay, professeur de physique à l’Université Catholique.

a © S 5 Êre à 3 1836. 2 > 2 OBSERVATIONS. 23 E 4 RAR ‘2 = © Ql =

21 mars, 6 h. matin | 762,919 | + 60,3

7 62,7:2 4,1

à : pe. 1 Clair, vapeurs à l’horiz.

WE 61,699 14,8

11 en » »

19,24 60,529 19,4

1h soir. 59,947 20,L

CN #2 59,326 20,2

3 58.890 19,9

4 58,093 20,2 ) Clair.

LP == 58,093 19,3

6 58,169 17,3

ds 58,321 15,2

“La 58,491 »

9 58,610 A ares.

10 | 58,686 M og 22 mars, 6 h. matin.| 58,020 8,2 | Couv., brouil., pluie fine. | 7 58,133 7,9 | Couvert,

mt 58,232 8,0 | ld.

Fe 58,232 8,6 | Id.

FO EE 58,432 » Id.

11 » »

12 = 58,067 11,3 ? Légèrement couvert,

1h. soir. | 57,841 12,0

2 57,440 13,2 | Petites éclaircies,

3 26,878 13,6 | Eclaircies,

499 56,430 13,4

5 56,193 12,5 | Nuages.

6 56,183 11,7

( 107 )

Abaissement remarquable du baromètre. Au sujet de la météorologie, le secrétaire lit l'extrait suivant d’une lettre qu'il a reçue de M. Crahay : « Je vous envoie Île ta- bleau de la marche du baromètre pendant la baisse extra- ordinaire du 28. Je rappellerai ici que j'ai vu le baromètre bien plus bas en 1821, le 25 décembre; il élail alors à 714%%,63 à 9 heures du matin. Le 2 mai 1820, à 8 heures du soir, je l'ai observé à 722,36. »

Barow. RÉDUIT À Oo.

Midi. 732,232 2h. après midi. 740,321 28,*1 , à es Pendanttoute la journée le vent 5 4 727 514 a été trés-fort, et par inter- 6 & 72: 654 valles le ciel s’est éclairei. Il 7 L 726 217 est tombé de la pluie. 8 » 726,529 9 » 726,991

M. Quetelet a trouvé, le même jour, les valeurs suivantes à l'observatoire de Bruxelles :

Banow, RéDuIT À Oo, Tuerar. cent. Hyc, Sauss.

mm,

Midi. 730,47 +78 76 à 2h 12’ 727,92 ? ? 3 10 727,09 ? ?

4 726,39 8,1 82

9 725,74 6,7 92

La quantité d'eau tombée depuis midi jusqu’au lende- main à midi, a été de 13m,11, Le vent soufflait dans la direction ONO. (Voyez pour les abaissemens remarquables du baromètre en Belgique , à la pag. 329 du tom. IT des Bulletins de l'Académie.)

( 108 )

Numismatique. M. le baron De Stassart fait hom- mage à l’Académie des médailles suivantes, destinées à être déposées dans son médailler :

1. Médaille frappée par ordre des états provinciaux du comté de Namur, en 1749, après la paix d'Aix-la-Chapelle, qui a fait rentrer les provinces Belges sous la domination de Marie-Thérèse ; d’un côté l'effigie de cette princesse et de l’autre la colombe revenant dans l’arche avec une branche d’olivier.

2. Médaille frappée par ordre des états provinciaux du comté de Namur, à l'élection de Joseph II comme roi des Romains.

3. Médaille frappée pour l'inauguration de François IT en qualité de comte de Namur, en juin 1792.

4. Médaille en bronze pour l'inauguration de Léopold I*, roi des Belges, le 21 juillet 1831.

5. Médaille en bronze de la fontaine de Vaucluse 1810.

Les médailles présentées à la séance précédente, de la part de M. Decloet étaient, d’après l'examen qu’en a fait M. Marchal :

Un Philippe d’or, monnaie frappée en Hollande par les ordonnances des années 1499 et 1503 de l’archiduc Philippe-le-Beau. La valeur est de 24 sols de gros ou 6 fl. 6 s. de change ou des Pays-Bas modernes. Avec l6- gende: Phs. dei gra. archidux Aus. dux Bq.et Holl. Au revers sont les armoiries d'Autriche-Bourgogne supportées par un St Philippe avec exergue : Ste. Phe. intercede pro nobis.

2 Neuf Toisons d'argent ou silvere vlies simple et doubles, frappées par les ordonnances du même archiduc de 1476, 1498, 1499 et 1503, et continuées après lui par ordonnances de 1508 et 1515.

( 109 )

La valeur de la toison simple est de 2 sols de gros, monnaie de Flandre, et de 4 la double, avec légendes : Phs. dei gra. archidux Aus., etc. , etc. Au revers, il y a sur quelques-unes la toison ; sur d’autres la croix toison- née avec les exergues :

Initium sapientiæ timor Domini 1498 Diligite justiciam qui judicatis terram Sit nomen Domini benedictum. Deux Carolus d'argent d’après l'ordonnance de 1520 de Charles dit ensuite Charles-Quint, valeur 2 sols de gros, avec légende de Charles-Quint et l’exergue : Da mihi virtutem contra hostes tuos. La médaille romaine est un Constance, ayant au revers up guerrier qui terrasse son ennemi.

LECTURES.

Conchyliologie. M. Cantraine donne lecture de la notice qui suit sur les grands limaçons d'Illyrie de Varron et-de Pline.

« Les anciens ont connu la plupart des Hélices édules de l’Europe méridionale, qui figurent dans nos systèmes; et à en juger par quelques passages des auteurs contempo- rains, les Romains en tiraient un meilleur parti que nous, vu qu'ils savaient en faire un objet de gastronomie. On peut consulter sur ce point Varron De Re rustica, lib. IIT, cap: 14, vol. 1, pag. 310 de la collection Scriptorum Rei rus- ticæ, édition de Schneider 1794 , et Pline, lib. IX, cap. 56, (LXXXII de l'édition de Panckoucke) de Cochlearum vivariis. De Férussac, qu'une mort prématurée vient d’en- lever à la science, a tâché de reconnaître les espèces dont Pline et Varron ont parlé, et qui paraissent appartenir à

( 110 )

celles aujourd’hui connues des naturalistes; mais ayant lu son travail, je l'ai trouvé incomplet, et j'ai remarqué qu'il n’a ‘pas su expliquer une donnée qui se trouve dans l’un et l'autre de ces auteurs. Dans Varron Loc. cit. on lil : genera Cochlearum sunt plura, ut minutæ albulæ que afferun- tur e Reatino et MAXIMÆ QUÆ DE ILLYRICO apportantur; et mediocres queæ ex Africa afferuntur…... et valde amplæ sunt quædam ex Africa quæ vocantur Solitanæ. Pline, loc. cit., en parlant de Fulvius Hirpinus qui inventa la manière d’engraisser les Hélices, dit qu’il les divisait en genres : separatim ut essent albæ quæ in reatino agro nascuntur , SEPARATIM ILLYRICÆ, QUIBUS MAGNITUDO PRÆ- CIPUA ; A/fricanæ , quibus fecunditas ; Solitanæ , quibus nobilitas. Ges mots et maximæ que de Illyrico apportan- tur de Varron et separatim Illyricæ quibus magnitudo præripua de Pline, ont été pour le naturaliste français le sujet d'une digression, pag. 113 de son Xistoire naturelle générale et particulière des Mollusques terrestres et flu- viatiles, digression dans laquelle il pèse toutes les raisons qui militent pour ou contre les quatre espèces d'Hélices (/. aspersa Mull., Cincta Mull., Lucorum Muil., Pomatia Linn.) à l'une desquelles il croit que se rapportent les grands limaçons d’Illyrie, mentionnés par les deux auteurs latins. Ne partageant pas sa manière de voir, et croyant que l'erreur dans laquelle il est tombé, provient de ce qu’il n’a connu qu'imparfaitement les Hélices qui vivent dans les contrées orientales de l'Illyrie, je vais tâcher d'expliquer ces passages de Varron et de Pline à l’aide des matériaux que j'ai recueillis pendant mon séjour en Dalmatie.

» En lisant ces passages, on voit que le caractère dis- tinctif de ces limaçons, aux yeux de Varron et de Pline, est une taille très-forte (maximæ) (magnitudo præcipua)et il

ur

(111)

paraît que pour les Romains ces Hélices joignaient à une taille extraordinaire une délicatesse peu commune, puis- qu'ils en faisaient tant de cas qu'ils allaient les chercher en Illyrie pour les engraisser et s'en régaler. En effet, on trouve dans le territoire de Raguse une grande Hélice appartenant aux Hélicigones de Férussac et qui se distingue des autres Hélices européennes par une taille très-forte, la coquille mesurant souvent en diamètre 20 à 30 lignes. Quoique peu élevée, elle dépasse pourtant de beaucoup en volume les plus grands individus des espèces cilées par De Férussac; et comme on trouve dans sa chair un aliment sain et abondant, qu'elle réunit par conséquent tous les avantages que les Romains trouvaient dans les grands limaçons d'Illyrie, je suis porté à croire que c'est à cetle

“espèce que se rapportent les passages de Varron et de Pline

précités. Elle ne figure pas, que je sache, dans les systèmes; je vais la d'écrire sous le nom de Æelix Varronis.

HELIX VARRONIS. N.

H. Testa magna, depressa, late umbilicata , alba , fasciis fuscis ; epidermide luteo-viridescente ; labro albo, reflexo. 1

» L'Hélice Varron a beaucoup du port de l'Æ.unizonalis, Lam. , à en juger par les figures qu'on en trouve dans l'En- cyclopédie méthodique, pl. 462, fol. 4, et dans {’ Histoire nat. gén. et part. des Mollusques terrest, et fluo. pl. 91, fol. 4. Elle est grande, surbaissée, d’un blanc de lait, mar- quée de trois zones brun-foncé , dont les deux supérieures très-rapprochées se montrent sur tous les tours; l'inférieure presque aussi large que les deux autres réunies entoure la base : un épiderme jaune-verdâtre souvent teint de ferru- gineux la recouvre presque en entier : les tours de spire

(112)

sont arrondis ; un large ombilic; la bouche est un peu versante, entourée d'un péristome blanc, réfléchi et in- complet.

» On trouve une variété qui a l’épiderme jaune-citron, et qui n'offre aucune trace des zones : l'intérieur est d’un beau blanc. »

« Le xsxaha d’Aristotese rapporte peut-être à cetteespéce. Quelques Grecs modernes, et les Dalmates, ont conservé dans leur langue la dénomination d’Aristote, mais ils l’'ap- pliquent au Larus melanocephalus Natier.

» Cette espèce n’est peut-être que l’ÆZelix gravosaensis de Megerle de Mublfeld, qui commit un double emploi en en décrivant la variété unicolore sous le nom de Æelix brenoensis. Ces dénominations ne me sont connues que par le Synopsis de Menke(2%° édition 1830), dans lequel l’Æe- lix montenegrina Liegler est donné comme synonyme du gravosaensis. Les ouvrages de Megerle et de Ziegler sur les mollusques m'étant inconnus , et les ayant cherchés en vain dans plusieurs grandes bibliothèques, je crois rendre service à grand nombre de naturalistes, surtout à ceux du midi et de l'occident de l'Europe, en leur faisant connaître plus amplement cette belle espèce, quelle que soit la dé- nomination sous laquelle ils l'adoptent.»

Entomologie. M. Wesmael présente la Description d'une nouvelle espèce de Bolétophage de Java :

BOLETOPHAGUS GIBBIFER. Piceoniger, palpis et antennis rufis, pedibus rufopiceis ; protho- race elytrisque gibosis, tuberculatis , marginibus eæplanato-di- latatis, crenulatis; vertice cornubus duobus erectis, clavatis,

basi connatis armato.

Tout le corps de cet insecte est d'un noir de poix lui-

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(113)

sant, mais recouvert au-dessus d’une croûte brune et terne formée par une matière paraissant analogue à celle qui suinte des arbres chancreux. Les palpes et les antennes sont fauves. Le vertex est surmonté de deux cornes dirigées un peu obliquement en haut et en avant, de la longueur de la moitié du corps, se confondant à la base , à surface un peu inégale, comprimées et dilalées vers le bout. Le prothorax est fortement échancré en avant, très-convexe dans le disque, parsemé de petits tubercules , crénelé sur les bords. Les élytres sont également crénelées sur les bords, et convexes dans le disque, d’où s'élèvent en outre quatre bosses en cônes irréguliers, deux près de la base et deux vers le milieu, à peu de distance de la suture. Près de celle-ci , il y a de chaque côté une rangée de petits tuber- cules; une autre rangée s’élend depuis l'angle externe de la base jusque près de l'extrémité de la suture ; une troi- sième rangée est placée sur l’extrême bord. Toute la portion convexe des élytres est couverte de points enfoncés épars, entremélés de quelques tubercules. Les pieds sont d’un fauve obscur; les tarses des quatre premiers semblent n’a- voir que quatre articles, le premier étant trés-court, et caché dans une échancrure de la jambe.

Cette espèce fait partie de ia collection de M. le Chevalier B. Dubus De Gisignies ; qui en possède deux individus ori- ginaires de Java; il est probable que ce sont deux mâles, seul sexe chez qui l’on voit ordinairement la tête armée de cornes chez les Bolétophages.

EXPLICATION DE LA PLANCHE.

«, L'insecte grossi trois fois. .… D. Profil de l’insecte. c Dimensions naturelles,

( 114)

Emhryologie. M. le directeur communique ensuite une lettre de M. Jacquemin de Paris sur le développement des piéces osseuses chez le fœtus des oiseaux. Cette lettre conlient les détails suivans :

« Le célèbre Cuvier s'élait proposé de combattre , dans les leçons d'histoire naturelle qu'il faisait au collége de France pendant l'année 1830 , et qui furent les dernières, la philosophie de la nature. Cette philosophie naquit en Allemagne et commence à se répandre en. France. C'était surtout la doctrihe de l'unité de composition des pièces osseuses dans la série animale qu'il voulait renverser. Pour démontrer, jusqu’à l'évidence, la fausseté de cette doc- trine, il avait insisté, comme principal argument, sur l'his- toire du développement des pièces osseuses chez le fœtus. Malheureusement la mort empêcha ce grand anatomiste de réaliser son projet; mais les préparations failes sous ses veux pour atleindre ce but, existent encore dans les galeries d'anatomie comparée au jardin royal des plantes à Paris. L'examen comparatif des préparations qui concer- nent le développement du système osseux chez les oiseaux m'a conduit aux résullats suivans.

» La série des préparalions séchesconimence par celle du fœtus de dix jours d’incubation. Les rudimens de ce petit squelette dont la longueur n’est que de 2 à 2/7, centimètres, sont encore membraneux et sans trace d’ossification. Le crane n’est encore qu’une enveloppe mince transparente, au travers de laquelle on aperçoit les ramifications des vaisseaux. Sur les faces latérales , dans le point qui corres- pond au sphénoïde, on distingue un point opaque qui in- dique la naissance des parties solides de l'ouïe; les rudimens pour les os de la face sont surtout bien marqués. Les côles s’annoncent par des stries parallèles tracées dans une mem-

( 115 ) brane mince. Les vestiges des os du bassin et des vertèbres sacrées sont à cette époque les moins apparens. Les extré- mités antérieures et postérieures sont au même point de développement, leurs articulations s’annoncent par des renflemens. Les doigts sont encore très-rudimentaires, mais leur nombre est cependant distinct.

Treizième jour d'incubation.Xntroduction de molécules terreuses dans diverses pièces du squelette. Le développe- ment a fait des progrès très-rapides pendant ces deux jours. Le squelette présente cinq centimètres de longueur. La premiére pièce qui s’est ossifée est la mâchoire inférieure; elle avait fait de tels progrès que les cinq pièces qui la composent étaient presque formées et qu'il m'a élé impos- sible de m'assurer si chacune de ces pièces possède un point d’ossificalion particulier comme cela me paraît bien probable; la partie antérieure de l'inter-maxillaire s'était ossifiée en commençant par sa pointe; les os propres du nez s'étaient chargés de molécules terreuses et chacun d'eux avait un point d’ossification particulier en- core peu développé; la partie orbiculaire du frontal; la partie écailleuse du temporal; les parties saillantes de l’occipital et le basilaire, c’est-à-dire tous les points externes et élevés de la circonférence du crâne s'étaient faiblement chargés de molécules terreuses : le reste du crâne élait encore membraneux; pour la colonne ver- tébrale , Les corps seuls des vertèbres cervicales présentaient chacun un point d'ossification; les vraies côles avaient aussi chacune développé un point d’ossification placé assez près de l'extrémité vertébrale ; la partie moyenne de la clavicule coracoïde; 10° la partie antérieure de l'omoplate; 11° la partie moyenne de l'humerus; 12° du

_ Gubius; 13° du radius; 14° des deux branches du mé- Tox. 11. 9

(116) tatarse, et enfin 15° de la première et de la seconde pha- lange du second doigt, ainsi que 16° la clavicule s'étaient ossifiés. Quant aux extrémités postérieures, les pièces cor- respondantes à celles que nous venons d'énumérer pour les parties antérieures, élaient à peu près au même point d’ossificalion.

Dix-septième jour d’'ineubation. Introduction de molé- cules terreuses dans d’autres parlies du squelette et agran- dissement de celles déjà apparues. La tête a surlout acquis beaucoup de développement. Le squelette présente 8 centi- mètres 7; de longueur; 17° l'os carré, 18° le lacrymal, 19° l'omoïde, ont pris naissance chacun par un seul point d’essification. Les cinq points d’ossification pour l’occipital sont très-dislincts. Dans la colonne vertébrale les molé- cules lerreuses commencent à former les apophyses des vertèbres cervicales. Il y a aussi des points d’ossification pour les vertèbres dorsales et lombaires, on n’en aperçoit point encore pour les sacrées et les coxigiennés; les apophyses sternales des côles naissent, non pas par le mi- lieu, comme les os longs, mais par l’extrémité sternale; 21° enfin le sternum jusqu'ici tardif dans son développe- ment commence à s’ossifier. Il présente deux faibles points d’ossification pour son corps, un de chaque côlé. Les quatre autres pour les apophyses antérieures et postérieures ne sont pas encore visibles. Nous verrons par la suite que les deux premiers se soudent de très-bonne heure et que pen- dant trés-long-temps il n’en existe que cinq. A cette époque, la plus grande énergie se manifeste dans le développement des extrémités; 22° il est apparu des points d’ossification au milieu de chaque phalange ; les autres os ont pris beau- coup d’accroissement.

Dix-neuvième jour d’incubation. Les pièces déjà for-

(117 ) mées continuent à croître sans que beaucoup de nouvelles parties entrent dans la sphère d’ossification. Le tronc est généralement moins développé que les extrémités ét la tête. Le péroné seul à pris naissance par un point d'ossification placé vers son extrémité supérieure.

Voilà trés en abrégé les grands traits de la marche du dé- veloppement fœtal du squelette. On voit que les os de la face et ceux de l'appareil du vol ontété surtout favorisés, tandis que le crâne et surtout les os du bassin sont au con- traire fort lents dans leur évolution. La partie du squelette ossifiée jusqu'ici a nécessairement diré ses molécules ter- reuses du vitellus et de l’albnmine, tandis que les pièces qui doivent plus tard se solidifier les reçoivent d’une nour- rilure prise à l'extérieur. On voit aussi par ce qui précède et on le verra encore mieux par le développement extra- ovulaire du squelette dont nous parlerons plus tard , que la marche générale de l’ossification se fait de la périphérie à la ligne médiane. Souvent une pièce osseuse paraît pres- qu’entièérement stationnaire dans son accroissement, puis arrive un moment elle prend un si grand développement qu'elle aticint et surpasse quelquefois même les autres parties. Nous en trouverons üun exemple frappant dans le sternum du canard.

Poids et mesures des bestiaux, par M. Quetelet. =— « Aux termes de la loi du 31 décembre 1835, les droits d'entrée des bestiaux dans le royaume devant être payés désormais, non d’après le nombre des têtes, mais bien d’après le poids , il devenait nécessaire d'établir des ponts à bascules sur tous les points de la frontière par l'entrée pouvait avoir lieu. Cette mesure n'entraînait pas seulement à des dépenses considérables, mais son exécution pratique

- offrait encore de grandes difficultés. M. le ministre des

(118 )

finances crut qu'on pourrait utiliser avec succès, dans cette occasion, les moyens employés dans quelques parties de l'Angleterre pour substituer aux pesées, des mesures de longueur qui sont infiniment plus faciles à obtenir et qui n’exigent que des instrumens peu dispendieux; je fus invité à m'occuper de rechercher les moyens de rendre cette méthode applicable à notre royaume, et l'on me remit en même temps quelques écrits publiés en Angleterre sur le même sujet (1). Malheureusement les tables qui y étaient calculées, avaient été construites dans un but différent de celui qui devait fixer notre attention. Les tables formées pour l'usage des trafiquans de bétail et des bouchers, ne font pas connaître en effet le poids réel, mais le poids net de l'animal; du reste la méthode employée pour connai- tre le poids pouvait servir avec succès, mais comme la marche qui avait élé suivie dans le calcul des tables pour passer de la connaissance du poids réel au poids net, n'élait pas suffisamment indiquée, il fallait nécessaire- ment recourir à l'expérience pour délerminer le rapport, ou plutôt pour conslruire directement des tables nou- velles.

La méthode anglaïse consiste à ne considérer dans l’ani- mal que le corps seulement que l’on assimile à un eylin- dre, dont la circonférence de base se mesure en arrière de l'omoplate ZB, et dont la hauteur est la longueur de la ligne horizontale CD, depuis la partie antérieure de l’o- moplate jusqu’à la perpendiculaire qui touche la partie la plus en arrière de l'animal. On suppose que chaque pied

(1) Les principaux sont The grazier’s ready reckoner par G. Renton, in-12 , Eondres , &-édition, et les Zubles adapted to the use of furmers and grasiers , par Layton Cooke, in-8 , Londres 1813.

( 119 ) cube de ce cylindre pèse 42 livres (3 stones de 14 livres), à peu prés 19 kilogrammes. La formule est alors :

1 circonf, AB° X CD X 7 °ù AB’ x CD X 0.08, T

ce qui donne le contenu du cylindre en pieds cubes; et, en multipliant par 42, on obtient le nombre de livres que pèse l’animal en vie , poids net. C’est d’après cette base que sont calculées les tables dont se servent les Angiais dans leurs transactious commerciales.

M. Mathieu De Dombasle a proposé , en France, une méthode à peu près semblable, pour trouver le poids net de la viande ou des quatre quartiers d’un bœuf ou vache en vie. Dans cette méthode on ne prend qu’une seule me- sure, c’est celle de la circonférence de l’animal ; mais ici le ruban qui sert de mesure doit être placé de mamiëre à passer derrière une jambe de devant du bœuf, et devant la jambe opposée. On trouve alors sur un des côtés du ruban, la longueur du contour de l'animal, et sur le côté opposé se trouve inscrit le poids net que l’on cherche. Cette méthode, très-expéditive dans la pratique, peut donner lieu ‘à des erreurs assez grandes, car elle suppose que les bestiaux qui ont même circonférence ont aussi même longueur, ce qui ne répond pas aux résultats de l'expérience.

Pour connaître la méthode à préférer et pourétablir les bases du calcul des tables, deux séries d'expériences furent faites en présence de plusieurs fonctionnaires supérieurs de l'administration des contributions, au ministère des finances et en particulier de MM. Engels et Fournier. C’est en partant de ces résultats et de la comparaison des tables

( 120 ) Æ. anglaises, que j'ai calculé les tables suivantes qui diffé- rent essentiellement de celles que l’on avait jusqu'ici, en ce qu’elles donnent le poids brut des animaux sur pied. Voici la loi empirique que j'ai adoptée dans mes calculs. Je considère l'animal comme pesant autant qu'un cylin- dre d’eau qui aurait, pour circonférence de base, une circonférence égale en longueur au contour ÆB de la section verlicale faite derrière les jambes de devant (voyez

la figure); et dont la hauteur serait les = de CD, longueur

ÿ horizontale de l'animal depuis la tie antérieure de l’é- paule jusqu’à la perpendiculaire qui touche la partie la plus en arrière des cuisses , de sorte qu'en prenant le centi- mètre pour unité de longueur et le kilogramme pour unité de poids, on peut calculer immédiatement les nombres des

tables par la formule qui suit : Le poids du bœuf 2 AB: x CD ep u bœuf = x CD.

On concevra sans peine l'usage de ces tables qui n’exigent que l'emploi d’un ruban divisé en centimètres ; il faut que ce ruban ne soit pas extensible, et que les divisions ne puissent pas s’altérer par l'usage qu'on en fait. Dés qu’on aura pris les deux mesures comme il a été indiqué précé- demment, c’est-à-dire celle de la circonférence et de la longueur de l'animal , les lables donneront immédiatement le poids en kilogrammes.

Au moyen des mêmes tables, il sera facile de calculer le poids net qui, d'après Laylon Cooke , est au poids brut dans le rapport 0,65 environ à 1; c’est-à-dire, qu’un bœuf maigre pésera, poids net, environ 0,6 de son poids brut; pour les bœufs ordinaires, il faudra prendre 0,65; et pour

"g RC 715) les bœufs de première qualité 0,7. Nos tables pourront donc servir à la fois , en employant ces rapports, à connaître le poids net et le poids brut.

En comparant les poids observés aux poids calculés de nos tables , pour une série de trente pièces de gros hétail, la somme de toutes les erreurs a été de 63 kilogrammes en moins , ou 2 kilogrammes par tête; et dans le nombre des bestiaux soumis à l'expérience , se trouvaient des bœufs et des génisses de races étrangères et de formes différentes de celles des bestiaux indigènes ; il faut remarquer à cet égard qu’il peut se présenter des différences assez notables, l'écart pour une génisse d’une espèce particulière a été de 36 kilo- grammes sur 585 , c’est un des plus grands écarts qui aient élé observés , de manière que si le gouvernement était disposé a admettre une tolérance pour les mesures, on pourrait l’établir à 1720 du poids; et il serait bien peu probable que l’on trouverait des bestiaux qui présenteraient des écarts plus grands.

(122)

prise derrière les jambes de devant.

120 | 124

132

226 233 240 246 253 260 267 274 281 288 296 303 311 318 326 334 342 350

136

233 240 247 254 261 268 275 282 289 297 305 312 220 328

. 336 344 352 360

133

237 244 250 257 265 272 279 286 294 302 309 317 325 333 341 349 357 366

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240 247 254 261 268 276 283 291 298 306 314 322 330 338 346 354 362 371

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250 258 265 272 280 287 295 303 311 319 327 335 344 352 361 369 378 387

148

254 261 269 276 284 291 299 307 315 323 332 340 348 357 366 374 383 392

150

257 265 272 280 288 295 303 311 319 328 336 345 353 362 370 379 388 397

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( 125 )

Littérature ancienne. Rapport sur l'ouvrage de

M:Ph. Bernard, intitulé: Commentatio Historico-Critica in Lysiæ orationem funebrem. Commissaires, MM. le ba- ron De Reiffenberg et Bekker, rapporteur. - «Le discours funèbre de Lysias a été de tout temps re- gardé comme un chef-d'œuvre dans son gente, el en même temps comme la meiïileure production de cet homme cé- lèbre que Cicéron aurait osé appeler Le seul orateur ac- compli, s'il avait su réunir la force de Démosthénes à la grâce , à la pureté et à la clarté de son style. L'auteur de l'Histoire de l’éloquence chez les Grecs , M. Belin de Ballu, prend celte pièce à juste titre, pour « #n vrai mo- dèle d’un style tout à la fois simple et majestueux , » en ajoulant que « elle devrait être rendue classique et mise entre.les mains de la jeunesse. »

» Quoique M. Bernard ne s'explique point sur le plan et le but de son travail, nous ne doutons guère que son prin- cipal dessein n’ait élé l’accomplissement du vœu exprimé par le savant Français; et sous ce rapport, nous ne pou- vons qu'applaudir à ses efforts. Il est vraiment temps de familiariser de bonne heure les élèves de nos colléges avec les brillantes productions de l’époque classique de la lit- térature grecque, au lieu de restreindre leur lecture à quelques morceaux de Lucien, de Plutarque et d’autres écrivains d’un âge postérieur, à la fois plus difficiles à com- prendre et moins instruclifs.

» Le riche commentaire et l'introduction, par lesquels M. Bernard a tâché de faciliter l'étude de ce beau morceau de Lysias, font preuve de jugement, de méthode et de con- naissances étendues et variées en histoire aussi bien que dans les sciences philologiques. On y voit recueillis, avec

soin et avec discernement, tous les passages des anciens,

( 126 )

propres à répandre plus de jour sur les paroles de l’orateur. Tous les points qui ont trait à l'histoire et aux antiquités d'Athènes, sont suffisamment éclaircis. S'il y avait un re- proche à faire à l’auteur de ce commentaire , il serait fondé sur la trop grande abondance de matières. Nous lui en fe- rions un d’avoir complètement ignoré l'édilion critique de Lysias par Foertsch, déjà publiée en 1829, si sa position ne lui servait d’excuse à cet égard.

» Au reste, si M. Bernard se proposait de publier son tra- vail à l’usage de la jeunesse studieuse , nous l’engagerions à en retrancher tout ce qui pourrait paraître superflu , et à donner plus de soin à la critique du texte. »

L'Académie adopte les conclusions de ce rapport, et dé- cide que des remercimens seront adressés à M. Bernard pour sa communication.

Histoire. L'Académie entend ensuite la lecture du mémoire de M. le baron De Reiffenberg, sur les sires de Diest (voyez pages 341 et 401 du tome II des Bulletins).

M. le directeur, en levant la séance, a rappelé que l’é- poque de la prochaine réunion coïncidait avec celle de la séance générale du mois de mai, et a décidé qu’on se réu- nirait dès la veille. L'Académie s’assemblera donc le 6 et le 7 mai prochain.

( 127 ) OUVRAGES PRÉSENTÉS.

Memorie dell I. R. Istituto del regno Lombardo- Veneto, volumes 1, 2,8 et 4; Milan, 1819, 1821, 1824 et 1833 ; gr. in-4°.

Collezione degli atti delle solenni distribuzioni de premj d'industria, volumes 1, 2, 3, 4,et5; Milan, 1824, 1827 et 1833, in-&.

Monographia sulle morti repentine, par Sormani; Milan, 1834, in-8°.

Memorie della Reale Aceademia delle scienze di To- rino , tome 38; Turin , 1835 , in-4°.

Cozzecrion Des CnroniqQues BELGEs iNÉDITES, Pataille de Woeringen, par Van Heelu, avec des notes, par M. Willems, membre de l'Académie de Bruxelles, 1836, in 4°.

Journal de la Société de la Morale Chrétienne , tome 9, 1 et 2, janvier et février 1836 ; Paris , in-8°.

Mémoires de la Société de Médecine de Gand, année 1835, Bruxelles 1835 , in-8°.

Bulletin de la société de Médecine de Gand , séances du 1% décembre 1835, et du 5 janvier, 2 février et 1°" mars 1836; 4 feuilles.

Le Banquet de Warfusée, par M. Polain, broch. in-8°; Liége 1836.

Annales de Hainaut , par Jean Lefévre, pour servir de supplément aux Annales de Jacques de Guyse, publiées pour la première fois avec des notes, par M. le marquis de Fortia d'Urban , tomes XVII. et X VITE , in-8°; Paris 1835.

Essai sur la culture, la chimie et le commerce des garances de Vaucluse, par J. Bastet, livraison , in-8°; Orange.

Discours prononcé par M. La Doucette , sur la pro- position de défricher les forêts, 1 feuille in-8°.

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BULLETIN

DE

L’ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES

-

ET BELLES-LETTRES DE BRUXELLES.

1836. No 5.

Séance générale du 6 et du 7 mai.

M. le baron De Stassart, directeur. M. Quetelet, secrétaire perpétuel.

GORRESPONDANCE.

M. le conseiller de Macedo adresse à l’Académie, de la part de l’Académie royale des sciences de Lisbonne, la deuxième partie du tome XI des mémoires de ce corps savant.

M. De Cloet fait hommage de douze médailles d'argent récemment trouvées à Freyr, au même lieu l’on a déterré les médailles qui ont été présentées à la séance du 5 mars dernier.

M. le baron De Stassart présente également , avec l’auto- risation de M. le ministre de l’intérieur, un exemplaire en

Tow. 11. 10

(:130 )

bronze de la médaille frappée pour l'exposition de l’indus- trie en 1835.

M. le ministre des affaires étrangères et de la marine communique les observations sur les marées, faites, à Ostende pendant le mois de mars. Ms

M. le capitaine Hochereau, aide-de-camp de M. le mi- nisire de la guerre, communique une nole manuscrite de M. Huart de Charleroy, sur la cause de la supériorité de l'emploi de l'air chaud sur celui de l'air froid dans l'ali- mentation des hauts-fourneaux. M. Hochereau demande à l’Académie, si la notice de M. Huart est jugée favorablement quant au principe qui en est le sujet capital, d'être admis à soumettre ses observalions sur l’établissement de la théo- rie intéressante qui s’y trouve exposée. Commissaires MM. Martens , Cauchy et Dehemptinne,

M. Gachard fait hommage à l’Académie de la collection de ses ouvrages , et il écrit en même temps qu'ilexiste dans le dépôt des archives de l'État, dont la direction lui est con- fiée , des documens pleins d'intérêt et ignorés jusqu'ici sur l'institution de la société liltéraire de Bruxelles, en 1769, et son érection en Académie impériale et royale en 1772. Ces documens sont, entre autres, des notes du comte de Nény et de l'abbé de Nélis , la correspondance du comte de Cobenzl avec le prince de Kaunitz, les rapports ce prince à Marie-Thérèse. M. Gachard promet de faire prendre copie de ces piéces pour l’offrir à l’Académie. Remercimenis.

M. Delafontenelle de Vaudoré annonce, par l'intermé- diaire de M. le baron De Reïffenberg, qu’il vient de mettré à la disposition de l'Académie un exémplaire du compte de la session du congrès scientifique de France, tenue à Poitiers , en 1834.

(131) CONCOURS DE 1836.

L'Académie avait proposé six questions pour la classe des - lettres et huit pour la classe des sciences. L'examen des mémoires reçus en réponse à trois de ces questions , a pré- senté les résultats suivans :

CLASSE. DES LETTRES,

Indiquer l’époque précise des inventions, importations et per- fectionnemens qui ont successivement contribué aux progrès des arts industriels en Belgique, depuis les dernières années du dix- huitième siècle jusqu’à nos jours, avec l'indication des personnes qui, les premières, en ont fait usage parmi nous.

Le mémoire recu en réponse à celte question et portant l'épigraphe : On ne peut porter ses regards sur les cin- quante dernieres années, etc., renferme des documens très-curieux; il se fait généralement remarquer par la pureté du style, la clarté des explications et par des ré- flexions pleines de justesse. Cependant on trouve, d’une autre part, beaucoup d’assertions que l'on peut croire au moins hasardées, et qui, en tout état de cause, ne sont ap- puyées sur aucune autorité; d’où il résulle que la vérifi- cation en est à peu prés impossible. On pourrait aussi reprocher à ce travail le défaut d’ordre dans la classification des objets qu’il énumère. "

Ces divers motifs ont porté l'Académie : à décerner au mémoire qu'elle a reçu, la mention la plus honorable, en émettant le vœu que l’auteur revoie altentivement son travail pour le prochain concours.

(132)

CLASSE DES SCIENCES.

Quels sont les meilleurs moyens à employer, sousle double rap- port de la solidité et de l’économie, pour reconstruire et pour entretenir les chemins vicinaux, de manière à les tenir dans un état permanent de viabilité.

L'auteur du mémoire qui est parvenu en réponse à cette question, et qui porte l'épigraphe: Je demandais un jour au maire de mon village, ete., s’est plutôt occupé de créer un nouveau règlement d'administration publique sur les chemins vicinaux, que d'aborder d’une manière scienti- fique et pratique la question proposée au programme ; l'Académie a donc cru devoir écarter ce travail, comme n'ayant pas répondu à son attente.

Déterminer quand et comment se forme la matière colorante de la garance, depuis sa germination jusqu'à l’époque de sa pleine végétation. Examiner la structure anatomique et les fonctions physiologiques des parties tinctoriales de cette plante, et appliquer les résultats de ces travaux à sa culture et à sa dessication. (Le mémoire devra être accompagné de planches.)

Après avoir entendu ses commissaires (MM. Martens, Dehemptinne et Dumorlier, rapporteur), l’Académie a jugé que le mémoire portant l'épigraphe : Un fait bien vu est une chose précieuse, ete., a très-bien répondu aux con- ditions du programme, et elle lui a décerné en conséquence la médaille d’or. L'auteur est M. J. Decaisne , de Bruxelles, aide-naturaliste au muséum d'histoire naturelle à Paris.

L'Académie a en outre ordonné l'insertion au Bulletin du rapport suivant, qui lui a été présenté par M. Île rap- porteur de la commission.

( 153 )

& La manière dont se forment les matières colorantes dans les végétaux, est un phénomène peu connu et sur lequel l'Académie avait cru devoir appeler l'attention des savans, en choisissant spécialement comme objet de concours la garance, dont les matières tinctoriales sont d’une grande importance pour l’industrie, C’est dans ce but qu’elle avait proposé la question suivante : Déterminer quand et com- ment se forment les matières colorantes de la garance depuis sa germination Jusqu'à sa pleine végétation 4 examiner la structure anatomique et les fonctions phy- siologiques des parties tinctoriales de cette plante et ap- pliquer les résultats de ces travaux à sa culture et à sa dessication. »

Un seul mémoire a élé présenté en réponse à celte ques- tion; il porte pour devise : « Un fait bien vu est une chose précieuse; ily en a peu qui soient connus dans tous leurs détails. Ce mémoire est divisé en deux chapitres subdivisés chacun en deux parties. Le premier esl relatif à l'anatomie, à la physiologie de la garance considérée d’abord sous le point de vue de la racine et ensuite de la tige. Le second chapitre se rapporte à la question chimico-agricole, et contient l'application des observations qui précèdent à la culture et à la dessication de la garance.

Relativement à la question purement botanique, l’auteur décrit et figure avec le plus grand soin les diverses parties conslituantes, soit internes, soit externes de la racine, des ti- ges et des feuilles de la garance. Il prend l'embryon dans la graine et le suit dans toutes ses phases jusqu’à sa pleine végétation , en représentant avec une rare perfection et un talent admirable tous les organes internes de cette plante.

Pour rendre compte en peu de mots de cette anatomie, nous dirons que, dans l'état actuel de la botanique, il n'existe

( 154 )

à notre connaissance, rien de comparable sur aucun végétal en particubier, Ge travail est à la botanique, ce que sont à la zoologie , les anatomies de Straus et de notre célébre compatriote Lyonnet. Nous nous dispenserons d'entrer dans les détails de cette anatomie. C'est au mémoire et aux belles plinches qui l'accompagnent, que nous renverrons ceux qui voudront étudier tout ce qui a trait à cette parlie.

. En selivrant à un travail aussi ardu , l’auteur avail pour but de rechercher si la garance offre dans son tissu, dés par- ties se fixent de préférence les matières colorantes qu’elle produit, etilen est résulté cette observation que la matière tinctoriale de la garance ne se trouve ni dans des vaisseaux propres, ni dans des réservoirs particuliers, maïs que son principal siége est dans les cellules et les vaisseaux du latex qui constituentla partie charnue de la racine, et que par conséquent. elle est analogue à la séve descendante et éla- borée/dans les cellules,

Arrivant aux phénomènes qui se passent dans le tissu cellulaire la racine, l’auteur remarque que ce tissu, incolore dans l'embryon, est d’un jaune pâle peu après la germinalion, et qu'ensuitesa couleur devient de plusenplus intense. Or en examinant le fluide contenu dans ce tissu , on voit que sa limpidité est parfaite, qu'il ne contient aucune malière tenue en suspension et que sa couleur est jaune et nullement rouge. Tel est l’élat du suc contenu dans les cellules de la racine de la plante vivanie, aussi long-temps que les parties qui le renferment sont à l'abri des agens externes. Mais, dès l’instant que ce suc est exposé à l'air, il perd sa limpidité, devient nuageux et de jaune pâle qu’il élait, il passe à la couleur rosée, si l’on opère sur une plante en germination; tandis que, dans la planteadulte, il passe du jaune an rouge foncé. Ainsi la racine de garancea

CPS

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l'état primitif ne renferme que du suc de couleur jaunesus- ceptible de passer au rouge dans des circonstances données. Pour prouver cette vérité , l’auteur établit par des expé- riences ingénieuses que c’est l'air qui détermine colora- tion rouge. En outre, il a observé, dans laracine, des vais- - seaux ponctués dans lesquels la couleur: rouge se présente au contact de l'air par l'intermédiaire de ponctuationsoffrant dans leur milieu une raie longitudinale qui paraît, quant à la forme, avoir beaucoup d’analogie avec les stomales.

Nous ne pouvons partager l'opinion de l’auteur lorsqu'il proclame d’une manière absolue l'absence du principe co- lorant rouge avant la pulvérisation, car l'observation des racines vivantes âgées de plusieurs années, présente un ré- sultat différent de celles de la première année. Ces racines présentent alors la coloration rouge quoique leur suc reste jaune. Mais l'explication qu’il donne sur la transformation du suc jaune ‘en rouge, et les nombreuses et belles expé- riencés sur lesquelles il s'appuie , n’en tendent pas moins à prouver que les trois matières colorantes indiquées comme distinctes dans la garance, l’alizarine, la purpurine et la xanthine ne sont que des modifications d’un seul et même principe.

A la vérité, M. Kuhlman, et après lui M. Ed. Koechlin, avaient déjà établi que les principes colorans de la garance, dans leur état d'isolement , sont jaunes, et qu’ils ne devien- nent rouges que par leur combinaison avec le mordant d’alumine , et violets avec le mordant de fer. L'auteur arrive aumême résultat par l'observation anatomique. Il est d’ail- leurs bien excusable de présenter comme nouveau un fait déjà annoncé, alors que par suite de la diffusion actuelle des sciences, il est impossible de connaître tout ce qui s’est fait. La science n’est pas moins avancée par la confirmation de

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faits contestables , que par la découverte de faits nouveaux.

Mais ce principe unique, d’où procède-t-il? D'abord il est à remarquer que, lors de la germination, les cotylé- dons et la tigelle se colorent en vert, tandis que la radicule se colore en jaune. L'auteur se demande si cette diflé- rence est le résultat des tissus des parties ou de l'influence des agens extérieurs. Pour arriver à la solution de cette question , il se livre à de nombreuses expériences sur l'in- fluence de l’air et des divers rayons lumineux sur la colo- ration. Sous l'influence des divers rayons lumineux, aucune des jeunes tiges de</